27 avr. 2013

Caen ne centrifuge pas vite pour Fabriquer


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)
 
Après la fermeture du squat-fabrique culturelle La Centrifugeuz au mois de janvier dernier, les artistes et associations se sont mis autour de la table avec les services culturels de Caen pour tenter de passer à la vitesse supérieure de l'annoncée mais jamais réalisée « CULTURE en capitales ». Des réunions par groupes de travail sont programmées jusqu'au mois de juin. Nous continuons donc à suivre le dossier de près, de très près ! 


Parallèlement la Ville a encore montré son soutien aux artistes plasticiens locaux en acquérant par commande publique (204 000 €) « La Caravane », sculpture réalisée par... un artiste néerlandais : Joep van Lieshout ! Installée place Saint-Sauveur non par choix mais par obligation légale (le l % culturel), l’œuvre tentera de pallier au grand vide sans vie qu'est aujourd'hui la place rénovée. A Racailles on n'a rien contre Joep (à part son prénom peut-être) mais n'aurait-il pas été plus judicieux de mettre en application ici encore ce slogan de «CULTURE en capitales » et faire réaliser une oeuvre d'art par un artiste local ? On dirait bien que non... 

Retour sur le dossier "Centrifugeuz" :

 

25 avr. 2013

Racailles n°66 (printemps 2013) dispo !!! On the road again...

A Racailles, on sait que tout vient à point à qui sait attendre. Et on a bien raison car on avait tout flairé : Cahuzac, Thatcher, l'envolée lyrique de cette France homophobe, le copier-coller de l'ANI dans la loi,... Donc on ne regrette pas de sortir le numéro deux mois en retard par rapport à notre pseudo-calendrier. Et puis de toute façon on fait ce que l'on veut, nah !


Au sommaire :


12 avr. 2013

Homophobephobe ? *

*qui a la phobie des homophobes

ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)

L'homophobie, symbolique ou réelle, révèle la bestialité de ceux qui la pratiquent.
Ces derniers mois, avec le “débat” (qui en réalité n'existe pas véritablement) sur le mariage homosexuel, le nombre d'agressions visant des personnes homosexuelles s'est accru spectaculairement en France. Ces agressions d'un autre âge sont malheureusement une réalité. Des individus s'attaquent à des inconnu-e-s dans la rue en ayant pour unique prétexte un soupçon d'homosexualité. Quel degré de carence d'empathie humaine peut-on avoir lorsqu'on violente sans vergogne un-e inconnu-e au seul motif de sa sexualité, ce qui n'a strictement aucune implication sur la vie ou la santé de l'agresseur ?


Une fois de plus, il s'agit d'un déficit grave d'humanité (voir le même cas dans l'article sur les anti-roms) car l'agresseur insulte, menace, séquestre, violente et même quelque fois viole ce qui représente dans sa tête le mal absolu, afin de l'humilier pour mieux exorciser sa haine. Il veut donner une leçon aux “malades”, aux “déviant-e-s”, il veut avoir l'occasion de les mépriser, faute de pouvoir les supprimer puisqu'il sait que la loi ne lui permet pas. La loi ne lui permet pas de violenter non plus, mais il sait que s'il agit vite comme l'éclair, sans préméditation réelle, sur un parfait inconnu, et qu'il disparaît aussi vite dans l'obscurité, les forces de l'ordre s'acharneront bien moins à le démasquer que s'il avait commis un homicide...
Il est soulagé !
Il a apaisé sa haine !
Il a extrait sa violence !
Il a vomi sa diatribe homophobe !
Il a fait une victime !
Il a terrorisé la communauté homosexuelle et ses défenseurs !
Il a montré sa rage à défendre ses “valeurs” et pense appuyer son combat de cette manière !
Il a martyrisé, humilié et parfois brisé un individu qui n'avait pour seul défaut... et bien, qui n'avait aucun défaut à priori... Il s'agissait peut-être même d'un individu très charmant, humain et chaleureux, contribuant au bonheur de ses frères, qui sait ?

8 avr. 2013

Destruction du droit du travail « Emploi-Compétitivité »...


