29 sept. 2013

[Vidéosurveillance] Silence ! Ça tourne à Hérouville.



Rodolphe Thomas, le maire d'Hérouville St Clair a vraiment tous les talents : premier magistrat de la ville, garagiste au cœur de lion, grand gourou des festivaliers de Beauregard, batteur devant l’Éternel (certains l'appelleraient le John Bonham normand), et bientôt – tenez vous bien – digne héritier de Lelouch ou Truffaut. Car oui, Môssieur l'Maire a décidé d'installer des caméras dans sa chère cité pour y filmer ses administrés chéris dans une œuvre novatrice et anthropologique. Du moins c'est ce que nous pensions.

© Big Brother Awards

Trente secondes de réflexion et un ou deux coups de fil aux gauchistes locaux plus tard, quelle ne fût pas notre déception. Rien de cinématographique là-dedans, nous n'assisterons jamais aux Parapluies d'Hérouville ou à La Haine 2. Les caméras serviraient uniquement à ce qu'ils appellent de la vidéoprotection autour du Café des Images et rue de Strasbourg. Malgré tout nous sommes contents : nous aurions pu craindre des caméras de surveillance, mais que peut-on reprocher à la protection ? D'empiéter sur la vie privée ? D'être un instrument liberticide à dimension répressive ? D'être une fausse réponse électoraliste et politicarde ? De n'avoir absolument aucune efficacité dans la « lutte contre la délinquance » ? Tout ceci on le sait, on l'a partout vu, on l'écrivait nous-même encore dans Racailles n°65 avec le cas de Lisieux, et pourtant le nombre de caméras ne cesse de croître sur le territoire. Même Rodolphe ne semble pas convaincu par sa propre politique, affirmant dans la presse fécale, euh... locale que « c'est une solution, pas LA solution ». Bah oui mon couillon, on a bien compris que c'est une solution que tu sors du chapeau juste pour rassurer tes électeurs face à leur sentiment d'insécurité alors que tu t'étais engagé en 2008 à ne pas avoir recours aux caméras. C'est comme ça que tu tentes d'agir - ou plutôt de gesticuler - pour masquer l'échec de ta politique, les conséquences du manque de soutien aux associations et à la vie des quartiers les plus défavorisés comme on dit. Car si la délinquance augmente, c'est toujours parce qu'on a laissé tomber ces individus, qu'on les a laissés dans leur merde, sans avenir, ni activités, ni perspectives. Alors achetez plutôt des caméras pour faire des projets vidéo dans les MJC, vous verrez peut-être un véritable effet.

Steve IgmackQueen

26 sept. 2013

Un peu de biologie, beaucoup de technologie...


...La poésie retirée des programmes.


Depuis 10 ans, des industriels de micro-électronique (GIXEL - Groupement des industries électroniques) font pression sur les gouvernements pour doter les établissements scolaires d'appareils de reconnaissance dactyloscopique (empreinte digitale) dans les cantines. Cela ne peut pas être pour autre chose qu'améliorer le service, n'est-ce pas ?! Non, évidemment ! 
Le GIXEL dans son livre bleu de 2004 (mais retiré depuis) clamait fièrement « la sécurité est vécue comme une atteinte aux libertés individuelles. Plusieurs méthodes devront être développées pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées de convivialité et de fonctionnalités attrayantes dès l’école maternelle ». Ficher, contrôler, surveiller n'est sûrement pas l'objectif des directions d'établissements. Elle y voient principalement un moyen de drainer des flux, de gérer de façon précise les quantités de nourriture à préparer et commander. Mais les intendances ne peuvent-elles pas améliorer le service sans le besoin de « biomaîtriser » ? 
L'erreur étant humaine, seule la machine serait infaillible ; à tel point que des élèves peuvent être privés de repas simplement parce qu'ils n'avaient pas pu réserver la veille ou parce que la machine ne les reconnaissait pas. Autrement dit on passe d'un système perfectible - où l'erreur est possible puisque géré par l'Homme - à un système parfait où aucune erreur ne sera tolérée. Dans une école c'est un comble ! C'est donc un système lourd, complexe, peu fiable et inefficace qu'engendre la machine. D'ailleurs, selon Le Parisien du 13/02/2013, les élèves du lycée de Luzarches (Val d'Oise) ont boycotté ce système dès la rentrée. Certains rétorqueront que cela rationalise les coûts puisque les familles en incapacité de payer se verraient refuser l'accès pour leurs enfants. Et puis impossible de prêter sa carte à un copain. Cela peut même faire économiser des postes de Vie scolaire et d'Intendance. Le Ministre du budget ne peut que valider ! C'est surtout une démonstration de ce que devient cette école dite du 21è siècle : non pas un lieu d'émancipation, mais bien de conditionnement « pour (que) les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine »... partout ! Il est vrai que le plus important pour les élèves, c'est d'acquérir de bonnes bases. 

 
Trois établissements du Calvados sont désormais équipés, dont le collège Dunois à Caen. Le collège Diderot à Cherbourg sert de base expérimentale pour la Manche.



HAËF

16 sept. 2013

Héroïsme ordinaire : qu'est-ce que l'héroïsme au 21ème siècle ?



