19 déc. 2013

Le Père Noël est une ordure (sexiste) !


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°68 (hiver 2013-14)

Décembre. Ce mois angoissant où la France entière se retrouve acculée : il faut trouver un cadeau digne de ce nom pour sa fille, son neveu, sa petite-cousine, son filleul (rayez les mentions inutiles). Et c’est le cœur lourd et plein de responsabilité que chacune, chacun, nous passons les portes d’un magasin de jouets. 
campagne du collectif Debout!

Et là, drame. Un daltonisme aigu semble s’emparer de nous, le monde semble subitement réduit à deux couleurs : le bleu et le rose. Un monde bleu pour les garçons composé de déguisements de super-héros, d’établis de bricoleurs, de jeux scientifiques et de paniers de basket. Et un monde rose où s’entremêlent robes de princesse, tables à repasser, poupées Barbie et Lego spécial filles (oui car les Lego normaux, c’est pour les gars on vous dit). Bref, les magasins de jouets fabriquent une réalité dans laquelle vous ne risquez surtout pas d’offrir un ballon à votre nièce ou un poupon à votre petit-cousin. Ouf !
Réduire les possibilités des enfants de 50% : voici la promesse chaque année renouvelée du Père Noël, cette ordure (sexiste) !

16 déc. 2013

Qu'est-ce qui fait monter le FN?


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°68 (hiver 2013-14)

Le 25 novembre 2013, le quotidien Libération publie un sondage censé être éloquent: « 42% des français n'excluraient pas de voter Front National aux élections européennes ». Si ce témoignage d'une supposée montée du parti de la famille Le Pen ne signifie rien en tant que tel, les sondages étant souvent contestables, il a le mérite de montrer une chose : le FN est bel et bien revenu au centre des attentions, à la faveur de la crise, comme toujours, mais aussi parce qu'il entreprend depuis 2010 de corriger son image de pire faussaire de notre démocratie. S'il fut aidé dans cette entreprise par cinq années de sarkozysme brutal qui ont contribué à propager et légitimer son discours fâcheux, on aurait tort de mettre toute la responsabilité de son ascension sur le dos de la droite. En effet, il n'est pas sûr que le gouvernement PS actuel, massivement supporté par les médias officiels qui véhiculent son discours, soit exempt de critiques sur cette question.

Dédiaboliser le FN ?

Depuis son congrès de Tours en 2010, le Front National a indéniablement changé : cela ne signifie en aucun cas qu'il est devenu meilleur, mais il a changé de visage pour esquiver les critiques traditionnelles qu'on lui administre, à gauche comme à droite. Il est ainsi passé, sans que grand monde ne s'en rende compte, d'un programme reaganien très conservateur et liberticide à une sorte d'extrême-droite mondaine, qui semble avoir le vent en poupe aujourd'hui. D'ailleurs, en présentant le FN comme un parti « à la gauche d'Obama », Marine Le Pen illustre elle-même cette tendance qui entre dans sa stratégie de dédiabolisation : rendre son parti respectable en lui collant de nouvelles étiquettes qui décomplexent le chaland. De la même manière, un travail sémantique a été entrepris pour rendre le programme et ses représentants politiquement corrects, et il est donc parfois bien difficile lorsqu'on ne lit pas entre les lignes de déceler un défaut de communication révélateur. Chassez le naturel, et il revient au galop : de nombreux militants et quelques cadres ne suivent pas ces consignes et sont toujours là pour attester du caractère profondément délétère du FN par leurs propos ou attitudes. Inutile ici d'en faire une liste, car les exemples sont trop nombreux [lire notre article sur Philippe Chapron, responsable du FN14]. Mais alors, pourquoi certains décident de faire confiance au Front National malgré cela?

12 déc. 2013

Prostitué-e ?



à retrouver en version lue / podcast ci-dessous


Je travaille la nuit, dans le froid et le bruit, dans des grands espaces, au sein des zones industrielles, loin des centre-villes éclairés, relégué dans les banlieues. A côté de moi, je vois défiler des autos, des autos, et encore des autos ; ça n'en finit pas. Nos clients ? C'est Monsieur Tout le Monde, qui vient chercher un peu de confort, de changement, de nouvelles courbes, de nouvelles sensations, et qui comble ses carences affectives grâce à cette transaction. Nous lui offrons de nouvelles options, un sentiment de puissance et la jouissance de gérer la conduite à tenir, c'est lui qui tempère sa vitesse et sa façon de se comporter, le client est roi ! Il peut alors maltraiter ou détruire la marchandise, il a payé, il s'estime donc propriétaire !

Moi, je vends mon corps, toutes les nuits. Je suis lié par un contrat avec mon employeur, ou j'échange certaines parties de mon corps et ma force de travail contre un modeste salaire. Le client allonge beaucoup, mais entre deux, les maquereaux se sucrent énormément, et moi, il me reste les miettes. Pourtant, c'est moi qui fait tout le boulot, qui transpire, qui trime, qui donne ma sueur. L'impression d'être spolié de mon travail... Je vends mon corps pour quelques kopeks qui me permettent à peine de survivre. Ma chair est meurtrie, endolorie, fragilisée. Je me réveille souvent avec des courbatures importantes. Oui, j'offre ma santé, contre quelques billets, j'offre des années de vie ! Le patron, lui il s'engraisse, en ponctionnant la plus-value, alors qu'honnêtement, je suis sûr qu'on pourrait se passer de lui pour faire not' boulot. 

Est-ce que c'est vraiment un boulot, d'ailleurs ? On a l'impression d'être des machines, de subir, on travaille à la chaîne. Pour sûr, y a pas de plaisir, y a pas d'amour, y a pas de passion, not' travail est tellement aliénant, vidé de sens. Y a plus d'imagination ou de savoir-faire, on ne fait que subir une cadence, répéter les mêmes gestes à chaque passe. Ce qui différencie mon travail de l'esclavagisme, c'est la rémunération. Mais la contrainte, elle, elle est ici. On doit bosser, même si on n'en a pas l'envie, et dans ce métier, j'vous jure, des fois, j'n'en ai plus l'envie, plus la force !

9 déc. 2013

CAEN - Un candidat FN / Bleu Marine très, très brun.


