18 déc. 2012

Lisieux de Big Brother sont braqués sur vous !


ARTICLE PUBLIE DANS RACAILLES n°65 (déc 12 -janv 13)

A Lisieux, un collectif se bat contre l'acharnement de la Municipalité UMP d'installer une vingtaine de caméras de surveillance dans les rues. Rencontre avec Résistances du Pays d'Auge.


Racailles (R) : En quoi consiste le projet de vidéosurveillance dans les rues de Lisieux ?
Résistances du Pays d'Auge (RPA) : A cette heure c'est bien plus qu'un projet. La municipalité de Lisieux a décidé d'installer 19 caméras de surveillance sur la voie publique de la commune avec enregistreur et écrans de contrôle placés au commissariat et à la mairie pour « assurer la protection » des habitants de la ville. Un investissement de 114 000 euros pour moitié financé par l’État.

R : La ville est-elle devenue le Caracas normand ? Y a-t-il une utilité dans ce projet et comment la municipalité le défend-elle ?
RPA : A écouter ou lire le premier magistrat de la ville [NDLR : Bernard Aubril] et ses adjoints, il semblerait que les Lexoviens soient privés de leur « première liberté qu'est la sécurité ». C'est pourquoi la ville a fait le choix d'implanter un dispositif de vidéo dite de protection pour dissuader les auteurs de crimes et délits de passer à l'acte, d'élucider plus rapidement les crimes et délits qui seront malgré tout perpétrés malgré la grande force de dissuasion nouvellement installée et, surtout, de lutter contre le sentiment d'insécurité savamment disséminé depuis de nombreuses années dans l'esprit des électeurs par les mêmes personnes censées les représenter et « régler » les problèmes.

Or la délinquance générale est en diminution dans le Pays d'Auge et à Lisieux en particulier : - 8 % entre 2011 et 2010, soit 1 576 faits contre 1 714 (baisse aussi de 9 % l'année précédente). Dans le
détail, la baisse générales'applique à la délinquance de proximité : vols, dégradations et incendies (- 19 %) et aux atteintes aux biens (- 13 %). Pour ce dernier indicateur, les cambriolages ont baissé de 15 %, les vols de véhicules ont diminué de 25 %, les incendies d'origine criminelle de 40 %. En revanche, les escroqueries, particulièrement sur Internet, ont augmenté (+ 17 %) et surtout les atteintes aux personnes (+ 13 %, soit 195 faits contre 172). « Ce sont surtout les violences non crapuleuses, notamment au sein des familles, qui sont en recrudescence. » selon le commandant de police Dominique Garcia en début d'année 2012

Finalement, il faut croire que nous devons vivre dans une véritable jungle urbaine malgré une baisse significative depuis plusieurs années des actes répréhensibles par la loi sans vidéo-surveillance sur la voie publique !!!


R : Qu'en pense la population alors qu'une forte mobilisation citoyenne est engagée ?
RPA : Malgré une mobilisation de plusieurs organisations politiques, syndicales, ONG et celle de notre collectif pour dénoncer la mise en place de la vidéo-surveillance dans la capitale du Pays d'Auge, nous devons reconnaître pour l'heure que les habitants, pour une grande majorité, restent silencieux sur le sujet ou pire s'en désintéressent totalement ; peut-être par habitude d'être filmés sous toutes les coutures dès qu'ils franchissent le pas des temples et succursales de la consommation (ou à leur travail), de visionner à la télévision des programmes de qualité hautement voyeuriste, ou bien encore de jeter en pâture les éléments de leur vie privée sur les réseaux sociaux. Ce qui laisse encore pour l'heure les coudées franches aux initiateurs de cette politique sécuritaire pour mettre en œuvre leur projet et permet, par anticipation, à ceux qui aujourd'hui se sont abstenus d'en profiter confortablement quand l'heure sera venue pour eux de remplacer les premiers. Ceci étant, avec la multiplication des installations, nous sommes certains qu'un plus grand nombre ouvrira les yeux et demandera des comptes aux décideurs.

