21 juil. 2013

Loger "toute la misère du monde" ?! La scandaleuse gestion de l'hébergement d'urgence dans le Calvados


Qui peut encore dire que nous sommes à l'abri de la misère vous et moi ? A Caen et dans tout le Calvados depuis le mois de mai, l'austérité montre ses ravages et s'attaque aux plus exclus, aux indésirables, aux parasites : les personnes disposant d'hébergements d'urgence. Dès ce milieu d'année, les crédits 2013 du département alloués à ce domaine sont à sec et des centaines de personnes sont mises à la rue. Décryptage.

« Les enfants ont eu très froid la nuit dernière. Heureusement que l'association nous a laissé une tente ». C'est vrai qu'il faisait encore froid cette nuit de début juin, comme si le printemps s'amusait à laisser traîner l'hiver. Comme s'il fallait que le calvaire de ces gens soit intégral. Quand nous les rencontrons, cela fait trois semaines que la famille de Naranbaatar et Chuluun [NDLR : prénoms modifiés] n'a plus de toit. Trois semaines que leurs gamins de 3 et 5 ans ne vivent plus en enfance. Trois semaines que ces demandeurs d'asile chinois venus de Mongolie Intérieure sont - comme des dizaines d'autres - sans hébergement. Ils sont les visages bien réels de l’arithmétique austéritaire.

"Un toit pour toutes et tous" - banderole des manifestations à Caen (juillet 2013)

Les dispositifs d'urgence

Les associations le redoutaient depuis déjà longtemps. L’État ne veut plus dépenser pour mettre les gens à l’abri, et encore moins lorsqu'il s'agit d'étrangers. Comment fonctionnent les dispositifs d'urgence ?
Français ou étrangers, munis ou non d'un titre de séjour, les gens souhaitant être mis à l'abri sont majoritairement orientés par le service de Veille Sociale 115. Ils peuvent ainsi disposer de places dans des structures pérennes (308) ou être logés dans des hôtels ou des studios meublés (jusqu'à 720 places). Les demandeurs d'asile, eux, sont sensés obtenir une place en Centre d'Accueil pour les Demandeurs d'Asile (CADA). Pour assurer ces dispositifs, l’État via la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) dispose de deux lignes de crédits budgétaires : le programme (ou BOP) 177 « Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables » pour l'hébergement des personnes dites de droit commun, et le BOP 303 « Immigration et asile » pour l'hébergement des demandeurs d'asile. Ces enveloppes représentent environ 4 petits millions d'euros par an pour le Calvados. Or pour 2013 la première est épuisée depuis fin juin et l'autre devrait l'être d'ici août.



Pancarte d'une manifestante pour l'hébergement à Caen

Pourquoi la situation est-elle aujourd'hui critique ? La préfecture aime indiquer dans ses communications qu'elle subit ces dernières années des demandes d'hébergement en hausse, notamment pour les demandeurs d'asile. Elle alimente ainsi l'idée d'un appel d'air insupportable dans le département lié à un laxisme de sévérité et un excès d'accueil durant les années précédentes. Et dans les chiffres ? Pour les quatre premiers mois de 2013 l'augmentation serait de 40 % par rapport à 2012, soit près de 200 nuitées quotidiennes dont 165 demandeurs d'asile.
Certes il y a eu une augmentation du nombre de demandes, mais elle est loin d'expliquer à elle seule la situation budgétaire catastrophique entraînant des drames humains, et ne constitue nullement une justification de cette politique de rejet. Le Préfet oublie surtout de dire que ses crédits, déjà largement insuffisants chaque année compte tenu des besoins et de ce que l'on peut attendre d'un pays riche comme le nôtre, ont baissé de 8 % pour la ligne 177 et de 27 % pour la ligne 303 ! Enfin, n'ayant déjà à l'époque plus d'argent, la Préfecture a payé les deux derniers mois de 2012 sur l'exercice 2013...
Un avis parlementaire rédigé au nom de la Commission des affaires sociales de l'Assemblée portant sur le projet de loi de finance 2013 met en évidence que les dotations budgétaires sont en permanence sous-évaluées par rapport aux besoins réels de l'ensemble du territoire (même si globalement l'écart se serait réduit, passant de 124,3 % de taux d'exécution en 2008 – c'est à dire la consommation de l'enveloppe – à 104,7 % en 2011).