On pouvait s'y attendre. Dans le contexte puant actuel et la tentative du Front National (FN) de pénétrer les grandes villes en maquillant son socle facho derrière des apparences de "fréquentabilité", un candidat Rassemblement Bleu Marine sera présent à Caen. Le FN n'avait pas présenté de candidat-e en 2008, contrairement à 1995 (5,7%) et 2001 (3,68 %). Fréquentable ? Ni droite, ni gauche et surtout pas d'extrême droite le FN ?! A d'autres ! Surtout quand on voit le passif du candidat caennais !

Philippe Chapron, candidat FN à Caen

Chapron le GUDard

C'est un certain Philippe Chapron qui sera localement le représentant de la haine, du racisme et du populisme. A Racailles on a un peu regardé qui était le gus en question et on n'a pas été déçu. Directeur du Musée de la Bataille de Normandie à Bayeux (intégré comme ouvrier en 1981), son cœur a toujours penché vers l'extrême droite puisqu'il entre en politique à l'âge de 16 ans en militant à Ordre Nouveau (ON) dès 1972. Mais oui, vous savez, ce mouvement nationaliste proche du néo-fascisme créé en 1969 par d'anciens membres d'Occident et des militants du Groupe Union Défense (GUD). Croix celtiques, idées nauséabondes et religion "anti-gauchiste", ON a donné naissance en 1972-73 au Front National avant d'être dissout par le gouvernement en juin 1973.
Herr Philippe n'avait pas l'air d'aimer Le Pen dans les premières années du FN. Il fait donc ses armes quelques années au sein du GUD à Caen (époque où, selon un de ses voisins d'alors, il aime se déguiser en nazi lors de soirées). GUDard, il aurait été mis en cause dans des histoires de croix gammées dont nous vous reparlerons d'ici les municipales !

Service d'ordre du FN 

Entraînement paramilitaire des DPS
Il retourna sa veste en 1982 et entra au FN. Faut-il y voir déjà une forme d'arrivisme qui caractérisera tout son parcours ? Il devient membre du Département Protection Sécurité (DPS) – service d'ordre du FN – et c'est d'ailleurs dans ce cadre qu'il est cité dans un rapport parlementaire pour un fait sympatoch' : lors d'un contrôle sur l'A13 le 3 juin 1993, les flics découvrirent dans le véhicule de M. Philippe Chapron et de trois militants du DPS du Calvados revenant d'un point presse de J-M Le Pen à Châtillon « un fléau japonais, un poing américain, un pistolet lance-fusées calibre 12 et des balles en caoutchouc, un sabre d'exercice japonais en bois ainsi que 26 manches de pioche ». Et ce n'est qu'un exemple ! Le DPS du Calvados est cité à plusieurs reprises dans ce rapport comme l'un des « îlots activistes et pro-nazis [du DPS] (...) autour de MM. Gérard Le Vert, Christian Launay, Philippe Chapron, Jean-Luc Ménard, Pascal Havard, Patrice Halope et Samuel Bellenger ».

12 nov. 2013

Bien-pensance

à retrouver en version lue / podcast en pied d'article

Je m'appelle Alexis, et je suis un apôtre de la bien-pensance. Vous savez, de ces gens qui trouvent des excuses à tout le monde lorsqu'ils commettent des méfaits, de ces gens qui pensent que rien n'est figé, qu'on peut toujours changer, s'amender, s'améliorer, se repentir, évoluer, mieux se définir !

La bien-pensance ? Ce processus civilisationnel qui fait la particularité de l'être humain, animal social qui peut muter pour davantage intégrer la vie en société. La bien-pensance, c'est bien penser, pour la multitude pour la communauté, pour l'humanité. S'agit pas de bien baiser, bien niquer les autres pour sa propre survie et sa seule intégrité !
Ouais je suis de ces gens qui pensent que la compassion ce s'ra jamais ringard, que le cynisme c'est l'arme des loups et des sauvages, des capitalistes et du ravage ! La bien-pensance, c'est devenu la poupée vaudou des fascistes en tout genre, un totem à violer et brûler pour casser tout ce qu'on a bâti de civilisé.
Mais c'est tellement facile de conchier l'humanité, de critiquer la sincérité, et de revendiquer le repli sur soi.

Mais je suis aussi ce qu'on appelle un patriote : je suis fier de mon pays, de son terroir, de son patrimoine, de ses paysages, de ses mœurs, ses coutumes, ses traditions, qu'il faut à tout prix préserver. Je suis fier de ma région, de son blason, de ses spécialités, son folklore, son calva et son claquos [camembert, NDLR]. Pas question de laisser ça aux nationalistes ! Tout ça a trop de valeur pour l'abandonner entre les mains des consanguins !
Tout ça, ce sont mes racines, là d’où je viens, là ou j'ai été éduqué, là ou j'ai grandi, ce qui m'a forgé, ce qui crée entre autres choses mon identité ! Ce que j'aime exporter, lorsque je pars voyager, c'est ma valise culturelle, mon bagage identitaire, c'est comme une carte postale Heula, ma tapisserie perso, mon mémorial local, un musée portatif où j'aime faire l'exposition de mon pays de cocagne, ma terre natale, chanter les paysages verdoyants, les vaches tachetées, les plages déchiquetées qui constituent ma territorialité.

9 nov. 2013

Racailles Radio est de retour pour une saison #3 décapante !

Après près de 5 mois d'absence notre émission Racailles Radio est de retour sur les ondes de Radio Bazarnaom ! Et pour cette première de cette nouvelle saison nous avons décidé de faire un bilan simple du climat actuel : ÇA PUE !


Au sommaire :
  • Courrier des auditeurs (2'40)
  • Paroles d'un petit patron breton (7'25)
  • Droit de suite : mobilisation de l'Assemblée Générale contre toutes les expulsions (13'55)
  • Éloge de la bien-pensance (31'30)
  • Chronique sport : la grève des clubs de foot, "mais bien sûr..." (45'10)
  • Culturlutte : semaine du cinéma ethnographique (51'30)
  • Où est le Pr Rubicon et son jeu ? (56'15)
  • Le bilan de Baz Mile's (57'30)


12 oct. 2013

Spectacles d'ici et ailleurs



Porté par des passionnés, le bouche à oreille et les réseaux « sociaux », le spectacle alternatif jouit aujourd'hui d'une grande vitalité. Focus sur une scène underground bouillonnante mais qui sait rester discrète pour [sur]vivre et garder son âme.

