19 sept. 2017

TRIBUNE : "Récit d'une rencontre à Ouistreham"

Nous reproduisons ci-dessous une tribune rédigée par des membres de l'Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions au sujet de la situation sur Ouistreham. Cette tribune est publiée au même moment où nous apprenons la création du Collectif d'Aide aux Migrants de Ouistreham (CAMO) sur lequel nous vous donnerons prochainement plus d'infos.
 

C’est une soirée d’août, de celle qui tranche radicalement des précédentes : le ciel est gris, le vent souffle en bourrasques, les températures ont baissé et l’air est humide. Nous sommes quelques un-e-s de l’Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions à nous rendre à Ouistreham. La raison ? Prendre conscience des conditions de vie déplorables de ceux que les journaux et autres politiques appellent les « migrants », prendre contact avec eux et leur apporter notre soutien.
Lorsque nous arrivons à Ouistreham par la voie rapide, à peine passé-e-s le rond point qui mène à l’entrée de ville, nous croisons les regards de jeunes gens qui marchent le long de la route. On roule jusqu’au parking du marché aux poissons, c’est le dernier avant d’accéder à l’embarcadère du Ferry. Des voitures, pleines à craquer, y sont garées. Ce sont celles des Anglais sur le retour. Les autres, ce sont celles de la gendarmerie, avec des hommes et des femmes en uniforme qui patrouillent. Ambiance sordide, devenue habituelle, les habitant-e-s de Ouistreham en semblent absent-e-s. On éprouve un certain malaise, pris-e-s dans cette scène, où certain-e-s s’affairent tranquillement en prévision de leur voyage, protégé-e-s par la bleusaille, et le souvenir de l’expression de ces visages croisés quelques minutes plus tôt. Ce n’est pas ici que nous rencontrerons ceux et celles à qui l’on refuse le droit de franchir une frontière : en l’occurrence, la Manche qui sépare la France de l’Angleterre.

18 sept. 2017

Cet été : coquillages, crustacés et... féminicides

Vous pensiez que moi, Olouges de Gympe, j’étais tranquillement en vacances sur une plage d'Ibiza, en train de siroter un mojito et lisant le dernier Cosmo' ?? Et bien non ! Pas de repos pour le féminisme, surtout vu la tronche de certains articles de journaux pendant l’été !!


Bravo à La Manche Libre et à Ouest France qui m’ont permis de sortir de ma torpeur estivale autour d'un drame « familial » et « conjugal » à Carentan (liens ICI et ).

1 sept. 2017

Les salariés de Monoprix Caen en grève pour leurs conditions de travail

Les affiches promotionnelles ont fait place aux banderoles revendicatives vendredi 1er septembre au magasin Monoprix du centre-ville de Caen. Et pour cause : la direction du groupe vient d’annoncer des coupes sans précédent au niveau national dans les frais de personnels. Pour vous traduire la chose, elle souhaite faire plus de bénéfices en payant moins de personnels pour faire un boulot (au moins) identique.


Les cent salariés que compte le Monop’ caennais ont tout de suite compris que la magouille allait rapido flinguer leurs conditions de travail. Fini les remplacements lors de congés ou en cas d’arrêt de travail. Fini la possibilité de faire son travail avec le soucis de l’accueil des clients. La crainte d’une explosion de leur charge de travail semble tout à fait légitime. Eux seuls devront désormais faire tourner la boutique sans possibilité de renforts par des CDD ou de l’intérim comme la grande distribution en a trop bien l’habitude.
Et la mesure est immédiate. Du jour au lendemain, ces emplois précaires ont été gentiment remerciés, tout comme ceux qui, ravis d’avoir signé un CDI, étaient encore en période d’essai. 

24 août 2017

APB, tirage au sort, baisses budgétaires… La grande casse des facs

A chaque été sa polémique. Cette année, c’est l’Éducation qui s’en est pris plein la gueule. Entre coupes budgétaires, déboires de la plate-forme Admission Post Bac (APB), tirage au sort, méritocratie… L’idéal d’un enseignement libre, accessible et universel s’éloigne encore un peu plus, défiguré par une idéologie libérale qui n’accepte pas qu’un marché lui échappe.  