Tous dehors !

La situation est donc simple, l’État fout tout le monde dehors pour la simple raison qu'il rencontre trop de misère et qu'il n'y a plus de sous ! Pourtant la loi est claire. Selon le Code de l’action sociale et familiale : « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ». Il prévoit en outre une continuité de la prise en charge. D'ailleurs plusieurs délibérations du Conseil d’État (27/10/2010) faisant lieu de jurisprudence le confirment, et récemment une ordonnance du 10/02/2012 a même hissé cet accueil inconditionnel au rang de liberté fondamentale.

Par contre le Préfet semble prêt à loger les personnes [étrangères] à une condition : qu'elles s'engagent à quitter le territoire ! Voilà toute la lumière POLITIQUE de cette mascarade. Il s'agit d'instrumentaliser l'accueil en faisant penser qu'il y a trop d'étrangers, qu'ils sont un poids insupportable et qu'ils ont vocation à repartir. Mettre des gens à la rue avec des bébés de quelques semaines est une arme de plus de gestion migratoire et d'exclusion dictée par la xénophobie. Et au-delà des étrangers, toujours en première ligne dès qu'il s'agit d'attaquer et restreindre des droits, ce sont tous les pauvres et les précaires qui sont visés afin qu'un jour l’État n'ait plus à assister ces boulets...
Décoration du PS14 lors de la manifestation du 18.07.13
Qu'elle est belle votre politique social[ist]e MM. Hollande et Valls ! Qu'elles sont belles les valeurs de l'extrême droite répandues jusqu'à ce que certains appellent encore la gauche dans une indécence inouïe ! Des gens dorment à la rue, dans des parcs ou des voitures, d'autres vacillent d'appartements en appartements, chez des amis ou des bénévoles d'associations... Tout cela pour les épuiser, les déshumaniser et les éliminer.

Une lueur d'espoir semble pourtant persister. Le 05 juillet dernier le Tribunal Administratif de Caen a enfin donné une réponse favorable à une famille de demandeurs d'asile chinois dépourvus d'hébergement. Dans son rendu de jugement, la justice a ainsi indiqué « [qu']en refusant pour des seuls motifs budgétaires de faire bénéficier une famille de demandeurs d'asile d'un hébergement, le Préfet du Calvados a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale qu'est le droit d'asile ». La famille a pu être relogée.

Caisses vides – poches pleines.

Ne croyez pas que l'argent part en fumée ! Ce modèle où deux tiers des places d'accueil sont gérées au quotidien avec deux bouts de Scotch et du carton pour ne surtout pas pérenniser un système enrichit des marchands de sommeil. Et pour certains, elle a du bon la misère humaine quand l’État doit payer des chambres d'hôtel miteuses ou des studios pourris à des prix exorbitants. Ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent à Caen : le Rex, le Charolais, l'Hôtel de la Paix, le Saint Jean,... nombreux sont ceux qui profitent de conventions signées avec la DDCS.