Concert Nordik Appart (asso Happy Daymon)

On aurait pu vous parler des 20 ans du Zénith. Certes. Mais on s'en bat littéralement les... enfin vous voyez ! Sauf s'il s'agit de glorifier la pauvreté culturelle, l'inaccessibilité pécuniaire et une gerbante industrialisation du spectacle. Mais bon, payer 80€ pour voir Michel Sardou, c'est aussi ça la France !
Non, il nous semblait un peu plus « Racailles » d'évoquer ces spectacles qu'on peut qualifier d'alternatifs. « Mais de quoi on parle ? » te demandes-tu. Et bien de concerts, pièces de théâtre, lectures, sessions slam, DJ sets, performances artistiques (et ainsi de suite) se déroulant dans des lieux inhabituels, non prévus à cet effet, parfois (souvent ?!) en-dehors d'un cadre légal. Ces pratiques sont très répandues localement et ce n'est pas une particularité caennaise. Partout en France, les gens s'organisent afin de pallier une pénurie de salles, le manque de moyens des lieux existants qui ne s'autorisent pas à prendre des risques, une législation parfois contraignante. Et puis quoi de mieux que de sortir des sentiers battus, hein ? Car pour ces lieux tout est possible : du bar à la plage, de l'appartement à la grotte en passant par des friches industrielles ou des espaces publics un peu paumés (clairières, parkings, tunnels, etc) les seuls impératif étant majoritairement d'avoir accès à un branchement électrique et que les nuisances ne soient pas trop importantes pour les alentours. D'ailleurs ces concerts et autres spectacles dépassent rarement minuit, heure après laquelle la ville s'endort et laisse remarquer chaque son devenu bruit ! Et puis cela préserve la dimension de spectacle à l’événement, à la différence d'une fête. Le lieu est également laissé à l'identique par respect et propreté.

10 oct. 2013

CRS : retours glorieux, accueils glaireux !



Que ce soit à la télé ou dans la presse écrite locale, les voilà encensés depuis quelques semaines : les gardes mobiles normands fiers de leurs exploits dans l'Océan Indien, et plus précisément à Mayotte, cette poussière d'empire. Quel ravissement en lisant notamment l'article de Ouest France (04/08/13) « Argentan.Les gendarmes mobiles sont rentrés de Mayotte »


Ah les revoilà nos héros partis à l'aventure défendre la veuve et l'orphelin. Défendre la veuve et l'orphelin ? Ils ont plutôt pris cher ces deux-là, même si les journalistes restent - volontairement ou par imbécillité journalistique - évasifs sur l'essence et la nature même des missions de ces braves hussards de l'empire. Tout au plus un pudique « maintien de l'ordre » vient préciser quelques occupations dans l'île aux parfums... Mais que cache ce « maintien de l'ordre » ? Rien d'autre que de la stupidité, de la sauvagerie aux accents barbares. 

Ah ça, ces gardes mobiles peuvent bien trouver ça dur de se rendre complices de plus de 26 000 reconduites en 2012 pour un peu plus de 200 000 habitants. C'est vrai que pour arriver à un tel record, il faut rafler tout ce qui bouge : hommes, femmes, enfants, nourrissons... tout est bon pour les expulsions et on fait du chiffre sans même connaître le terrain, sans même se questionner sur le sens de reconduire des frères, des sœurs, des membres d'une même famille pas nés du bon côté du lagon, entre la française Mayotte et la comorienne Anjouan. Ils sont pourtant tous habitants d'un même pays, les Comores, selon l'ONU qui n'a de cesse de condamner la France pour son occupation de son nouveau Département d'Outre-Mer. 


Ah ça, il faut être bien brave pour jeter en taule, dans des conditions dignes de Guantánamo, des femmes, des enfants et des bébés ! Il faut être d'une grande virilité et en avoir là où je pense, hein ? Y a pas à dire ! Imaginez de dangereux criminels comoriens qui parlent la même langue et partagent la même culture que 95% de la population de Mayotte et venus y rejoindre leur famille. Des terroristes que tous ceux-là !

29 sept. 2013

[Vidéosurveillance] Silence ! Ça tourne à Hérouville.



Rodolphe Thomas, le maire d'Hérouville St Clair a vraiment tous les talents : premier magistrat de la ville, garagiste au cœur de lion, grand gourou des festivaliers de Beauregard, batteur devant l’Éternel (certains l'appelleraient le John Bonham normand), et bientôt – tenez vous bien – digne héritier de Lelouch ou Truffaut. Car oui, Môssieur l'Maire a décidé d'installer des caméras dans sa chère cité pour y filmer ses administrés chéris dans une œuvre novatrice et anthropologique. Du moins c'est ce que nous pensions.

© Big Brother Awards

Trente secondes de réflexion et un ou deux coups de fil aux gauchistes locaux plus tard, quelle ne fût pas notre déception. Rien de cinématographique là-dedans, nous n'assisterons jamais aux Parapluies d'Hérouville ou à La Haine 2. Les caméras serviraient uniquement à ce qu'ils appellent de la vidéoprotection autour du Café des Images et rue de Strasbourg. Malgré tout nous sommes contents : nous aurions pu craindre des caméras de surveillance, mais que peut-on reprocher à la protection ? D'empiéter sur la vie privée ? D'être un instrument liberticide à dimension répressive ? D'être une fausse réponse électoraliste et politicarde ? De n'avoir absolument aucune efficacité dans la « lutte contre la délinquance » ? Tout ceci on le sait, on l'a partout vu, on l'écrivait nous-même encore dans Racailles n°65 avec le cas de Lisieux, et pourtant le nombre de caméras ne cesse de croître sur le territoire. Même Rodolphe ne semble pas convaincu par sa propre politique, affirmant dans la presse fécale, euh... locale que « c'est une solution, pas LA solution ». Bah oui mon couillon, on a bien compris que c'est une solution que tu sors du chapeau juste pour rassurer tes électeurs face à leur sentiment d'insécurité alors que tu t'étais engagé en 2008 à ne pas avoir recours aux caméras. C'est comme ça que tu tentes d'agir - ou plutôt de gesticuler - pour masquer l'échec de ta politique, les conséquences du manque de soutien aux associations et à la vie des quartiers les plus défavorisés comme on dit. Car si la délinquance augmente, c'est toujours parce qu'on a laissé tomber ces individus, qu'on les a laissés dans leur merde, sans avenir, ni activités, ni perspectives. Alors achetez plutôt des caméras pour faire des projets vidéo dans les MJC, vous verrez peut-être un véritable effet.

