16 oct. 2012

La politique de l’attaque du symbole


ARTICLE PUBLIE DANS RACAILLES n°64 (oct-nov 2012)
Dans le symbole coexistent plusieurs camps : la vie, la mort ; le produit, l’acheteur ; l’ami, l’ennemi ; François Hollande, Karl Marx… Détruire un symbole est la première chose à faire quand on veut marquer les esprits. C’est de la provocation mêlée à de la vengeance. Spontanée ou préparée, l’attaque d’un symbole engendre une multitude de réactions possibles. Du flop au buzz, du rire aux larmes, de la caresse à la matraque… En tant que gauchiste notoire vivant en milieu hostile, mon ennemi le plus évident est le capitalisme. Les angles d’attaques étant nombreux, tout seul je n’irais pas bien loin : j’ai besoin d’un coup de main, je vais aller me renseigner à la CGT. 
Théorie, pratique... apprentissage
Ce qui suit est authentique.
« Bonjour j’ai besoin de votre aide pour attaquer les symboles du capitalisme 
- Heu…Vous savez, nous on fait plutôt dans le syndicalisme… On défend les travailleurs, c’est pas un parti politique ici.
- Je dois aller où pour ça ?
- Je sais pas, vous avez essayé le Parti Socialiste ? »
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Je vais donc au siège du Parti Socialiste de ma commune.
« Bonjour. J’ai besoin de
votre aide pour attaquer les symboles du capitalisme ! je suis allé voir la CGT et ils m’ont conseillé un parti politique, vous êtes de gauche, non ?
(Rires)
- Oui nous somme de gauche, c’est une blague ?
- Non, non.
- C’est dur de vous répondre sur un sujet aussi vaste, nous ne sommes pas dans une logique de destruction du capitalisme, nous pensons qu’il est possible d’arranger les mauvais côtés du capitalisme par le biais de réformes, de nouveaux acquis sociaux, de nouvelles normes économiques (…).
- J’ai lu le programme de Mitterrand, et il explique qu’il faut en finir avec le capitalisme. »
Je lui sors fièrement mon programme du Parti Socialiste édition 1981.
- ça date votre bouquins là… Les circonstances n’étaient pas les mêmes. Et puis il faut évoluer avec son temps, ce n’est pas possible de changer le système de manière aussi radicale.
- Vous pensez que Mitterrand était un radical ?
- Je n’ai pas dis ça, et puis ses opinions ont changé par la suite, enfin… Après les élections.
- Je sais, mes parents s’en souviennent. »
Après avoir engagé une discutions sur les essais nucléaires français et l’évacuation des camps de Rroms par le gouvernement Hollande, je repars et je prends rendez-vous avec l’aumônerie étudiante. Ils sont jeunes et ils ont l’air d’aimer les pauvres. Ils sont sûrement anticapitalistes !
«  Bonjour, c’est moi qui vous ai appelé. Je me pose pas mal de questions en ce moment.
- j’ai cru comprendre qu’il s’agissait de questions sur l’action sociale de la paroisse ?
- Et bien comme action sociale, j’ai envie de dénoncer le capitalisme en attaquant ses symboles. Vous pouvez m’aider ?
- Ah, vous êtes du genre communiste vous, non ?
- Et bien j’ai lu la bible et Karl Marx. Je me suis dis que c’était similaire sur les questions de partage, de respect du genre humain tout ça…
- Généralement on évite de discuter politique. Ici c’est une aumônerie, il y a des gens de tous bords qui se croisent, certains vote Front National, d’autres UMP, PS même Front de gauche ! (…) Si chacun garde ses opinions pour lui, ça permet de réunir les forces et de faire du social au plus grand nombre dans la même unité !
- Donc si je comprends bien, l’action sociale que vous faites sert à aider ceux qui subissent la politique anti-sociale soutenue par certains membres de la paroisse qui font eux même du social ?!
- ça dépend du point de vue »
Je n’aurai donc pas de soutien de la part de la CGT, du PS ou de l’aumônerie dans mon combat anticapitaliste. Je reste désespéré.


1 commentaire:

  1. Excellent!! Merci pour le fou rire!! :D Toute l'absurdité de notre société est ici...

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