Mais un exemple est particulièrement parlant : celui de la Société L. [le nom a été masqué suite à une plainte, NDLR], « loueur meublé professionnel ». Depuis une petite dizaine d'années, cette société a construit un petit empire immobilier destiné à être loué au 115. D'abord propriétaire d'un immeuble découpé en studios rue de Branville à Caen, elle a tout de suite compris le bénéfice à tirer, et très vite ce sont des dizaines d'appartements – pour la plupart vétustes et bricolés sans trop se soucier des permis de construire – qui se sont retrouvés conventionnés. Nos estimations montrent qu'à une époque ce sont probablement plus de 150 studios et petits appartements dans l'agglomération (Caen, Hérouville, Fleury, Ouistreham) voire dans tout le département, qui semblent avoir été en sa possession, la plupart loués au 115. Dépassée par le succès, la société a même sous-loué des chambres de bonnes afin d'y entasser les gens ! 
Immeuble de plusieurs appartements privés loués au 115
D'abord à 44€ la nuitée pour 1-2 personnes, la convention est aujourd'hui à 22€ auxquels s'ajoute 1€ par jour et par personne prélevé directement auprès des hébergés (dispositif renforcé dans un projet de loi de Duflot). Il y a à ce jour 235 places dans ces appartements. La Société L. parvient donc à percevoir près de 1400€ lorsque 3 ou 4 personnes sont logées dans un appartement d'environ 25m² aux conditions d'hygiène très discutables et aux meubles défoncés, sans parler de parties communes souvent dangereuses. Un ancien résident originaire des pays de l'Est nous confiait ainsi lors de notre visite : « Vous avez vu l'état de l'immeuble ?! Il n'y a pas de lumière dans les couloirs et on a peur que l'escalier s'effondre. A la cave c'est pire, on risque l'incendie à chaque instant avec de vieux appareils dans la chaufferie. » Dehors on voit des fils électriques qui pendent sous les gouttières. « Et puis chez nous rien ne tenait : canapé défoncé, armoires pleines de clous dans tous les sens jusqu'à ce qu'elles se cassent finalement la gueule, mauvaises odeurs et crasse, etc ». Partout où notre regard se porte on constate des installations merdiques voire dangereuses. Comble du système : pour de tels taudis, les nuitées sont louées par lots, et l’État paye même si les logements ne sont pas occupés.

Voilà le quotidien de ces vautours, ces charognards qui tentent parfois de présenter leur démarche comme sociale. Et voilà comment l’État fait tout pour maintenir un système bancal et précaire. On se doute que d'autres propositions d'urgence seraient à avancer, comme construire ou réhabiliter des foyers, réquisitionner des logements vacants (estimés à environ 5000 à Caen) et bien sûr agir en profondeur contre la misère et la précarité et cesser la guerre aux migrants, ce qui coûterait moins cher à long terme et transformerait la société ! Mais pour l'instant la volonté politique n'est présente à aucun niveau. Certains peuvent dormir sur leurs deux oreilles et dans des draps de soie !

Mobilisation unanime et réquisition du « 202 ».

Pour l'ensemble des personnes mobilisées sur cette situation à l'appel initial du Collectif 14 pour le respect des droits des étrangers, accumuler les manifestations ne suffisait plus : il fallait agir de façon rapide et efficace pour mettre à l'abri les plus fragiles et marquer un coup politique. Une première action marquante fut l'installation d'une vingtaine de tentes sur le parvis du théâtre municipal de Caen à l'issue de la manifestation du 10 juin. Bien que symbolique, l'action a choqué notre cher Préfet qui dès le lendemain proposait de reloger la plupart des gens. Ce qu'il n'a pas fait une fois le camp démonté au grand damne des militants qui jurèrent de ne plus se faire avoir par les mensonges du représentant de l’État !

campement devant le théâtre
Rapidement l'idée de réquisitionner un lieu vacant s'imposa dans le cadre d'une Assemblée Générale contre toutes les expulsions. C'est ainsi qu'un ancien foyer d'urgence situé au 202 rue de Bayeux à Caen – centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) La Source accueillant des femmes seules ou avec enfant et déménagé depuis l'automne 2012 - fut réquisitionné officiellement le 28 juin (après une occupation discrète de 96h). D'abord occupé par des militants, le lieu fut ensuite investi à la suite d'une manifestation le 1er juillet par des familles à la rue. L'immeuble est composé d'une grande maison aux nombreuses pièces et de studios accessibles par le jardin. L'ancien CHRS comprenait 30 places ; et aujourd'hui, tout le monde tâche de se trouver tant bien que mal une petite place ! Depuis l'ouverture du lieu on comptabilise environ 30 à 40 personnes résidentes, dont un tiers d'enfants. Une situation loin d'être satisfaisante et durable.