Steve IgmackQueen

26 sept. 2013

Un peu de biologie, beaucoup de technologie...


...La poésie retirée des programmes.


Depuis 10 ans, des industriels de micro-électronique (GIXEL - Groupement des industries électroniques) font pression sur les gouvernements pour doter les établissements scolaires d'appareils de reconnaissance dactyloscopique (empreinte digitale) dans les cantines. Cela ne peut pas être pour autre chose qu'améliorer le service, n'est-ce pas ?! Non, évidemment ! 
Le GIXEL dans son livre bleu de 2004 (mais retiré depuis) clamait fièrement « la sécurité est vécue comme une atteinte aux libertés individuelles. Plusieurs méthodes devront être développées pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées de convivialité et de fonctionnalités attrayantes dès l’école maternelle ». Ficher, contrôler, surveiller n'est sûrement pas l'objectif des directions d'établissements. Elle y voient principalement un moyen de drainer des flux, de gérer de façon précise les quantités de nourriture à préparer et commander. Mais les intendances ne peuvent-elles pas améliorer le service sans le besoin de « biomaîtriser » ? 
L'erreur étant humaine, seule la machine serait infaillible ; à tel point que des élèves peuvent être privés de repas simplement parce qu'ils n'avaient pas pu réserver la veille ou parce que la machine ne les reconnaissait pas. Autrement dit on passe d'un système perfectible - où l'erreur est possible puisque géré par l'Homme - à un système parfait où aucune erreur ne sera tolérée. Dans une école c'est un comble ! C'est donc un système lourd, complexe, peu fiable et inefficace qu'engendre la machine. D'ailleurs, selon Le Parisien du 13/02/2013, les élèves du lycée de Luzarches (Val d'Oise) ont boycotté ce système dès la rentrée. Certains rétorqueront que cela rationalise les coûts puisque les familles en incapacité de payer se verraient refuser l'accès pour leurs enfants. Et puis impossible de prêter sa carte à un copain. Cela peut même faire économiser des postes de Vie scolaire et d'Intendance. Le Ministre du budget ne peut que valider ! C'est surtout une démonstration de ce que devient cette école dite du 21è siècle : non pas un lieu d'émancipation, mais bien de conditionnement « pour (que) les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine »... partout ! Il est vrai que le plus important pour les élèves, c'est d'acquérir de bonnes bases. 

 
Trois établissements du Calvados sont désormais équipés, dont le collège Dunois à Caen. Le collège Diderot à Cherbourg sert de base expérimentale pour la Manche.



HAËF

16 sept. 2013

Héroïsme ordinaire : qu'est-ce que l'héroïsme au 21ème siècle ?



Finies les belles épopées dans un monde branché-filmé-vidéosurveillé où tout le monde est bien à sa place, ne doit pas outrepasser son rôle et sa classe. L'héroïsme est réservé aux pompiers New-Yorkais, à la brigade des mœurs, aux policiers zélés, aux traqueurs de terroristes, aux héros construits par les médias et la société sécuritaire dans laquelle nous vivons.

Fini les héros lyriques et idéalistes, trop romanesques, on les enferme dans des bouquins pour sustenter la soif chimériques des ados et des jeunes pas encore avalés par une société matérialiste et prétendument pragmatique.

Finis les Che Guevara, Louise Michel, Lucie Aubrac ou Jean Jaurès. Les héros idéalistes, on les panthéonise, pour mieux les digérer, on en fait des personnages historiques obsolètes, reliques d'une histoire bien éloignée de nos préoccupations contemporaines.

Mais putain ! On peut bien tenter d'éradiquer l'héroïsme, vouloir le faire disparaître, il resurgira toujours dans des terreaux propices à son expression que sont justement les sociétés en crise identitaire, économique, sécuritaire, sociale...
 

L'héroïsme éclate toujours de façon spectaculaire, il est héroïsme parce qu'il est d'inspiration ultra-vertueuse face à un monde en déliquescence morale et sociale.



Le héros possède une pensée subversive, diamétralement opposée à l'ordre établi, qui peut d'ailleurs être partagée par beaucoup de ses concitoyens. Mais ce qui le distingue de ces derniers, c'est que le héros passe à l'action ! Il met en œuvre ses idéaux à travers les moyens d'agir dont il dispose. Ce qui en fait un héros, c'est d'abord, que la plupart du temps, ses moyens d'action sont extrêmement vertueux ; ensuite et surtout, le héros prend des risques incommensurables forçant respect et admiration. Car bien souvent, ce qui en fait un héros, c'est qu'il est prêt à sacrifier sa vie, sa carrière, sa tranquillité, son anonymat, pour son idéal !

L'héroïsme est alors un sacrifice. En cela, on peut aisément dire que l'héroïsme est stupide et vain : à quoi bon sacrifier sa vie sur l'autel de l'absurdité de nos sociétés ?

C'est vrai bon dieu, à ce que nous savons, nous n'avons qu'une vie, alors pourquoi risquer de la perdre ou la gâcher pour une cause farfelue ?

L'acte héroïque n'a justement RIEN de farfelu, il est plein de sens, parce qu'il donne du sens là ou il n'y en a pas (ou plus !). Il dénonce le cynisme, la barbarie, la tyrannie, l'immoralité en faisant sursauter d'orgueil et d'espoir l'humanité grâce à un chant épique et visionnaire.

L'héroïsme sème le virus de l'espérance. C'est un sacrifice émancipateur. Et, s'il s'agit d'un sacrifice matériel, c'est exactement le contraire au plan moral : c'est une sauvegarde de l'humanité ! L'acte héroïque est forcément vertueux, par définition. L'acte devient héroïque dès lors qu'il défend les valeurs communes au plus grand nombre, la notion d'humanisme !
  
Aujourd'hui, beaucoup d'entre nous ont des intentions héroïques, mais ne passent pas à l'action. 