Provoquer les dysfonctionnements

La source de la détérioration des services publics est toujours la même : ils sont sous-dotés depuis des années. On parle ici de l’enseignement supérieur, mais on pourrait vous faire la même avec l’hosto, la Sécu, les transports, les collectivités... Moins de personnels, moins de financements, moins de coordination. Un véritable acharnement. Car si le Supérieur c'est 331 millions d'euros de budget en moins cette année, combien de milliards ont déjà sauté depuis quinze ans ? Quinze ans de « réformes ». Quinze ans de transformation des filières et des cursus. Quinze ans d’autonomisation des facs. Quinze ans d’augmentation des inégalités, de la précarité des étudiants, des frais d’inscription, etc. Quinze ans de favoritisme pour les parcours d’excellence, ceux qui forment les petits (et grands) soldats de l’industrie, bien plus utiles que des sociologues, des historiens, des philosophes. Nan mais des philosophes ?! En 2017 ? Platon est mort en 348/347 avant J-C, passez plutôt au nucléaire, à l’impression 3D, aux nanotubes de carbone !

Pour gérer la pénurie de places en fac, un algorithme a été créé : voici l’APB ! Un truc que personne ne maîtrise, ni les facs, ni l’Éducation Nationale, ni les élèves qui postulent. Depuis un arrêté ministériel de 2011, tout candidat à une formation universitaire doit s’inscrire sur la plateforme APB, formuler des vœux de pré-inscription par ordre de préférence et attendre les résultats délivrés par la machine. Sauf qu’au gré des années, le nombre de candidatures excède les capacités d’accueil de certaines filières. Jusqu’ici, une « sélection » était alors envisageable, en fonction du domicile et de la situation familiale du candidat. Conscients du bordel, les ministres font mine d’être indignés, rappelant certes leur « attachement » au service public, mais surtout leur devoir de gérer une « fuite en avant », un « insoutenable déficit », un « coût » insupportable pour les finances publiques. Résultat : aucuns moyens supplémentaires. Face au manque persistant de places, le gouvernement Cazeneuve a pondu en avril dernier une circulaire pour mettre en place un tirage au sort.

9 juil. 2017

Délit d'entrave à l'IVG : un pas en avant, trois bonds en arrière !

A peine les obsèques nationales de Simone Veil achevées, les groupes anti-avortement reprenaient leurs saloperies afin de faire prospérer leurs idées fumeuses, mensongères et rétrogrades. « Simone » partie, le combat continue plus que jamais !

L'entrave à l'IVG est un délit sur internet aussi !

En début d’année, on se disait qu’il y a des combats justes et des victoires qui font du bien. La promulgation de la loi relative à l’extension du délit d’entrave numérique à l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) en mars dernier en est une ! On ne vous apprend rien, le Net est devenu LA nouvelle place publique et ce qu’on y voit peut être génial et motivant, comme ça peut être le pire de l'espèce humaine. Et on en sait quelque chose à Racailles, vu qu’on essaye de combattre la connerie tous les jours (voir ICI).
Cette victoire du délit d’entrave numérique à l’IVG a été arrachée après 5h30 de discussions, 76 amendements, dont 53 de Jacques Bompard à lui tout seul. Ah, Jacques Bompard... La Ligue du Sud, facho parmi les fachos, blanc, catho, père de 5 enfants, dont 2 qui sont ses assistants parlementaires, tiens tiens… Bompard qui fait de la politique depuis 30 ans, un des membres fondateurs du FHaine, qu’il a quitté pour rejoindre le mouvement pour la France. Bref, un vieux schnock de 74 ans, qui ferait mieux de s’occuper de sa prostate que de nos utérus !! Les réactionnaires ne sont pas uniquement des hommes, à lire par exemple l’éditorial crasseux signé à l’époque par Jeanne Emmanuelle Hutin dans le journal Ouest France - dont elle est l’héritière - qui crie à l'atteinte à la liberté d'expression : « la Déclaration des droits de l'homme risque de subir un sérieux coup de boutoir et, avec lui, nos libertés fondamentales ». Tellement secondaire cette liberté des femmes à disposer de leur corps...