Ce lieu n'est pas uniquement dédié à l'hébergement : il constitue une arme politique majeure pour l'ensemble des personnes mobilisées. Il sert à organiser la lutte, tenir des réunions, constitue un point de rencontres fixe, et symbolise également l'état critique de la situation par l'occupation illégale. Le propriétaire - le bailleur social Calvados Habitat - a d'ailleurs porté plainte. Une ordonnance d'expulsion datant du 05 juillet et un commandement de quitter les lieux ont été notifiée sur la grille du lieu le 17 juillet. Son directeur Christophe Bureau affirme devoir relouer le lieu à une association de réinsertion dès septembre 2013, même si très étonnamment son Conseil d'Administration n'en est pas informé ! De plus le foyer La Source a quitté les lieux car il était quasiment impossible d'effectuer les travaux de mise en conformité vis à vis des normes de sécurité. D'après l'ancien directeur de l'association Itinéraire, gestionnaire du foyer, il aurait fallu tout raser pour ensuite reconstruire !
Pour l'instant les militants venus d'horizons divers - associations, syndicats, partis, mouvements libertaires - comptent bien tenir le lieu, de façon autogérée et démocratique. Des Assemblées Générales (AG) se déroulent tous les mardis et vendredis à 18h30 et les résident-e-s tiennent également des réunions pour organiser la vie commune, chose d'emblée délicate compte tenu de la précarité, la promiscuité et les diversités culturelles. 





« Les associations militantes vous m'emmerdez ! »

Le 202 n'est en tout cas pas près de manquer de résidents. Dernier exemple macabre : l'arrivée le 5 juillet d'une femme africaine avec un bébé âgé de seulement... 7 jours ! Mise à la rue la veille par le CHU malgré l'absence de prise en charge par les services sociaux, elle n'a pu trouver d'endroit pour passer la nuit et a donc du dormir dehors avec le nourrisson. Impossible de mettre de mots assez forts pour qualifier cette situation. Et ce n'est pas du côté des services de la protection de l'enfance du Conseil Général du Calvados (CG14) qu'il faut espérer une aide. Appelé pour ce cas précis, le directeur du service a refusé de prendre en charge cette femme et son enfant en s'appuyant sur des arguments très « sociaux » : « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde (…) et de toute façon vous, les associations militantes, vous m'emmerdez ! ». Sans commentaire. Après 13 jours de réflexion [sic], le CG14 a finalement pris en charge cette femme et son bébé qui relevaient de sa responsabilité.


