27 juin 2012

Festival Beauregard : à « Vote for John » choisissez l'abstention !

ARTICLE PUBLIE DANS RACAILLES N°63

Quatrième édition du festival Beauregard à Hérouville début juillet. Comme chaque année, le festival se la joue grosse pointure, grosses têtes d'affiche, programmation qu'elle-est-trop-bien-m'as-tu-vu à coup de grasse promo et marketing. Mais pas besoin d'aller voir bien loin pour y voir une arnaque culturelle bien montée. Décryptage.


Vitrine du Hérouville made in Rodolphe Thomas
Qui a le plus besoin l'un de l'autre ? Beauregard de Thomas ou l'inverse ? Il est vrai que lorsqu'on a une gestion si calamiteuse de sa ville tel que c'est le cas pour notre centriste Rodolphe, il est bon de pouvoir se redorer le blason avec un événement « populaire » et surtout visible. Le festival Beauregard a d'ailleurs été construit comme cela : alors que l'été est marque d'événements culturels nombreux et variés un peu partout dans la région, Hérouville ne proposait rien sur lequel se dorer une image. Il fallait donc rompre avec cette mauvaise image ; mais que faire... Proposer plus d'animations accessibles pour les « jeunes des quartiers », des festivités de rue, des lieux d'échange entre les populations, de l'ouverture culturelle basée sur un peu d'éducation populaire et surtout un soutien pour favoriser la gratuité..? Pas très simple et pas très rentable, surtout politiquement. Et là vint l'idée ultime : un grand festival, où l'on parlerait d'Hérouville partout...
Comme c'est majoritairement le cas, le Maire d’Hérouville-Saint-Clair joue la carte com' en mettant tout sur le visible – cache misère et délaissant le reste. On n'attendait pas autre chose de notre adepte de la politique politicienne sans carrure ni socle idéologique cohérent, allant deçi-delà en fonction du vent, des intérêts personnels, des caméras et des micros. C'est ce qui l'anime quotidiennement au sein de sa ville et de l'agglo : tenter de déguiser du vide ! Normal quand on a un bulletin électoral à la place du cerveau ! La question majeure reste : pourra-t-il faire plus populiste que l'an passé où on l'avait vu jouer sur scène lors de l'inauguration ? Rodolphe, c'est un peu le BHL de la politique : toujours prêt à agir pour se mettre en scène même s'il n'y a pas d'idées derrière. Et puis pour masquer les choses il y a l'argent [public]. C'est bien pratique ! Alors que de nombreuses associations connaissent des difficultés au risque de licencier voire fermer (ex : La voix des femmes ; TSF98) l'orientation prioritaire des finances hérouvillaises va sur le festival à coup de dizaines de milliers d'euros (60 000€ en 2009, 150 000€ pour 2010).

Quel que soit le costume, toujours une gueule de con !
Vote for la connerie
Dès le début on a vu l'arnaque se faire. Beauregard a toujours été construit pour faire grand, faire de l'entrée plutôt que de la culture, faire de son nom une marque déposée sans âme. Paul Langeois, directeur du BBC et du festival l'indiquait dès 2008 : « on veut taper haut très vite. Devenir le festival de
référence bas-normand et se faire une place parmi les gros festivals de France »*. Alors que tous les grands festivals se sont construits au gré des années (Vieilles Charrues, Eurockéennes, Printemps de Bourges, Francofolies,...) et possèdent toujours une certaine âme malgré la taille (et un prix parfois élevé), Beauregard a misé gros dès le début à coup de communication et de têtes d'affiche, le but étant de faire venir un max de monde, vendre un max de places, de frites, de bières. L'édition 2011 et ses 50 000 festivaliers a marqué l'apogée des objectifs et c'est désormais « une vitesse de croisière » qui est affichée par les organisateurs. Cette « croisière » qualifie bien la programmation : aucune initiative sortant des sentiers battus ; faible présence de jeunes groupes, notamment locaux ; peu d'exclusivités et de prise de risque. On pourrait en attendre plus du BBC qui offre généralement une programmation diversifiée et assez accessible ! Mais dans sa course pour faire mieux que le Cargö et son festival Nôrik Impakt, le pantin Langeois et le BBC ne décident que peu de choses, servant de vitrine à Alias Production qui impose depuis l'an passé ses artistes et son « expertise » ultra-commerciale (via Myster Black Production). 
 