Alors pourquoi je vous parle de tout ça aujourd’hui ? Et bien, je vais un peu vous parler de ma vie : j’ai une amie qui est enceinte et cette amie a décidé d’avorter. Pour qui, pourquoi, peu importe. Pour l’aider, je suis à la recherche d’une info claire et objective pour savoir quoi faire. Et là, enfer et damnation !! Passé la 1ère référence de Google - le site du gouvernement ivg.social-sante.gouv.fr - le reste des résultats proposés n’est qu’un ramassis de sites pro-vie !! Et encore, le site du gouvernement est remonté en tête de liste depuis peu de temps grâce à une forte mobilisation, notamment des assos féministes !!

4 mai 2017

L'injonction à aller voter

Il n'y a pas de plus profond mépris que celui-ci. Faire barrage, quel renoncement de la pensée.
Aller voter pour une pute snob à la merci des oligarques et de la finance mondialisée et de leurs lobbies. Un jeune requin méprisant, taxant des ouvrières d'analphabétisme ou crachant sur des chômeurs ne pouvant se payer un costard à 1000 balles. Un type qui n'a jamais réellement connu le monde du travail, né avec une cuillère en argent dans la bouche. Un tricheur qui déclare autant de revenus que l'ouvrier Poutou lorsqu'on sait qu'il a récolté plus d'un million d'euros lors d'une opération de spéculation lorsqu'il officiait au sein de la banque Rothschild. Un énarque artisan du rapport Attali sur la compétition sous Sarkozy, soufflant le projet de CICE à Hollande, qui a construit la loi Macron et œuvrant dans l'ombre à la loi travail.

Et on nous exhorte à lui filer notre voix ?!

Voter pour la cause afin d'éviter la conséquence, voilà où nous en sommes arrivés : une impasse, une absurdité sans nom.
Dans quel camp sommes-nous ?

7 févr. 2017

Scandale à l'Université de Caen : 157 000 € de primes pour cinq dirigeants

A l'Université de Caen, la CGT vient de révéler (lire ICI) qu'une poignée de 5 responsables se sont partagé des dizaines de milliers d'euros de primes en 2016. Pendant ce temps, ils font appliquer une politique de rigueur sur les campus.

Environ 500 000 € de primes ont été distribués en 2016 aux personnels de l'Université, qui totalise 1 175 agents et salariés. Pragmatiquement, un rapide calcul permet de déterminer que cette somme correspond à une moyenne de 425 € de prime annuelle par personne, soit la bagatelle de 35 € par mois ! Mais là où la théorie ne laisse que peu de reconnaissance au travail quotidien de centaines de personnes, la réalité revêt à la fois la forme d'une injure et surtout d'un scandale.

Sur ces 500 000€, 157 000 € sont destinés à... 5 personnes ! Autrement dit, 31,4% du total des primes sont versées à 0,43% des bénéficiaires. Voici les détails du podium (et dont l'identité est facile à trouver sur le site de l'Unicaen) :

2 janv. 2017

Haines, mensonges et bêtise sur les réseaux sociaux : ripostons ! Racailles crée la BRI, Brigade Réflexive d’Intervention

Marre de voir des flots de haine, de mensonges et de bêtise à longueur de commentaires sur les réseaux sociaux ? À Racailles, ça nous prend vraiment le chou. Alors on vous propose de créer une groupe afin d'y répondre intelligemment avec des commentaires-textes pré-rédigés et la force d'un groupe constitué pour alerter et répliquer à plusieurs. Explications.

Aujourd’hui, la généralisation des réseaux sociaux a créé un nouvel espace d’expression. Ce véritable espace public numérique donne à chacun la possibilité - ou tout du moins l’impression - de pouvoir exprimer ses opinions, ses coups de cœur, coups de gueule, et diffuser ses idées à qui voudra les entendre. C’est également un nouvel espace de diffusion de l’information pour les médias qui se retrouvent en interaction directe avec leurs lecteurs/auditeurs/téléspectateurs à travers les commentaires.

Cette rencontre crée malheureusement un écho parfois digne du brouhaha ou du défouloir. L’anonymat et l’interface de l’écran décuplent l’impression de pouvoir tout dire sans limites, sans règles, sans responsabilités ou sans conséquences, et la parole brute, irréfléchie, sensitive ou réactionnaire se libère des règles du respect, du fait constaté et de l’objectivation. Cette situation confère à chaque propos la puissance et l’intérêt qu’il n’a pas forcément. Elle met sur un pied d’égalité la démonstration raisonnée et la réaction épidermique, et donne surtout l’impression du nombre - pourtant non quantifiable - à celles et ceux qui cherchent avant tout à faire de leur avis une généralité. Ces espaces de commentaires font de la discussion de comptoir un mode d’expression commun. 