Dans ces conditions on imagine facilement les difficultés que rencontrent les travailleurs sociaux et les juristes pour accomplir leur travail. Comme l'indiquait Patrick Arz, porte-parole du Collectif 14 pour le respect des droits des étrangers, interrogé dans Racailles Radio en juin dernier : « pour eux la situation est aussi infernale. Les travailleurs sociaux sont obligés de faire le contraire de ce pour quoi ils sont formés, c'est à dire qu'au lieu de pouvoir accueillir tout le monde et trouver des solutions satisfaisantes en dirigeant le public vers les structures qui peuvent les recevoir, ils sont obligés de dire aux gens qu'il n'y a pas de solution. (…) J'ai par exemple reçu un mail d'un assistant social me disant qu'il n'en pouvait plus, ne savait plus quoi faire et avait même failli loger une famille chez lui, ce qui déontologiquement est problématique. Tout le monde est dans la détresse et comme ce sont eux qui reçoivent les gens mis à la rue et non la DDCS responsable de la situation, ils se font agresser ».
C'est donc un tableau noir bien que partiel que nous dressons là. Et celui-ci est loin d'être un cas à part purement local. Partout ce sont les mêmes politiques, les mêmes arguments, et les mêmes discriminations. Partout on crée la misère plutôt que la combattre, partout on abandonne des populations sur l'autel d'une soi-disant crise. Et partout étrangers et Français tentent de trouver des réponses. Plusieurs squats similaires existent (Toulouse, Dijon, Poitiers, Paris,...), certains expulsés au début de l'été.
Quelques millions qui manquent mettent partout des centaines de vies en danger et symbolisent la volonté de la France - et de l'Europe – de restreindre les politiques sociales et fermer le plus possible les frontières [voir notre article sur Frontex]. Que penser en parallèle lorsqu'on apprend par exemple que la France va acheter 16 drones américains pour une facture de 1,14 milliards d'euros, ou quand on repense au missile M51 à 120 millions pièce qui a foiré son vol d'essai et fini à la flotte en mai dernier ?! C'est un peu démago certes. Mais en face, quand on laisse un bébé de six jours à la rue, c'est tout simplement criminel.
Alors organisons-nous, joignez-vous à cette lutte dans laquelle ce sont nos droits à tous et toutes qui sont menacés. Ce désengagement de l’État social est le même que celui qui détruit l'hôpital et le système de santé, qui bousille les services publics d'éducation, de transports, de communications... Pas étonnant de voir désormais le Front National tracter sur les marchés caennais quand ses politiques sont appliquées jusque par les socialos et surtout que la colère gronde. C'est de là que naissent les sentiments réactionnaires et se répandent les idées d'extrême droite de repli sur soi. C'est la Grèce décomposée et Aube Dorée en miroir.

Igmack Away

Pour aller plus loin : 

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6 commentaires:

  1. Racailles d’où ça ?

    Ce site sent le petit bourgeois de gauche et/ou le diandiant en sciences molles à 10 km à la ronde !

    Il faudrait qui plus est, être le dernier des abrutis pour pas comprendre que les " racailles " sont totalement acquis à la cause du capitalisme.

    Au minimum, tu crois franchement qu'une " racaille ", ça rêve de vivre dans tes squatt crasseux et de la gratuité de la carte twisto ?

    Racaille d'opérette va ...

    Nique les bobos !

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  2. Si tous les guguss qui militent dans ces assos, pouvaient avoir la gentillesse de quitter les appartements HLM qu'ils occupent indument, sachant que la plupart aurait les moyens de se loger dans le privé ... voilà qui libérerait quantité de logements pour commencer !

    Dommage que la solidarité des gauchistes s’arrête à la fermeture éclair de leur porte monnaie !

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    1. Rédaction Racailles25 août 2013 à 16:52

      Oh mais c'est trop mimi tout plein ! Encore ! On sent que tu n'es qu'au début là.
      Et sinon à quel moment balances-tu le semblant d'un début de critique constructive sur le fond de ce que l'on raconte ? Car peut-être que cela intéressera quelqu'un, ça...
      Et puis on ne se cache pas, tu peux passer nous voir quand tu veux. Mais ça, "Anonyme", ce sera peut-être moins facile que derrière ton clavier.