R : Cette mobilisation permet de réfléchir sur l'inutilité démontrée de ces caméras. Pourquoi les autorités publiques poursuivent-elles coûte que coûte ce flicage ?
RPA : Ces autorités publiques et politiques espèrent probablement que ces installations techniques leur donneront entière satisfaction en matière de résultat électoraux, des échéances locales approchant à grands pas. Plus sérieusement, il est certain que des arguments mercantiles et financiers ont dénaturé leur jugement. Pensent-ils sûrement que la vidéo-surveillance va remplacer le travail humain de terrain, quelle qu’en soit sa nature ? Estiment-ils que l’investissement de départ et les coûts d'entretien représentent des sommes moins élevées que l'emploi de personnels qualifiés pour résoudre les questions liées à la sécurité des biens et des personnes et à la résolution des causes à la délinquance et aux incivilités ? Peut-être n'ont-ils plus le moindre état d’âme à l’égard de cet outil face à l'invocation de la vie privée sur le domaine public, à la liberté de circuler sans être surveillé, héritage de la Révolution Française que nous sommes en train de perdre ? Sont-ils sous l'emprise des chants de sirènes du fantasme technologique, suffisamment encadré aujourd'hui, tentent-ils de rassurer ? Seules ces mêmes autorités pourraient donner des éléments de réponses si elles acceptaient de jouer avec les règles d'une réelle démocratie en organisant des débats contradictoires et la consultation des habitants avant de prendre des décisions de cette nature.


R : Quelles sont les prochaines étapes dans la lutte ?
RPA : Pour notre part, nous ne confondons pas liberté et droit : la sécurité n'est pas une liberté, problème clairement posé en ces termes par les responsables qui clament que la sécurité exige le sacrifice de nombre de nos libertés. Elle doit être considérée comme un droit que les règles de vie d'une société libre et démocratique permettent d'atteindre.
C'est pourquoi le collectif Résistances du Pays d'Auge, en son nom propre ou sous une autre forme d'organisation, œuvrera dans les semaines et mois à venir pour que différentes formes d'actions voient le jour à Lisieux mais également dans d'autres villes du Pays d'Auge où des projets d'implantation de vidéo-surveillance sont en cours d'élaboration comme à Pont-l'Evêque. Dès aujourd'hui, nous proposons à toutes les personnes et organisations opposées à la vidéo-surveillance à se rassembler pour dénoncer et contrecarrer la mise en place de telles mesures sécuritaires et liberticides dans les communes du Pays d'Auge.


Suites (1er avril 2013) :
Vidéo-surveillance à Lisieux : efficace à peine branchée ?
Nous apprenions que le lundi 25 mars 2013 deux personnes avaient été « trahies par les nouvelles caméras » dont l'inauguration de leur mise en service avait eu lieu une semaine plutôt. Connus des forces de l'ordre et de la justice, ces deux individus ont agressé plusieurs personnes et dégradés plusieurs véhicules. Leur profil : jeunes et ivres.
Arrêtant notre lecture aux gros titres, nous aurions presque pu applaudir à tout rompre. Hors, en y regardant de plus près, les caméras de surveillance ont-elles permis d'éviter ces agressions ? Non. Ont-elles servi à l’arrestation des auteurs ? Non plus, dans ce cas précis. Le seul bénéfice de cet appareillage électro-mécanique de surveillance de l'espace public lexovien a été de donner les éléments du parcours viné des agresseurs, ce que les déclarations des victimes et des témoins des scènes auraient également permis. D'ailleurs, quelle place aura maintenant la parole des victimes par rapport aux images des automates au cours des procès ?
Ce premier exemple concret contredit parfaitement le souhait de la municipalité de Lisieux de lutter efficacement contre l'insécurité dans nos rues. C'est pourquoi, au cours des semaines et des mois à venir, nous proposerons aux lexoviens et aux augerons différentes actions à la fois pour démontrer l'inefficacité des systèmes de surveillance en matière de prévention de la délinquance sur la voie publique et pour manifester notre opposition à l'implantation de nouveaux dispositifs de vidéo-surveillance dans nos communes à taille humaine.
Collectif Résistances du Pays d'Auge, le 1er avril 2013.