...du syndicalisme de lutte au syndicalisme de pute


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)

« Les patrons français gagnent une nouvelle flexibilité du travail »
The Wall Street Journal, 11.01.2013

Qu'elle a bien commencé cette année sociale ! Un mois après son arrivée à la place de François Chérèque, Laurent Berger a enfilé son plus beau costume [orange], a remis de l'encre dans le stylo à signatures (il faut dire qu'il sert beaucoup) et a rejoint le cercle de la traîtrise sociale réuni autour du MEDEF. Et cela n'a pas loupé, avec la CFTC et la CFE-CGC, un accord a été trouvé le 11 janvier dernier « au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi », véritable aval anticipé aux réformes structurelles du marché du travail, identiques à celles imposées par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le FMI dans le Sud de l’Europe. Tout y est : baisse des salaires en cas de menace sur l’emploi, prédominance de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche et sur la loi, facilitation des mobilités forcées et des licenciements. Rarement un accord national interprofessionnel (ANI) aura entériné autant de reculs pour les salariés. Décryptage.


Baisse des salaires et mobilité forcée

L’accord signé par le MEDEF et les trois syndicats minoritaires (38,7 % cumulés aux dernières élections prud’homales) confirme la possibilité, déjà adoptée sous l'ère Sarkozy, d’accords d’entreprise dits de « maintien dans l’emploi » avec une baisse des salaires en cas de « graves difficultés conjoncturelles ». Les salariés qui refuseraient la baisse de leur salaire seraient licenciés pour « motif personnel », exonérant ainsi l’entreprise de toute obligation de reclassement. De même, tout salarié qui refuserait un changement de poste ou une mutation géographique pourra être licencié pour « motif personnel » dès lors que l’entreprise a signé un accord sur la mobilité.


6 avr. 2013

Racailles Radio d'avril en podcast(oipovcon)

Comme chaque moi, les ondes de Radio Bazarnaom étaient squattées par notre verve et nos blagues improbables pour une émission de folie. Inutile de préciser qu'un certain Jérôme Cahu... était la star de nos publicités 100% made in Switzerland.


Au programme :
  • Editos
  • Décryptage de la loi Fioraso
  • Chronique "sports"
  • Billet philo : La société du spectacle
  • Que se passe-t-il à la Ferme Culturelle du Bessin ?
  • Jeu à la con du Pr Rubicon spécial affaires politico-judiciaires
  • Bilan de l'émission
  • et intermèdes en musique avec Adrien, Christophe et Sonia

Pour soutenir la Ferme Culturelle du Bessin : http://www.activism.com/fr_FR/petition/non-a-la-fermeture-de-varembert/42455

1 avr. 2013

Loi Fioraso : un nouveau coup dur pour les universités, les personnels et les étudiant-e-s

ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°66 (printemps 2013)

Racailles étant né lors des premières grèves contre la LRU en 2007, nous ne pouvions pas laisser de côté ce sujet majeur : Pécresse (UMP) ou Fioraso (PS) ont le même cap pour plomber les facs !

Geneviève Fioraso est l’actuelle ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Son parcours laisse on ne peut plus rêveur : dans la région grenobloise, elle était à la fois PDG de Minatec Entreprises (spécialisée dans les nanotechnologies), maire adjointe de Grenoble, membre ou co-présidente de trois sociétés d’économies mixtes publiques-privées liées à « l’innovation technologique » et évidemment à Minatec Entreprises, ou encore membre d’associations loi 1901 dont la plupart sont liées à la facilitation et la coordination des rapports entre secteurs publics et privés. C’est donc une ancienne patronne et une lobbyiste convaincue du rapprochement public-privé qui dirige actuellement ce ministère. Son cabinet ministériel est composé très majoritairement de partisans et artisans de la loi LRU… Vous vous rappelez ?

 

 

« Liberté » et « responsabilité » des universités

La loi LRU, loi qui a rendu « autonomes » financièrement les universités en passant par une diminution considérable de la dotation budgétaire d’État et poussant ces dernières à rechercher d’autres sources de financements, notamment via les entreprises privées ou le mécénat. La loi LRU a également transféré la gestion financière et humaine de la « masse salariale » de l’État aux universités avec en même temps une accentuation des pouvoirs des conseils d’administration et surtout des Président-e-s d’universités, faisant de ces dernier-e-s de vrai-e-s chefs d’entreprises. Cette fameuse loi qui fait qu’actuellement plus d’un quart des universités françaises sont en déficit budgétaire et plus de la moitié en difficultés financières et qu’elles utilisent leurs salarié-e-s comme variable d’ajustement en supprimant des dizaines et des dizaines de postes - 46 postes pour l’université de Caen entre 2013 et 2014 par exemple - provoquant suppressions d’heures de cours, surcharges de TD et dégradation des conditions de travail et d’études. Cette loi qui pousse les universités, les filières, les centres de recherches et les personnels à la compétition la plus totale et incite à des suppressions ou fusions de filières considérées comme insuffisamment rentables pour l’économie capitaliste…