Nous sommes régulièrement, dans nos vies, notre entourage, confrontés à l'injustice. Nous ressentons cela, nous en souffrons par empathie. Nous nous sentons impuissants, incapables d'agir. Car nous connaissons les conséquences néfastes sur notre vie qu'impliquerait une action souvent illégale. Mais l'illégalité n'est pas l'illégitimité !

13 sept. 2013

Racailles n°67 - "le journal qui s'en Bas (les) Rhin"

Pour cet automne voici une livraison qui vous donnera tout plein de lecture, de réflexion, de gueulantes peut-être, mais aussi une bonne barre de rire (tout du moins on l'espère). 
Mais ce Racailles n°67 est avant tout un clin d’œil, voire un hommage à cette presse de caniveaux qui ne cesse d'insulter et stigmatiser les plus faibles à coups de Unes racoleuses. Tous les clichés reviennent : étrangers, chômeurs, fonctionnaires, roms, intermittents, musulmans, minimas sociaux... De l'Express au Point, en passant par le très à droite Valeurs Actuelles on ne cesse de pointer du doigt de faux responsables d'un malaise, les bouc-émissaires d'une crise. Alors pourquoi, juste une fois ne pas répondre franco, sur leur modèle ?! Toute notre Une est ainsi faite... dans un style et une rage 100% Racailles !



Au sommaire : 

9 sept. 2013

Honeywell : pas d'accord à l'amiante !


« Atchoum, atchoum, atchoum !
- A tes souhaits, à ton boulot, à ton cancer »
proverbe condéen
On vous avait parlé du combat des Honeywell dans Racailles n°65.
Belle preuve que ce n'est pas parce que l'usine a fermé que le combat est terminé. Les gars et les filles d'Honneywell (Condé-sur-Noireau) ne lâchent rien et viennent de se prendre une nouvelle claque. Alors que leur site ait définitivement fermé depuis juin dernier, ils attendaient en cette fin d'été une décision concernant la reconnaissance du temps d'exposition à l'amiante. Jusqu'ici effective pour la période 1960-1996, ils espéraient pouvoir l'étendre jusqu'à la fermeture de l'usine. Mais douche froide fin août : le Premier Sinistre annonce que la reconnaissance n'est étendue que jusqu'à 1999. Trois ans de gagnés au lieu de 17 ! Pour tous c'est une véritable honte, un foutage de gueule sans nom. Ils en veulent aussi à Alain Tourré, leur député, tout content d'avoir décroché le pompon.


Que signifie cette reconnaissance ? Pour chaque année travaillée en contact avec l'amiante, un travailleur gagne, grâce à cette reconnaissance, un trimestre supplémentaire pour la retraite. Les 500 personnes concernées par la mesure espéraient donc enfin voir une petite éclaircie dans la galère du chômage, certains pensant pouvoir accéder à une retraite à taux plein.
Or l'extension n'est finalement que de 3 ans car, durant ces années, les mesures du taux d'exposition à l'amiante n'ont pas été faites. Pour la période 2000-2013 les salariés comptent bien continuer de se battre car, selon eux, l'exposition a toujours été importante même si elle est inférieure à 5 fibres/litre d'air. Selon le Code du Travail et la jurisprudence, le niveau de fibre doit être le plus proche possible de zéro. Il faut donc s'attendre à un combat auprès des tribunaux car pour eux les arguments de l'Etat ne tiennent pas et ne répondent qu'à une logique financière... Nous continuerons de suivre ce combat et de vous en informer.

Pour aller plus loin :
Toute l'actu des ex-Honeywell est sur un blog : http://exhoneywell.blogspot.fr/
Egalement sur à (re)lire : La saint valentin, fête des amianteux (Racailles n°61)

2 sept. 2013

Les visites du changement

Quel été les ami-e-s ! On s'est bien rendu compte que nous habitions une ville socialo vu le défilé de ministres - voire plus - auquel on a assisté ! On pourrait presque croire que notre cher Phiphi Duron serait bien vu de ses amis gouvernants et solfériniens dans l'éventualité d'un remaniement... M'sieur le Président himself est venu en juin ; Michel Sapin qui signe ses beaux Emplois d'Avenir (29 août) au même moment qu'on annonce une réforme des retraites rognant l'avenir de beaucoup d'entre nous ; Christiane Taubira qui fait la ministre des Palais de justice façon agent immobilier (nov 2012 et 1er août accueillie par l'Assemblée générale contre toutes les expulsions et aussi par ces saloperies de Manif pour tous) ; les inconnues George Pau-Langevin (21 août pour la pré-promo des nouveaux rythmes scolaires) et Nicole Bricq pour... on ne sait pas trop quoi. 
On en veut encore ! Histoire de vraiment frapper dedans à la longue. « Chic chic ! Des Romains ! ».



21 juil. 2013

Loger "toute la misère du monde" ?! La scandaleuse gestion de l'hébergement d'urgence dans le Calvados


Qui peut encore dire que nous sommes à l'abri de la misère vous et moi ? A Caen et dans tout le Calvados depuis le mois de mai, l'austérité montre ses ravages et s'attaque aux plus exclus, aux indésirables, aux parasites : les personnes disposant d'hébergements d'urgence. Dès ce milieu d'année, les crédits 2013 du département alloués à ce domaine sont à sec et des centaines de personnes sont mises à la rue. Décryptage.

« Les enfants ont eu très froid la nuit dernière. Heureusement que l'association nous a laissé une tente ». C'est vrai qu'il faisait encore froid cette nuit de début juin, comme si le printemps s'amusait à laisser traîner l'hiver. Comme s'il fallait que le calvaire de ces gens soit intégral. Quand nous les rencontrons, cela fait trois semaines que la famille de Naranbaatar et Chuluun [NDLR : prénoms modifiés] n'a plus de toit. Trois semaines que leurs gamins de 3 et 5 ans ne vivent plus en enfance. Trois semaines que ces demandeurs d'asile chinois venus de Mongolie Intérieure sont - comme des dizaines d'autres - sans hébergement. Ils sont les visages bien réels de l’arithmétique austéritaire.