La rubrique nécro... Chérèque est mort mais le cadavre de la CFDT vit encore.

Finalement, la CFDT a changé d'avis et souhaite rétablir une retraite pleine, entière et durable à 60 ans !


Les derniers mots de Chérèque (fils) : "Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille". Il parlait évidemment de la pleine application de la loi El Komri depuis le 1er janvier.
On attend encore des précisions sur l'heure du pot de départ organisé au MEDEF.

25 déc. 2016

L'édito du Père No Hell

Bonjour mes petits racaillous, c'est le père No Hell !

J'espère que vous avez été bien sages cette année. Si c'est le cas, je vais pouvoir vous gâter pour l'année à venir et vous apporter plein de nouvelles surprises.

Déjà, depuis quelques années je suis très généreux : les enfants de Syrie, du Yémen, d'Irak du Mali de Centrafrique,ou de Libye ont été particulièrement bien servis. Je survole avec mon traîneau supersonique les régions les plus pauvres de la planète pour distribuer mes cadeaux, et je largue de jolis présents qui sifflent en tombant, et font des milliers d'étoiles dans les yeux des enfants lorsqu'ils touchent le sol. 


Vous êtes particulièrement bien gâtés, vous savez combien ça coûte une bombe ? De 20 000 euros pour les GB 12 à 200 000 euros pour les ASM, sans compter une heure de vol supersonique avec pilote de traîneau : de 25 000 à 40 000 euros. 

version audio diffusée dans Racailles Radio

Gâtés les morpions!

Quels enfants des pays occidentaux peuvent se targuer d'avoir des cadeaux à ce prix là ?
D'ailleurs ça me fait penser qu'on a oublié une chanson dans la compil de Noël les amis : “Comme les mirages, en Galilée, suivez des yeux l'étoile du blindé...”.

13 déc. 2016

Sexisme en Médecine

De l’image du grand médecin paternaliste accompagné de son infirmière subordonnée au regard adulateur, aux fresques des salles de garde des CHU et aux questionnaires d’examen à « l’humour » douteux, le sexisme en médecine est ancré dans les esprits dès les premiers pas des futurs praticien.ne.s. Récit d’aventure en terre carabine. 

Tout commence dans les cours de première année, année de concours où le but est d’être meilleur.e que la personne à côté de soi, et pendant laquelle les étudiant.e.s des années supérieures s’adressent à nous depuis l’estrade de l’amphi pour nous dire à quel point l’année d’après sera placée sous le signe de l’amusement, où l'on sera les meilleurs potes du monde ! Tout ça en amorçant déjà la hiérarchie qui sera prédominante dans la suite de nos études et dans notre future profession. Ils viennent nous vanter les qualités de dieux du sexe de nos camarades masculins, à coup de chansons paillardes où, bien sûr, les femmes sont réduites au rang d’objets sexuels inanimés ou d’accessoires à accumuler. Exemple, la chanson des carabins (étudiants en Médecine) : « Les carabins ça baise comme des dieux, ils ont tous des rubans rouges et bleus. Les filles de la fac ne font qu’un seul vœu, c’est celui de leur pomper le nœud ».

Fresque de la salle de garde du CHU de Clermont-Ferrand
Fresque de la salle de garde de l'hôpital Antoine-Bédère - Clamart

Du temps des commandements...

Quand on arrive en deuxième année tant attendue, les Licence 3ème année - surtout celles et ceux qui occupent des postes à la Corpo (donc un peu les mini-dirigeants d'après leur ego) - nous mettent en équipe avec d’autres camarades pour réaliser ce qu’on appelle les commandements, qui nous servent à accumuler des points et gagner un lot lors de la soirée du week-end d’intégration. Dans une liste de 50 commandements classés des plus soft aux plus trash, on retrouve des petites douceurs comme « donner une fessée à trois inconnues dans la rue en leur disant "t’aimes ça coquine" », « photocopier ses seins à la Corpo » ou le must « Faire un Jacquie et Michel » qui rapporte le plus de points. Et TOUT doit bien sûr être filmé, histoire de se payer une franche rigolade tous ensemble en regardant des camarades harceler des gens dans la rue.