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  3. Oui, à Caen rive droite, les marchands de sommeil font de bonnes affaires avec un soutien actif-passif de nos élus et des autorités locales qui financent les yeux fermés.
    Des aides ad hoc sont déversées à gogo pour permettre à ces margoulins de transformer, en loucedé, des maisons particulières en habitations collectives sans permis de construire ni conformités attachées à ces changements conséquents. Aucun contrôle de l'opération à priori et à posteriori n'est effectué par le financeur afin de s'assurer de la légalité des opérations. On donne le conventionnement les yeux fermés... point
    l'État, en fin de compte, occupe illégalement en tant que bailleur-financeur un immeuble transformé sans autorisation et sans conformité en mettant sciemment autrui en danger.
    C'est la nouvelle méthode des marchands de sommeil pour monter rapidement et à bas coût des plans fonciers d’importance, impossibles à faire pour un promoteur honnête qui se verrait signifier un refus net pour de telles opérations illégales. De même, un architecte serait radié de l'ordre en signant de tels projets.
    La Mairie de Caen, bien qu'en parfaite connaissance de ces nombreux faits ne fait pas grand chose contre une délinquance qui n'a pas froid aux yeux. La Mairie soutient forcément, tant cela lui évite de payer des amandes lorsqu'elles ne dispose pas d'assez de logements opposables et tant cela lui évite de faire des efforts pour loger les démunis par le biais de structures pérennes sans but lucratif. Nous sommes en plein boom affairiste pardi, on ne donne qu'aux riches et surtout on reste très gentil avec eux. "Sans but lucratif", j't'en foutrai moi.
    Vous savez tous certainement qu'avec grandes fanfaronnades, l'équipe municipale socialiste a mis en place des commissions "démocratie de proximité". Vous et moi pouvez en faire partie. À quoi cela sert me direz-vous ? à faire avancer le scmilblick ? Que nenni, c'est un concept vide contenu et sans aucun pouvoir... de parole constructive, que de la pub.
    Cela veut dire qu'une commission "urbanisme" de "démocratie de proximité" peut avoir pour mission de sillonner les rues de son quartier pour compter les nids de poules et les irrégularités des trottoirs et rendre des rapports qui ne vont servir à rien, ça serait trop beau.
    Mais si un conseiller ouvre sa gueule pour demander à Monsieur Lecoutour des nouvelles à propos d'une plainte déposée entre ses mains, depuis deux ans, contre un marchand de sommeil ayant transformé une maison en immeuble collectif qui porte préjudice et qui met autrui en danger, avec les sous de l'État, sans permis de construire, sans autorisations ERP, Monsieur Lecoutour répond avec l’aplomb de l'élu : vous avez juré de nous embêter vous! Vous l'avez fait, maintenant laissez-nous travailler voulez-vous. De toute façon, votre affaire est en justice, elle va durer 10 ans et n'aboutira certainement à aucun résultat. (Il est sous-entendu ici que la Mairie ne fera rien que ce soit qui pourrait, dans ses attributions, l'engager contre le marchand de sommeil)
    Ainsi parlait Monsieur Lecoutour, Maire-adjoint à l'urbanisme.
    Circulez y a rien à voir.
    Réunion du 12/11/2013, Pôle Rive Droite.
    Un "conseiller de quartier" de la rive droite.

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  4. [Ce commentaire initialement publié par "Anonyme" le 29 mars 2015 a été modifié par nos soins suite à une nouvelle mise en demeure d'un marchand de sommeil plus roublard et vorace qu'assumé]
    "Et la dernière acquisition [du patron de la Société L.] c'est [une] magnifique maison (...) à Mondeville Plateau... pas en son nom propre (il y a plein d'inconvénient dont le droit de préemption de la commune...) mais via [une] SCI ! Tout un programme dont on n'a pas fini d'entendre parler. Imaginons dès maintenant des gens à la rue qui vont se retrouver dans ce petit château avec des baies vitrées immenses dans un parc boisé de plusieurs hectares... le charme du site s’arrêtera là car la fastueuse demeure aura été préalablement saucissonnée pour en mettre le plus possible... nous retiendrons toutefois le contraste et le symbole qui ne dérange personne à l'exception de l'association locale Vivre Ensemble au Plateau qui essaie de poursuivre ses objectifs de valorisation de la mémoire ouvrière et d'animation du secteur...et le collectif du Plateau qui veut défendre le bien-être des voisins et éviter les ennuis comme l'impact sur le marché immobilier (tout cela sous couvert d'une fausse commisération pour teinter le discours d'un peu d'humanisme !!!!). A suivre donc!"

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