Exploitation du bénévolat.
La plupart des festivals fonctionnent en partie grâce à un important recours au bénévolat. En échange d'un accès gratuit à l’événement, les bénévoles participent à un grand nombre de tâches (montage-démontage, accueil des festivaliers, caisses, bars, nourriture,...). Un procédé parfois critiquable mais qui la plupart du temps ravit les bénévoles qui évoquent une très bonne ambiance et un surmenage tout relatif. A Beauregard rien de tout cela ! D'avis d'une bénévole régulière dans de nombreux festivals (petits et grands), Beauregard est de loin sa pire expérience. Impossible d'assister à un seul concert, exclusion à la moindre suspicion de faute, pression permanente, travail durant des heures (parfois 6h) sans pauses et repas pas toujours assurés,... Une véritable ambiance de merde qui dans la réalité rompt avec les promesses faites lors des entretiens préparatoires. On est quasiment dans une situation de travail dissimulé ! Et vu le prix très excluant du festival, on se doute que les demandes en bénévolat ne sont pas près de baisser !

Igmack Namara

* Raphaël FRESNAIS | Ouest-France du lundi 20 octobre 2008

9 commentaires:

  1. Cet article est un ramassis de conneries, rédigé par un frustré.

    "faible présence de jeunes groupes, notamment locaux" 28 groupes locaux programmés sur les 4 éditions

    "Exploitation du bénévolat" Bizarrement je n'ai entendu personne se plaindre des conditions, pourtant j'en connais des bénévoles.

    Bref article inutile que personne n'a du lire (sauf moi). Sors un peu de chez toi, reste pas enfermer ça à l'air de te rendre un petit peu con !

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  2. Dès que le discours sort de la grosse com du festival face à laquelle se couchent tous les médias locaux, les vrais frustrés se font entendre avec l'insulte facile pour compenser le manque d'arguments ! On constate avec plaisir que tu n'as rien à dire sur le reste de l'article ! Allez, bon fesse tival !

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  3. Cher Anonyme et chers racailles !

    Combien de groupes locaux cet année ?
    4 sur 30 groupes (Orelsan n'est plus vraiment un local), c'est peu !!! A chaque édition, on perd un peu plus la scène locale (la première édition, 1/4 des groupes de la prog étaient de la région).

    Concernant le bénévolat, j'ai toujours entendu 2 sons de cloches, cela dépend des postes, des horaires, des pros avec lesquels le/la bénévole bosse... on ne peut pas vraiment faire de constat général juste avec quelques avis.
    N'oublions pas non plus que sans bénévole, 99% des festivals français ferment leurs portes (ou augmenteraient considérablement les frais d'entrée !)

    ''Beauregard a misé gros dès le début à coup de communication et de têtes d'affiche, le but étant de faire venir un max de monde, vendre un max de places, de frites, de bières.'' Sans blague !!! C'est le but de tout programmateur qui veut éviter de perdre de l'argent.

    Être la vitrine du tourneur Alias, permet de baisser les cachets des artistes ''Alias'' (français et étrangers) et d'avoir des exclusivités (finit les doublons Beauregard - Papillons De Nuit ! ou presque).

    Par contre je suis d'accord sur le fait que le festival manque de prises de risque et d’éclectisme : pas de metal, pas de niche musicale, pas/peux de découvertes...

    N'étant pas de Hérouville, je ne jugerais pas son maire ou son action. Mais c'est la grande mode aujourd'hui dans les mairies, d’investir dans de gros festival à la prog bien populaire ou d'énorme salle de concert avec des programmation très importante (malgré l'existence de petites salles indées et de salles type Zénith). Le Cargö en est un bel exemple ! Grosse salle, gros moyen, grosse com = grosse pression sur toute la concurrence (dont le BBC) !

    Bon festival !

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  4. Salut,

    Je suis Hérouvillais, chômeur, 2 enfants, et le festival ,nous qui croupissont dans nos cités , on le regarde passer (ou plutot les navettes de bus). A 42 euros la place, c'est loin d'être un festival populaire mais plutot tjrs réservé à une classe moyenne : y'a qu'à regarder les hordes de festivaliers et leur tenue vestimentaires déambuler dans Hérouville et qui garent leurs caisses flambant neuves partout où elles le peuvent en squattant nos parking de HLM , ce qui provoque un manque de places pour nous mêmes. Bref on se croirait dans un zoo ou un pays exotique, envahi par des touristes avide de son et d'aventure, pendant que nous, les indigènes, bouffons les inconvénients de cette société du spectacle.