Article également à écouter en ligne ICI

9 déc. 2016

Frotteurs, harceleurs : hors de ma vue, hors de ma rue !

Depuis de trop nombreuses années, le virus du HDR* se propage insidieusement dans nos contrées. Celui-ci provoque chez les hommes des comportements étranges vis à vis des femmes dans l’espace public, certains étant même contaminés sans le savoir. Et si on coupait le mâle à la racine ?

« SALE PUTE »

Caen, un vendredi soir. Je reviens seule d'un concert où j'ai passé une très bonne soirée avec une copine. L’ayant raccompagnée jusqu'à sa voiture, je repars vers chez moi. Soudain, une voiture ralentit et s'arrête à ma hauteur. A l'intérieur, quatre mecs, une vingtaine d'années environ. Le passager avant baisse alors sa vitre et là, l'insulte, hurlée, crachée : « SALE PUTE !!! ».
La voiture redémarre en trombe, j'entends les rires, juste le temps pour le passager de remonter sa vitre. Moi je reste là, bloquée. Ça aura duré cinq secondes... juste cinq putains de secondes. Quelques mètres à faire avant de retrouver mon appart'. Quelques mètres seulement pour atteindre cette foutue porte.


Une fois chez moi, je me suis effondrée. Parce que j'avais eu peur. Parce que j'étais en colère, contre eux et surtout contre moi. En colère parce que je n'avais rien répondu. En colère parce que la première réflexion que je me suis faite c’est que ma robe était peut-être trop courte. Une chape de culpabilité m'est tombée dessus.
Ce n'était pas la première fois que j'entendais des commentaires de mecs dans la rue, mais je n'y faisais pas - ou je ne voulais pas - y faire attention. Comme beaucoup de femmes, j'avais pris l'habitude de mettre mes écouteurs avec de la musique à fond, de marcher vite, d'éviter certaines rues, de baisser les yeux.

Un vendredi banal, mais une vraie prise de conscience

Après cet épisode, j’en ai parlé à mes ami-e-s. Et là, les réflexions qui m’ont le plus dérangée sont celles des femmes, qui m’expliquent qu’elles n’osent plus mettre de jupe quand elles sortent « Ça m'est arrivé aussi. C’est pour ça que j'hésite a mettre une jupe quand on sort en public... ». Les mecs, quant à eux, font de l’humour et tentent de dédramatiser : « Sinon, faut remettre dans son contexte l'approche du pré-pubère auteur de ce petit mot : il est 1h, sa méthode de drague classique a échoué, il ne veut pas dormir sur la béquille, c'est la période du brame, il a tenté un passage en force pour ne pas rentrer bredouille ;-) Sur un malentendu… :-D ».


Heureusement, certain-e-s trouvent les mots justes. « Je compatis. Ce n'est pas à ces hommes de nous dicter notre façon de nous habiller. A 13h ou à 1h du matin, une jupe ne fait pas d'une femme une pute. C'est à eux de changer leur comportement, pas à nous ! ». Ou encore : « Ne portant jamais de jupe, je n'ai pas eu le privilège de connaître ce genre de compliment gratifiant... Le goret en question n'est heureusement pas représentatif de la gente masculine, c'est juste un gros con sans cervelle, sans doute incapable de "pécho", donc qui se venge comme il peut : de façon débile. Oublie ce trou duc', et continue de porter des fringues qui te plaisent ».

J’effectue des recherches sur le net et ce que j'y découvre me fait froid dans le dos. Je ne suis pas la seule à avoir subi ce type d’agression, loin de là. Et c'est une bien maigre consolation.

Alors, reprenons depuis le début. Le harcèlement de rue, puisque c'est de ça dont il s'agit, qualifie « les comportements adressés aux personnes dans les espaces publics et semi-publics, visant à les interpeller verbalement ou non, leur envoyant des messages intimidants, insistants, irrespectueux, humiliants, menaçants, insultants en raison de leur sexe, de leur genre ou de leur orientation sexuelle » (selon le site stopharcelementderue.org).