23 oct. 2012

Les gouvernements changent... mais la xénophobie et le racisme d'Etat restent !

ARTICLE PUBLIE DANS RACAILLES n°64 (oct-nov 2012)

Il paraîtrait que le changement c'est maintenant ! Pas sûr que l'info soit arrivée jusqu'au Ministère de l'Intérieur...

Si la valse des gouvernements se poursuit sous la Vème République, le nouvel Valls n'hésite pas à suivre la danse des années trente réentamée depuis les années 90. Une danse qui pique sa chorégraphie à l'extrême droite, que ce soit sur les questions de sécurité ou d'immigration. Les décisions tonitruantes du nouveau sinistre de l'intérieur marquent sans aucun doute sa volonté de continuité et non de rupture avec les politiques répressives, xénophobes et racistes impulsées par la droite et notamment un certain Charles Pasqua au début des années 90 (1993 c'est l'arrivée de Pasqua à l'Intérieur, marquée par un changement de discours et de politiques très à droite notamment en matière de sécurité et d'immigration). Jospin n'y changera rien, bien au contraire : la stigmatisation bat son plein, par exemple pour les jeunes des banlieues ou celles et ceux que l'on dit « issus de l'immigration » (alors qu'ils sont nés en France), qualifiés de « sauvageons » par Jean-Pierre Chevènement alors ministre de l'intérieur de Jospin ; sauvageon qui laissera place à racailles (eh oui si votre journal Racailles était né sous Chevènement il se serait appelé sans aucun doute Sauvageons !!!).

Même ton(fa), mêmes expulsions

Le changement entonné prophétiquement par le candidat Hollande ne semble pas non plus être prêt à survenir sur les questions migratoires. La destruction des camps de Rroms et leurs reconduites imbéciles - alors même qu'ils sont citoyens européens et bénéficient de la libre circulation au sein de l'espace Schengen – constitue un premier fait d'arme du nouveau premier flic de France et donne le ton : « le facho est mort ! Vive le facho ! ». C'est la continuité dans la xénophobie d’État ! Peut-être que les CRS et les Gardes Mobiles en charge du sale boulot portent désormais une
rose à la boutonnière mais ce serait bien là le seul changement ! Les destructions et la sauvagerie restent inchangées. Sur les migrations le nouveau gouvernement est loin de découdre le maillage de législations répressives que la droite a patiemment tissé depuis plus de 20 ans. Des mesuresau parfum gravement fasciste et raciste, aux relents xénophobes et liberticides...
Seule une circulaire sur la rétention des enfants, privilégiant non plus leur rétention mais leur assignation à résidence, fut présentée comme une rupture avec l'ancien régime, ce qui ne modifie en rien le fait de pouvoir les expulser, bafouant ainsi la Convention internationale des droits de l'enfant. De plus, la circulaire ne s'applique pas aux Dom-Tom. Un détail me direz-vous ? En France métropolitaine, la rétention concerne chaque année quelques centaines d'enfants alors que dans les Dom tels que Mayotte, plus de 6000 mineurs sont expulsés chaque année... Le détail devient dès lors sujet hautement plus sensible et constitue l'aveu implacable que le changement c'est pas vraiment pour maintenant... Est-il encore utile de rappeler que les expulsions se poursuivent à un rythme infernal et que l'obtention de papiers reste le même parcours du combattant ? La législation en droit des étrangers ne s'est aucunement assouplie et la réforme, l'abrogation voire la suppression pure et simple du CESEDA (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile) est loin d'être à l'ordre du jour...
Pire, le projet de modification de la législation pénale qui vise à faire passer la durée des contrôle d'identité de 4h actuellement à 16h pour palier la mise au rencart de la garde-à-vue pour le seul fait d'infraction au séjour par la Cour de Cassation est une démonstration de la volonté affichée par l’État de poursuivre la politique de reconduites et de chasse aux migrant-e-s. Une augmentation du temps de retenue pour contrôle d'identité est tout droit inspiré des législations d'Outre-mer (à Mayotte par exemple la durée du contrôle d'identité est de 8 heures afin de faciliter les reconduites à la frontière).

Promesses à la trappe

Le droit de vote des étrangers aux élections locales, déjà au programme du candidat François Mitterrand en 1981 [sic] semble s'éloigner de plus en plus. La France ne ferait pourtant pas office de précurseur sur cette question et comblerait un retard pris vis à vis de ses voisins européens. Les dernières déclaration d'un Valls dans la peau d'un Sarkozy ou d'un Hortefeux, suggérant que ce n'est pas le moment et qu'il faudrait sans doute attendre plusieurs années n'ont rien de rassurantes. Une question qui aurait pourtant pu être traitée dès cette année et qui se trouve déjà reportée à 2013...

Les saignées du Vieux Porc

Enfin, le règlement des affaires qui secouent la cité phocéenne ont donné le ton de la gestion des questions sécuritaires par le PS. Loin de rompre avec les méthodes sarkoziennes, le nouveau Manuel Super-filc a nommé un « Préfet de police » à Marseille (à l'instar de la Capitale) accompagné d'un renforcement des effectifs policiers. Loin de trouver une réponse au maux de la cité, la solution répressive est la voie privilégiée sans qu'aucuns moyens supplémentaire autour de l'insertion, de l'emploi et du social ne soient envisagés pour endiguer la criminalité. C'est le volet répressif qui perdure, quitte à être en opposition avec le gouvernement et par exemple la Garde des Sceaux...

La cerise sur le gâteau reste la mise en examen de 18 policiers de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) présumés ripoux aux pratiques condamnées par le Ministre qui assure néanmoins de sa confiance et son soutien à la police dans un vrai discours sarkozien. Un soutien sans faille à l'appareil policier pourtant en clin a de multiples affaires, dont bon nombre une nouvelle fois dans les Dom-Tom, et qui sont souvent restées lettre-morte, enterrées par les autorités qui n'hésitent pas à poursuivre leur pression sur les magistrats.

La xénophobie d’État et la répression constante semblent donc avoir de bons restes, et les clins d'œil vers l'extrême droite se poursuivent. Au lieu d'envisager les problématique de sécurité et d'immigration sous un regard et un esprit « de gauche », les socialistes ont suivi et suivent encore les politiques de la droite, n'hésitant plus à flirter ouvertement avec les préconisations et l'idéologie de l'extrême droite. L'interdiction de manifestations des « extrémistes islamistes », à pondérer avec la clémence dont bénéficient les mouvements identitaires et néo-fascistes avec des rassemblements ouvertement racistes et xénophobes, révèle une politique à double vitesse voire à double sens. Ainsi la manifestation organisée par les Jeunesses Identitaires et nationalistes à Paris le 29 septembre est décrite comme « en réaction aux manifestations d'extrémistes musulmans » et fut interdite au dernier moment dans les rues de Paris... Mais qui peut encore croire au changement ?!

T.L.


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