    Ensuite, les subventions : 150 000 euros en 2010!! combien en 2012?
    dans le même temps Rodolphe Thomas nous a supprimé autoritairement les budgets alloués à nos écoles maternelles et primaires pour les sorites pédagogiques. Nos impots locaux augmentent progressivement et surement!
    Il instaure la gratuité des cantines scolaires pour les plus démunis aux dernières élections municipales. Bilan : nourriture moins copieuse, moins bonne. Les enfants se plaignent en permanence. Il est arrivé que la dernière classe arrivant au self, il n'y avait plus assez à manger, hop on ouvre des paquets de chips et le tour est joué!
    Bref notre argent part dans un festival dont , nous , Hérouvillais,es , ne profitons pas mais au contraire en absorbons les désagréments (musique de fond tard la nuit que nos fenêtre des HLM n'arrivent pas à étouffer!) car quand les fins de mois sont difficiles comment balancer 42 euros pour un concert? sans compter la bière et la frite que vend Pizza Hut sur le festival. Pour la petite Histoire Pizza Hut est une grosse entreprise qui est présente sur le festival et c'est qui le patron? Je vous le donne en mille : Monsieur THOMAS, le frère de Mr Rodolphe THOMAS.

    Thomas c'est un mégalomane, qui termine de détruire les derniers espaces verts de la ville pour construire des immeubles un peu partout dans la ville au profit de Bouygues immobiliers et consorts. Même le tout dernier Carrefour City s'est installé au Rez de chaussée d'un immeuble cofinancé par des aides de l'union européenne. Pas mal!

    Allez , on finit en beauté : la zone commerciale de carrefour va gagner qques milliers de mètres carrés. Appel d'offre est lancé, des enseignes se positionnent. Au tout dernier moment un client se présente , c'est l'enseigne KFC. Et c'est encore KFC qui est le premier construit, qui vend déjà ses merdes de poulet en boite avec son coca alors que les autres batiments ne sont tjrs pas terminés. Bizarre non? EH bien non! car le patron de KFC est le même que Pizza Hut Caen donc encore une fois petit frère a eu les faveurs de grand frère.

    bon je vais m'arrêter car je pourrais vous en écrire un livre sur Thomas et ses saloperies politicardes. Une petite dernière : Mr Rodolphe Thomas a le droit de distribuer sa propagande électorale dans la galerie marchande de carrefour et si des habitant,es mécontent,es viennent le prendre à partie, c'est le service d'ordre de carrefour qui intervient (histoire vraie!). Pourquoi s'emmerder quand on est bien pote avec les grosses entreprises privées comme carrefour?

    allez bye et bon festival, vous me raconterez car moi j'ai pas la tune pour profiter de cette culture, même pas le droit à des réductions , nous les hérouvillais,es. Au fait Thomas ? il paye son entrée j'espère!!

    Merci Igmack de remuer la merde dans une cité ou tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes!

    Un indigène, parqué dans sa réserve hérouvillaise.

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  5. Les yeux crevés de Beauregard

    55000 spectateurs : le succès du festival de Beauregard ne s'explique que parce que cela a lieu dans une agglomération de 300000 habitants qui a su conserver sa petite-bourgeoisie par cette force d'inertie du nombre.

    Le terrain était petit, cependant à regarder les gens, on se laisse aller à la dérive.

    Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire : la programmation est démagogique, que les machins qui tournent sur Virgin Radio, voire France Inter ou Europe 1. Et puis quelques vieux groupes ou une pointe dans son genre à part, cela pourrait amener du monde en plus. En tout cas, pas de métal, pas de techno, pas de hardcore, rien d'extrême, surtout pas de polémique, particulièrement en des mots français. Et pas du rap qui passe sur Skyrock, aussi démago dans les HLM : Monsieur Thomas en a eu l'amère expérience, lors de la venue de Rohff au Zénith de Caen en mai 2011, de ces jeunes banlieusards délinquants qui s'étaient révoltés pour des places. Y en a-t-il déjà eu au BBC ? Par ailleurs, où sont les musiques du monde ? A Beauregard, il y a le Festival et la fête des communautés : chacun est renvoyé à l'image de ses origines. A croire qu'il n'y en ait pas, cela n'ait pas pris ou on n'en ait voulu, il n'y a pas de mélange ou de mixité. La rénovation urbaine cache la misère le long du tram. Il s'agirait de n'agresser le petit-bourgeois pourtant bien pensant.