"Un toit pour toutes et tous" - banderole des manifestations à Caen (juillet 2013)

Les dispositifs d'urgence

Les associations le redoutaient depuis déjà longtemps. L’État ne veut plus dépenser pour mettre les gens à l’abri, et encore moins lorsqu'il s'agit d'étrangers. Comment fonctionnent les dispositifs d'urgence ?
Français ou étrangers, munis ou non d'un titre de séjour, les gens souhaitant être mis à l'abri sont majoritairement orientés par le service de Veille Sociale 115. Ils peuvent ainsi disposer de places dans des structures pérennes (308) ou être logés dans des hôtels ou des studios meublés (jusqu'à 720 places). Les demandeurs d'asile, eux, sont sensés obtenir une place en Centre d'Accueil pour les Demandeurs d'Asile (CADA). Pour assurer ces dispositifs, l’État via la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) dispose de deux lignes de crédits budgétaires : le programme (ou BOP) 177 « Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables » pour l'hébergement des personnes dites de droit commun, et le BOP 303 « Immigration et asile » pour l'hébergement des demandeurs d'asile. Ces enveloppes représentent environ 4 petits millions d'euros par an pour le Calvados. Or pour 2013 la première est épuisée depuis fin juin et l'autre devrait l'être d'ici août.

21 mai 2013

*Gratiféria* - A peine un an et LEA marche déjà bien !


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)
Et si l'on pouvait avoir sans acheter et donner sans échange. Pas simple de penser ainsi à contre-courant des formes traditionnelles de l'échange, d'autant plus quand le consumérisme tente de gangrener chaque jour un peu plus les espaces de nos vies. Pub, achat, envie, besoin, changer, jeter, acheter, développer, marché, mode, conso, obsolescence, nouveauté... Que ce soit dans nos rues ou par notre « temps de cerveau disponible » nous n'avons parfois plus en tête que l'échange peut aussi être raisonné, libre et non marchand.

C'est l'initiative à Lisieux du collectif LéA– Liens, Échanges,Actions– qui souhaite développer ces formes alternatives autour du don, du troc et du prêt perçus comme favorisant le lien social. Au-delà des modèles traditionnels du don et du contre-don développés dans l'ethnologie moderne (notamment par Marcel Mauss puis Claude Lévi-Strauss) on retrouve l'ambition de zones de gratuité qui évacuent la nécessité d'une réciprocité. Nous avons déjà pu observer de telles initiatives à Caen, par exemple à l'ancien squat politique du Pavillon Noir, lors d'actions du Collectif de Réappropriation de l'Espace Public(CREP) ou les nombreuses initiatives solidaires autour du vélo (ex : Vélisol) ; force est de constater que les schémas classiques sont chamboulés au point de créer une incompréhension chez les non-initiés : pourquoi donner sans attendre en retour ?! Il y a parfois de la méfiance comme si la qualité tenait de la valeur marchande donnée à l'objet ou au service, comme si l'acte désintéressé dissimulait une arnaque. Mais non ! On peut donner ou prendre sans être montré du doigt ou taxé de profiteur ! 
LÉA est ainsi à mi-chemin entre un système d’échanges locaux et une zone de gratuité, il a pour objectifs :
  • le recyclage et le réemploi gratuit d’objets ;
  • l'organisation d’actions autour du thème du non marchand ;
  • l'échange de savoirs, savoir-faire et de services entre personnes ;
  • le partage entre tous des temps festifs et de convivialité ;
  • opposer le modèle de société productiviste, de consommation et ses gaspillages au modèle local alternatif d’organisation des échanges entre les personnes, à construire ensemble.

14 mai 2013

Le syndrome de Babel


ARTICLE TIRÉ DE L’ÉMISSION RACAILLES RADIO (mai 2013)


Oui je sais chers lecteurs, vous en avez ras le bol de la Manif pour tous, cela fait maintenant près de six mois que vous n'entendez parler que de ça ou presque alors qu'il y a tellement de choses qui vous semblent plus importantes, plus graves... Vous vous dites certainement “on en a assez soupé de ces conneries”, vous pensez - à raison d'ailleurs - que plus on en parle plus on les fait exister, plus on leur donne de crédit et plus ils la ramènent. Alors qu'ils sont médiatiquement sur le déclin et vers l'extinction, c'est peut-être le moment de les oublier définitivement !

En vérité, je n'ai pas envie d'en parler pour faire un énième billet bien satyrique et faussement subversif où il s'agirait de les démonter avec une punchline bien acerbe et quelques insultes pour faire politiquement incorrect au passage ! Soit un billet comme on en a sans doute déjà trop lu, vu et entendu, ne contenant aucune critique réellement constructive et ne servant nullement à réduire le syndrome de Babel (vous savez, sans doute le problème majeur de notre société où plutôt que de faire l'effort d'essayer de se comprendre on préfère se gueuler dessus ou se faire la guerre).

Et oui, c'est très facile de dire “j't'encule” quand on est dans le camp des pédés !

Bref, plus sérieusement, ce que je veux dire, c'est que les partisans de la Manif pour tous essaient d'exister et de crier leur mal-être ! Est-ce que les partisans du mariage pour tous ont réellement essayé de comprendre leurs arguments ? Je veux dire réellement ! Vous me répondrez certainement : “c'est des cons, des fascistes, c'est pas la peine d'essayer de les écouter...". Mais je pense qu'il faut en réalité écouter ces gens-là car ils sont en détresse !
Pour ma part, au début, je ne comprenais rien à leurs revendications. Je me suis dit : “c'est pas possible de penser comme ça, il y a un fossé énorme entre nous” que je trouvais infranchissable ! Comment peut-on revendiquer qu'une catégorie de la population n'obtienne pas les mêmes droits que les autres ? Puis tout le monde s'est dit aussi : “mais en quoi ça les regarde que les homos se marient, chacun fait ce qu'il veut chez lui bon sang !”. En gros, de façon logique et rationnelle, leur combat paraissait effectivement illégitime !


