10 oct. 2013

CRS : retours glorieux, accueils glaireux !



Que ce soit à la télé ou dans la presse écrite locale, les voilà encensés depuis quelques semaines : les gardes mobiles normands fiers de leurs exploits dans l'Océan Indien, et plus précisément à Mayotte, cette poussière d'empire. Quel ravissement en lisant notamment l'article de Ouest France (04/08/13) « Argentan.Les gendarmes mobiles sont rentrés de Mayotte »


Ah les revoilà nos héros partis à l'aventure défendre la veuve et l'orphelin. Défendre la veuve et l'orphelin ? Ils ont plutôt pris cher ces deux-là, même si les journalistes restent - volontairement ou par imbécillité journalistique - évasifs sur l'essence et la nature même des missions de ces braves hussards de l'empire. Tout au plus un pudique « maintien de l'ordre » vient préciser quelques occupations dans l'île aux parfums... Mais que cache ce « maintien de l'ordre » ? Rien d'autre que de la stupidité, de la sauvagerie aux accents barbares. 

Ah ça, ces gardes mobiles peuvent bien trouver ça dur de se rendre complices de plus de 26 000 reconduites en 2012 pour un peu plus de 200 000 habitants. C'est vrai que pour arriver à un tel record, il faut rafler tout ce qui bouge : hommes, femmes, enfants, nourrissons... tout est bon pour les expulsions et on fait du chiffre sans même connaître le terrain, sans même se questionner sur le sens de reconduire des frères, des sœurs, des membres d'une même famille pas nés du bon côté du lagon, entre la française Mayotte et la comorienne Anjouan. Ils sont pourtant tous habitants d'un même pays, les Comores, selon l'ONU qui n'a de cesse de condamner la France pour son occupation de son nouveau Département d'Outre-Mer. 


Ah ça, il faut être bien brave pour jeter en taule, dans des conditions dignes de Guantánamo, des femmes, des enfants et des bébés ! Il faut être d'une grande virilité et en avoir là où je pense, hein ? Y a pas à dire ! Imaginez de dangereux criminels comoriens qui parlent la même langue et partagent la même culture que 95% de la population de Mayotte et venus y rejoindre leur famille. Des terroristes que tous ceux-là !
Et parfois le boulot c'est aussi traquer, gazer, tabasser et incarcérer une population qui manifeste juste pour pouvoir bouffer [NDLR : des mouvements sociaux « contre la vie chère » ont eu lieu ces dernières années et ont dû faire face à une forte pression policière et préfectorale]. Des héros que ces gardiens de la maréchaussée je vous dis ! Mais si nous étions en 1789, je ne suis pas sûr que les livres d'histoire les auraient retenus comme des héros, les Robocops. Car dans mes souvenirs d'école, ceux qui ont chargé le peuple qui criait famine n'ont jamais vraiment été élevés au rang de héros ! Triste basculement des choses... Mieux valait-il crever la dalle sous la royauté que sous la République pour être bien vu par l'Histoire.

Ah ça, qu'ils se rassurent ces empêcheurs de manifester en rond, ce n'est pas un simple énergumène anarchisant irrité par la simple vue d'un képi (et qui par bon sens n'aime pas tout ce qui est bleu et porte une arme au nom d'un je ne sais quel ordre à défendre) qui leur dédie ces quelques lignes. Non, c'est un humble témoin qui les a côtoyés sur ces terres oubliées, qui les a vus à l'œuvre pendant plusieurs années. Un témoin qui a vu ces milic[h]iens (comme les appelaient les Bérurier Noir) n'être rien d'autre que des machines. Même les animaux, eux, font parfois preuve de plus de compassion et je respecte trop les animaux pour oser une quelconque comparaison avec ces étrons de la République fiers dans leurs habits de lumière, ces héritiers de Vichy, de l'OAS ou de la Police de Papon...

Ah ça, ils peuvent être fiers en retrouvant leur petite famille. Papa a bien travaillé, il a brisé des centaines de vies et de familles, jeté à la rue et aux poubelles des dizaines de gamins dont quelques-uns encore bébés. Des gamins qui, grâce à Papa, ne sont pas prêts de revoir leurs parents ; et tout ça au nom de sa bonne vieille République. Ironique, non ?!


A lire ces quelques lignes dans Ouest Rance, il ne me vient qu'une envie : celle de déglutir, de vomir, de hurler. Un goût amer ne me quitte plus chaque fois que je repense à ces braves gendarmes et policiers. Je les hais, un point c'est tout ! Tout comme je hais ce qu'ils représentent et ce(ux) qu'ils protègent en notre nom. Je ne les laisserai jamais parler ou agir en mon nom, au nom de cette communauté d'imbéciles que l'on appelle les Français. Je ne serai jamais le complice de leurs atrocités.
Eh comme le concluait si brillamment Boris VIAN « J'irai cracher sur vos tombes ».

Tibo

A lire également sur Racailles : Mayotte : Naufrage des droits de l'Homme

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentez comme vous le souhaitez, mais sans donner raison au point Godwin...