En complément, à Caen le Collectif de Réappropriation de l'Espace Public a commencé ces dernières années une cartographie des caméras installées sur la ville. En voici une première carte interactive :
  

10 commentaires:

  1. Marre des caméras de surveillance,surtout à Lisieux où il ne se passe pas grand-chose côté délinquance,je vois mal les pélerins trafiquer quoi que ce soit.Cependant,j'espère que nous n'atteindrons jamais le niveau de surveillance des bons camarades chinois sur lequel votre silence sur bellaciao(peur de la censure?pas courageux pour des gens qui se prétendent résistants!!)est suspect...Trop facile de résister quand on ne risque rien...vous me rappelez les résistants de la dernière heure pendant la guerre!

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    1. Petite précision : nous c'est "Racailles" (fanzine/webzine de militants normands) et pas Bellaciao ! Donc règle plutôt tes comptes directement avec eux...

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    2. Justement,vous,Racailles,ne publiez aucune condamnation de quoi que ce soit de chinois ou de barbus sur bellaciao.J'ai connu des "racailles" plus courageuses...et moins apeurées par la censure de bellaciao.

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    3. Donc si on te suit...
      Nous, Racailles, qui relayons nos articles sur des sites participatifs pour les diffuser davantage, ne publions rien sur des sujets qui feraient selon toi l'objet de censure sur ces sites. Comme Bellaciao a une orientation plutôt communiste, Racailles serait donc communiste et partisan corps et âme du régime chinois. Ainsi nous ne publirions pas d'enquêtes sur la Chine non pas parce que nous n'avons pas moyen de les réaliser mais juste par affinité. Et comme les communistes soutiennent aussi les "barbus" dangereux islamistes qui mettent des burqas et des bombes partout (d'où l'article de XX : http://www.racailles.info/2012/10/pourquoi-jai-peur-de-lislam-reflexions.html), on ne dit rien sur eux non plus...
      Corrige si on se trompe. Et salue Alain Soral de notre part.

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    4. Vous ressemblez vraiment à Bellaciao:accusation de fascisme(Alain Soral),silence sur les vraies dictatures barbues ou autres...donc complicité!Et bellaciao est tellement bête qu'il soutient les barbus ici et les critique en Egypte,sans même se rappeler ce qu'ont fait des communistes les mollahs iraniens.Et pourquoi l'antichristianisme serait légitime et pas l'anti-islamisme?Ce n'est en rien du racisme,la confusion vous arrange bien mais n'est pas exacte.Et puis,vous ne savez pas qui je suis,alors taisez-vous et gardez votre courage pour critiquer,condamner ce qui est condamnable.Ceci dit,vous avez raison de critiquer les caméras à Lisieux mais ce sujet paraît si futile à côté de ceux évoqués plus haut.Habitant en RP,en ville "rouge",je connais des "racailles" bien plus courageuses que vous,on a les combats qu'on mérite!!!

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    5. Pas la peine d'envoyer Gérard Schpuntz ! Sa médiation va échouer. Nous n'avons pas les mêmes valeurs, nous n'avons pas le même fascisme !

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    6. Anonyme:

      Tes arguments sont proprement ridicules tout autant qu'ils sont méprisants, reprocher à un journal local et citoyen de faire du local et du citoyen tout en finissant par "on a les combats qu'on mérite" relève du parisianisme bas de gamme. Ah oui c'est vrai tu vis en région parisienne et tu connais des "racailles" courageuses whaou, on a un réseau en plus, fascinant! Et toi en attendant tu milites comment? En écrivant des articles haineux depuis ta chaise de bureaux? Merci pour la leçon de militantisme. Je précise que je ne suis pas de racailles mais peu importe finalement.

      Ah et moi j'ai un prénom, c'est lucie,
      Je ne te salue pas.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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