6 mai 2013

Frontex : bras armé de la xénophobie de l'UE


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)


Une vidéo de l'armée. Un camion rempli de militaires arrive à toute vitesse sur une route rocailleuse de montagne. Pas de doute, nous sommes sur un terrain de guerre. Le camion s'arrête, des hommes lourdement armés, casques lourds et camouflage, descendent et se mettent à couvert observant le terrain dans la lunette de leurs fusils. Soudain, le visage de l'ennemi armé apparaît, l'air rude, déterminé et sans pitié. Mais il ne s'agit en fait que d'un visage imprimé sur un vieux t-shirt porté par un homme exténué, la démarche hésitante, le visage marqué par la peur et la fatigue. C'est un « simple » migrant. Ils sont cinq, munis de sacs de fortune pour toute une vie. S'affiche alors le message : « L’Europe est en guerre contre un ennemi qu'elle s'invente. Loin de nos regards, contre une prétendue "invasion" de migrants, l'Union européenne investit des millions d'euros dans un dispositif quasi militaire : FRONTEX. Démesuré, opaque, dangereux ».





L'image ne laisse pas indifférent. Elle résume surtout à elle seule la folie des autorités européennes et nos pays membres afin de contrer et empêcher les phénomènes migratoires, quitte à faire des milliers de morts aux frontières et piétiner le droit international. C'est contre cela qu'a été lancée fin mars une campagne baptisée FRONTEXIT (Frontex–exit) dont la vidéo fait la promotion. Elle est l’œuvre de 21 associations, des chercheurs et des individus issus de la société civile du Nord comme du Sud..


27 avr. 2013

Caen ne centrifuge pas vite pour Fabriquer


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)
 
Après la fermeture du squat-fabrique culturelle La Centrifugeuz au mois de janvier dernier, les artistes et associations se sont mis autour de la table avec les services culturels de Caen pour tenter de passer à la vitesse supérieure de l'annoncée mais jamais réalisée « CULTURE en capitales ». Des réunions par groupes de travail sont programmées jusqu'au mois de juin. Nous continuons donc à suivre le dossier de près, de très près ! 


Parallèlement la Ville a encore montré son soutien aux artistes plasticiens locaux en acquérant par commande publique (204 000 €) « La Caravane », sculpture réalisée par... un artiste néerlandais : Joep van Lieshout ! Installée place Saint-Sauveur non par choix mais par obligation légale (le l % culturel), l’œuvre tentera de pallier au grand vide sans vie qu'est aujourd'hui la place rénovée. A Racailles on n'a rien contre Joep (à part son prénom peut-être) mais n'aurait-il pas été plus judicieux de mettre en application ici encore ce slogan de «CULTURE en capitales » et faire réaliser une oeuvre d'art par un artiste local ? On dirait bien que non... 

Retour sur le dossier "Centrifugeuz" :

 

25 avr. 2013

Racailles n°66 (printemps 2013) dispo !!! On the road again...

A Racailles, on sait que tout vient à point à qui sait attendre. Et on a bien raison car on avait tout flairé : Cahuzac, Thatcher, l'envolée lyrique de cette France homophobe, le copier-coller de l'ANI dans la loi,... Donc on ne regrette pas de sortir le numéro deux mois en retard par rapport à notre pseudo-calendrier. Et puis de toute façon on fait ce que l'on veut, nah !


Au sommaire :


12 avr. 2013

Homophobephobe ? *

*qui a la phobie des homophobes

ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)

L'homophobie, symbolique ou réelle, révèle la bestialité de ceux qui la pratiquent.
Ces derniers mois, avec le “débat” (qui en réalité n'existe pas véritablement) sur le mariage homosexuel, le nombre d'agressions visant des personnes homosexuelles s'est accru spectaculairement en France. Ces agressions d'un autre âge sont malheureusement une réalité. Des individus s'attaquent à des inconnu-e-s dans la rue en ayant pour unique prétexte un soupçon d'homosexualité. Quel degré de carence d'empathie humaine peut-on avoir lorsqu'on violente sans vergogne un-e inconnu-e au seul motif de sa sexualité, ce qui n'a strictement aucune implication sur la vie ou la santé de l'agresseur ?


Une fois de plus, il s'agit d'un déficit grave d'humanité (voir le même cas dans l'article sur les anti-roms) car l'agresseur insulte, menace, séquestre, violente et même quelque fois viole ce qui représente dans sa tête le mal absolu, afin de l'humilier pour mieux exorciser sa haine. Il veut donner une leçon aux “malades”, aux “déviant-e-s”, il veut avoir l'occasion de les mépriser, faute de pouvoir les supprimer puisqu'il sait que la loi ne lui permet pas. La loi ne lui permet pas de violenter non plus, mais il sait que s'il agit vite comme l'éclair, sans préméditation réelle, sur un parfait inconnu, et qu'il disparaît aussi vite dans l'obscurité, les forces de l'ordre s'acharneront bien moins à le démasquer que s'il avait commis un homicide...
Il est soulagé !
Il a apaisé sa haine !
Il a extrait sa violence !
Il a vomi sa diatribe homophobe !
Il a fait une victime !
Il a terrorisé la communauté homosexuelle et ses défenseurs !
Il a montré sa rage à défendre ses “valeurs” et pense appuyer son combat de cette manière !
Il a martyrisé, humilié et parfois brisé un individu qui n'avait pour seul défaut... et bien, qui n'avait aucun défaut à priori... Il s'agissait peut-être même d'un individu très charmant, humain et chaleureux, contribuant au bonheur de ses frères, qui sait ?

8 avr. 2013

Destruction du droit du travail « Emploi-Compétitivité »...


...du syndicalisme de lutte au syndicalisme de pute


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)

« Les patrons français gagnent une nouvelle flexibilité du travail »
The Wall Street Journal, 11.01.2013

Qu'elle a bien commencé cette année sociale ! Un mois après son arrivée à la place de François Chérèque, Laurent Berger a enfilé son plus beau costume [orange], a remis de l'encre dans le stylo à signatures (il faut dire qu'il sert beaucoup) et a rejoint le cercle de la traîtrise sociale réuni autour du MEDEF. Et cela n'a pas loupé, avec la CFTC et la CFE-CGC, un accord a été trouvé le 11 janvier dernier « au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi », véritable aval anticipé aux réformes structurelles du marché du travail, identiques à celles imposées par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le FMI dans le Sud de l’Europe. Tout y est : baisse des salaires en cas de menace sur l’emploi, prédominance de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche et sur la loi, facilitation des mobilités forcées et des licenciements. Rarement un accord national interprofessionnel (ANI) aura entériné autant de reculs pour les salariés. Décryptage.


