26 sept. 2013

Un peu de biologie, beaucoup de technologie...


...La poésie retirée des programmes.


Depuis 10 ans, des industriels de micro-électronique (GIXEL - Groupement des industries électroniques) font pression sur les gouvernements pour doter les établissements scolaires d'appareils de reconnaissance dactyloscopique (empreinte digitale) dans les cantines. Cela ne peut pas être pour autre chose qu'améliorer le service, n'est-ce pas ?! Non, évidemment ! 
Le GIXEL dans son livre bleu de 2004 (mais retiré depuis) clamait fièrement « la sécurité est vécue comme une atteinte aux libertés individuelles. Plusieurs méthodes devront être développées pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées de convivialité et de fonctionnalités attrayantes dès l’école maternelle ». Ficher, contrôler, surveiller n'est sûrement pas l'objectif des directions d'établissements. Elle y voient principalement un moyen de drainer des flux, de gérer de façon précise les quantités de nourriture à préparer et commander. Mais les intendances ne peuvent-elles pas améliorer le service sans le besoin de « biomaîtriser » ? 
L'erreur étant humaine, seule la machine serait infaillible ; à tel point que des élèves peuvent être privés de repas simplement parce qu'ils n'avaient pas pu réserver la veille ou parce que la machine ne les reconnaissait pas. Autrement dit on passe d'un système perfectible - où l'erreur est possible puisque géré par l'Homme - à un système parfait où aucune erreur ne sera tolérée. Dans une école c'est un comble ! C'est donc un système lourd, complexe, peu fiable et inefficace qu'engendre la machine. D'ailleurs, selon Le Parisien du 13/02/2013, les élèves du lycée de Luzarches (Val d'Oise) ont boycotté ce système dès la rentrée. Certains rétorqueront que cela rationalise les coûts puisque les familles en incapacité de payer se verraient refuser l'accès pour leurs enfants. Et puis impossible de prêter sa carte à un copain. Cela peut même faire économiser des postes de Vie scolaire et d'Intendance. Le Ministre du budget ne peut que valider ! C'est surtout une démonstration de ce que devient cette école dite du 21è siècle : non pas un lieu d'émancipation, mais bien de conditionnement « pour (que) les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine »... partout ! Il est vrai que le plus important pour les élèves, c'est d'acquérir de bonnes bases. 

 
Trois établissements du Calvados sont désormais équipés, dont le collège Dunois à Caen. Le collège Diderot à Cherbourg sert de base expérimentale pour la Manche.



HAËF

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