    Pour une fois, on l'a bien vue, la Société du Spectacle, celle de la relation médiatisée que dessine Guy Debord, où on retrouve son monde par l'image. Il faut voir le raout de l'espace VIP. Un lieu sans doute mal nommé qui accueille « partenaires du festival, institutionnels, médias » ; alors qui étaient ces gamins, à l'image des autres, qui pouvaient y aller ? Tous les gens bien intentionnés se retrouvent entre eux, tant qu'on est bien entre bonnes gens, on peut s'en foutre du concert... On vomit de pessimisme sur la reproduction de cette société moisie en voyant cette jeunesse consommatrice de musique contemporaine et de fête, ces fils de la petite-bourgeoisie qui n'ont pas l'esprit de l'art idéal et ont un cœur individualiste.

    Regardez le flyer du Cargo que des bénévoles distribuaient à l'entrée. Voilà qui ils étaient à Beauregard. Cela fait peur. Comme si rien ne pouvait se partager, on en revient toujours à soi. Pas besoin de connaître par le passé, ne vivez que l'instant présent, sinon revivez-le, nous savons ce que nous faisons. L'impression qu'on vous dit : Vieux, on n'a besoin que de tes enfants ou de ton petit frère. Au contraire, cela fait plus de 60 ans que vous ne voulez rien voir venir, tant mieux pour vous.

    Durant les concerts, ces jeunes faisaient autant mumuse avec le son qu'ils se prenaient aussi en photos entre eux. Ils s'excitaient au moindre appareil, imitaient les gestes du chanteur, on aurait dit les grandes cérémonies de régimes dictatoriaux. D'ailleurs qu'y avait-il à prendre ? On n'a vu que la foule devant les écrans si on n'avait pas devancé les transhumances.

    Comment expliquer le succès de John Beauregard, ce personnage qui symbolise le spectateur, n'est rien d'autre qu'un concept creux et débile, aussi fat que ces comédiens fétichistes dans leur collant-burqa ?

    Il est à l'image de l'homme politique, parfaitement à l'image de celui du lieu, Rodolphe Thomas. Je ne l'ai pas vu vendredi, peut-être était-il dans l'espace VIP, cet espace de liberté, de fraternité et évidemment d'égalité qu'entre gens de la même classe bourgeoise. Monsieur Rodolphe Thomas, encore un effort pour être républicain... En tout cas, quel amusement de voir les 4x4 s'enfoncer dans la boue.

    Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois...

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    1. Je ne vois pas trop où tu veux en venir en critiquant tout ce qui s'est passé à ce festival (où j'étais absent)...
      D'ailleurs , tu y foutais quoi???

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  6. Ho mon dieu que c'est pathétique! J'ai honte d'etre proche de vos idées quand je lis un rammasis d'aneries pareil.........l'article est rempli de désinformations , franchement, n'est pas médiapart qui veut!

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    1. Rédaction Racailles16 juillet 2013 à 02:06

      On attend que la moustache pousse encore un peu !
      Merci pour les compliments... Mais précisez un peu quelle est cette désinformation.

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    2. Pour commencer, c'est très facile de dire que les bénévoles sont mal traité en ne se basant que sur un seul témoignage!Tous ceux que je connais (perso, je l'ai jamais fait) en garde un très bon souvenir et semblent avoir été traité très correctement. A voir comment vous vous acharnez sur ce Maire( qui je vous l'acorde a quelques casseroles aux fesses) on se demande s'il aurait subi le meme bashage s'il avait été d'un autre bord politique. Vous critiquez le manque d'actions culturelles, mais je n'ai vu aucun article sur la fete des communautés par exemple, qui a encore été un joli succés cette année. Si vous voulez taper sur le maire, c'est dommage de devoir passer par un article sur ce festival.
      Apres, pour la scène locale et l'histoire de la boite de prod' Alias, il y'a du vrai, encore une fois, pas de contrepoint, qui apporterait plus de recul a vos réflexions!Vous auriez pu developper cette partie, ca veut dire quoi "une expertise super commerciale??" tout les artistes ne sont pas signé chez Alias, et utiliser la même boite de prod pour un festival permet d'alléger les couts. Je n'aime pas forcément le rock, mais les prestations été de qualité ... Ce n'est pas très underground, mais j'ai découvert encore bcp d'artistes cette année.
      ENfin voila, a lire ce genre de pamphlet, sans demi mesure, sans recul, j'ai l'impression de n'avoir que la vision de l'auteur, et on a compris, il déteste ce festival et le maire d'hérouville.
      PS: Petit message a indigènes, le festival est gratuit pour les moins de douze ans.

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