Baisse des salaires et mobilité forcée

L’accord signé par le MEDEF et les trois syndicats minoritaires (38,7 % cumulés aux dernières élections prud’homales) confirme la possibilité, déjà adoptée sous l'ère Sarkozy, d’accords d’entreprise dits de « maintien dans l’emploi » avec une baisse des salaires en cas de « graves difficultés conjoncturelles ». Les salariés qui refuseraient la baisse de leur salaire seraient licenciés pour « motif personnel », exonérant ainsi l’entreprise de toute obligation de reclassement. De même, tout salarié qui refuserait un changement de poste ou une mutation géographique pourra être licencié pour « motif personnel » dès lors que l’entreprise a signé un accord sur la mobilité.


6 avr. 2013

Racailles Radio d'avril en podcast(oipovcon)

Comme chaque moi, les ondes de Radio Bazarnaom étaient squattées par notre verve et nos blagues improbables pour une émission de folie. Inutile de préciser qu'un certain Jérôme Cahu... était la star de nos publicités 100% made in Switzerland.


Au programme :
  • Editos
  • Décryptage de la loi Fioraso
  • Chronique "sports"
  • Billet philo : La société du spectacle
  • Que se passe-t-il à la Ferme Culturelle du Bessin ?
  • Jeu à la con du Pr Rubicon spécial affaires politico-judiciaires
  • Bilan de l'émission
  • et intermèdes en musique avec Adrien, Christophe et Sonia

Pour soutenir la Ferme Culturelle du Bessin : http://www.activism.com/fr_FR/petition/non-a-la-fermeture-de-varembert/42455

1 avr. 2013

Loi Fioraso : un nouveau coup dur pour les universités, les personnels et les étudiant-e-s

ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)

Racailles étant né lors des premières grèves contre la LRU en 2007, nous ne pouvions pas laisser de côté ce sujet majeur : Pécresse (UMP) ou Fioraso (PS) ont le même cap pour plomber les facs !

Geneviève Fioraso est l’actuelle ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Son parcours laisse on ne peut plus rêveur : dans la région grenobloise, elle était à la fois PDG de Minatec Entreprises (spécialisée dans les nanotechnologies), maire adjointe de Grenoble, membre ou co-présidente de trois sociétés d’économies mixtes publiques-privées liées à « l’innovation technologique » et évidemment à Minatec Entreprises, ou encore membre d’associations loi 1901 dont la plupart sont liées à la facilitation et la coordination des rapports entre secteurs publics et privés. C’est donc une ancienne patronne et une lobbyiste convaincue du rapprochement public-privé qui dirige actuellement ce ministère. Son cabinet ministériel est composé très majoritairement de partisans et artisans de la loi LRU… Vous vous rappelez ?

 

 

« Liberté » et « responsabilité » des universités

La loi LRU, loi qui a rendu « autonomes » financièrement les universités en passant par une diminution considérable de la dotation budgétaire d’État et poussant ces dernières à rechercher d’autres sources de financements, notamment via les entreprises privées ou le mécénat. La loi LRU a également transféré la gestion financière et humaine de la « masse salariale » de l’État aux universités avec en même temps une accentuation des pouvoirs des conseils d’administration et surtout des Président-e-s d’universités, faisant de ces dernier-e-s de vrai-e-s chefs d’entreprises. Cette fameuse loi qui fait qu’actuellement plus d’un quart des universités françaises sont en déficit budgétaire et plus de la moitié en difficultés financières et qu’elles utilisent leurs salarié-e-s comme variable d’ajustement en supprimant des dizaines et des dizaines de postes - 46 postes pour l’université de Caen entre 2013 et 2014 par exemple - provoquant suppressions d’heures de cours, surcharges de TD et dégradation des conditions de travail et d’études. Cette loi qui pousse les universités, les filières, les centres de recherches et les personnels à la compétition la plus totale et incite à des suppressions ou fusions de filières considérées comme insuffisamment rentables pour l’économie capitaliste…

17 mars 2013

Le monde selon Philippe Duron.


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)

La rédac' est divisée après que l'un d'entre nous ait pondu cette image de Duron et sa panoplie de casquettes. Satyre, info ou populisme ? Acte militant ou politicien ? On a fait le choix de la publier. Cela faisait longtemps que l'on souhaitait y voir un peu plus clair sur les multiples fonctions (et pas seulement mandats) assurées par le Messie des socialistes locaux. Le constat est obscur, opaque, et pour le moins alambiqué ! On ne sait pas vraiment où son rôle est symbolique et où il agit plus ou moins efficacement. Régulièrement la presse traditionnelle s'essaie à établir des classements divers sur le cumul des mandats (à défaut de voir par la loi - repoussée aux calendes grecques par un jeu politicien - l'effectivité d'une limitation). Et à chaque fois notre poulain made in Normandy est au top : 7ème dans Le Monde (08.10.2009) et plus récemment n°1 dans Le Parisien Magazine (08.02.2013) qui dresse en même temps une liste [restant incomplète] de 4 mandats et 24 fonctions. De nombreuses fonctions sont certes liées aux mandats, notamment de Maire ou de député ; mais est-ce pour autant une légitimation de cette organisation de la gestion institutionnelle et politique ? Et accepter ou désirer accomplir d'autres tâches est-il compatible avec les mandats en question ? Derrière cela se posent ainsi des questions majeures : la professionnalisation de l'exercice du pouvoir d'élu (les Verts ou les Communistes en sont également experts voire dépendants) ; l'absence de renouvellement ; le mélange entre ambition personnelle et de recherche de prestige par le pouvoir et surtout la nature même du pouvoir de la « démocratie représentative ». Alors oui, on s'est pris au jeu de la mise en scène de tout cela et quoi qu'on en dise, c'est assez impressionnant ! A qui le tour ?!
Et encore, à peu de choses près on aurait pu mettre Dexia !!! (voir notre article "Qui a les jetons de Dexia ?")


De plus, des éléments manquent. Gérard, un lecteur de Vire, nous indique : "Philippe DURON est aussi président régional pour la Basse-Normandie à la fédération hospitalière de France. La région B-N de la FHF a soutenu la fermeture de la maternité de Vire". Combien y en a-t-il encore ?!!

à télécharger en PDF ici