Finies les belles épopées dans un monde branché-filmé-vidéosurveillé où tout le monde est bien à sa place, ne doit pas outrepasser son rôle et sa classe. L'héroïsme est réservé aux pompiers New-Yorkais, à la brigade des mœurs, aux policiers zélés, aux traqueurs de terroristes, aux héros construits par les médias et la société sécuritaire dans laquelle nous vivons.

Fini les héros lyriques et idéalistes, trop romanesques, on les enferme dans des bouquins pour sustenter la soif chimériques des ados et des jeunes pas encore avalés par une société matérialiste et prétendument pragmatique.

Finis les Che Guevara, Louise Michel, Lucie Aubrac ou Jean Jaurès. Les héros idéalistes, on les panthéonise, pour mieux les digérer, on en fait des personnages historiques obsolètes, reliques d'une histoire bien éloignée de nos préoccupations contemporaines.

Mais putain ! On peut bien tenter d'éradiquer l'héroïsme, vouloir le faire disparaître, il resurgira toujours dans des terreaux propices à son expression que sont justement les sociétés en crise identitaire, économique, sécuritaire, sociale...
 

L'héroïsme éclate toujours de façon spectaculaire, il est héroïsme parce qu'il est d'inspiration ultra-vertueuse face à un monde en déliquescence morale et sociale.



Le héros possède une pensée subversive, diamétralement opposée à l'ordre établi, qui peut d'ailleurs être partagée par beaucoup de ses concitoyens. Mais ce qui le distingue de ces derniers, c'est que le héros passe à l'action ! Il met en œuvre ses idéaux à travers les moyens d'agir dont il dispose. Ce qui en fait un héros, c'est d'abord, que la plupart du temps, ses moyens d'action sont extrêmement vertueux ; ensuite et surtout, le héros prend des risques incommensurables forçant respect et admiration. Car bien souvent, ce qui en fait un héros, c'est qu'il est prêt à sacrifier sa vie, sa carrière, sa tranquillité, son anonymat, pour son idéal !

L'héroïsme est alors un sacrifice. En cela, on peut aisément dire que l'héroïsme est stupide et vain : à quoi bon sacrifier sa vie sur l'autel de l'absurdité de nos sociétés ?

C'est vrai bon dieu, à ce que nous savons, nous n'avons qu'une vie, alors pourquoi risquer de la perdre ou la gâcher pour une cause farfelue ?

L'acte héroïque n'a justement RIEN de farfelu, il est plein de sens, parce qu'il donne du sens là ou il n'y en a pas (ou plus !). Il dénonce le cynisme, la barbarie, la tyrannie, l'immoralité en faisant sursauter d'orgueil et d'espoir l'humanité grâce à un chant épique et visionnaire.

L'héroïsme sème le virus de l'espérance. C'est un sacrifice émancipateur. Et, s'il s'agit d'un sacrifice matériel, c'est exactement le contraire au plan moral : c'est une sauvegarde de l'humanité ! L'acte héroïque est forcément vertueux, par définition. L'acte devient héroïque dès lors qu'il défend les valeurs communes au plus grand nombre, la notion d'humanisme !
  
Aujourd'hui, beaucoup d'entre nous ont des intentions héroïques, mais ne passent pas à l'action. 

Nous sommes régulièrement, dans nos vies, notre entourage, confrontés à l'injustice. Nous ressentons cela, nous en souffrons par empathie. Nous nous sentons impuissants, incapables d'agir. Car nous connaissons les conséquences néfastes sur notre vie qu'impliquerait une action souvent illégale. Mais l'illégalité n'est pas l'illégitimité !

13 sept. 2013

Racailles n°67 - "le journal qui s'en Bas (les) Rhin"

Pour cet automne voici une livraison qui vous donnera tout plein de lecture, de réflexion, de gueulantes peut-être, mais aussi une bonne barre de rire (tout du moins on l'espère). 
Mais ce Racailles n°67 est avant tout un clin d’œil, voire un hommage à cette presse de caniveaux qui ne cesse d'insulter et stigmatiser les plus faibles à coups de Unes racoleuses. Tous les clichés reviennent : étrangers, chômeurs, fonctionnaires, roms, intermittents, musulmans, minimas sociaux... De l'Express au Point, en passant par le très à droite Valeurs Actuelles on ne cesse de pointer du doigt de faux responsables d'un malaise, les bouc-émissaires d'une crise. Alors pourquoi, juste une fois ne pas répondre franco, sur leur modèle ?! Toute notre Une est ainsi faite... dans un style et une rage 100% Racailles !



Au sommaire : 

9 sept. 2013

Honeywell : pas d'accord à l'amiante !


« Atchoum, atchoum, atchoum !
- A tes souhaits, à ton boulot, à ton cancer »
proverbe condéen
On vous avait parlé du combat des Honeywell dans Racailles n°65.
Belle preuve que ce n'est pas parce que l'usine a fermé que le combat est terminé. Les gars et les filles d'Honneywell (Condé-sur-Noireau) ne lâchent rien et viennent de se prendre une nouvelle claque. Alors que leur site ait définitivement fermé depuis juin dernier, ils attendaient en cette fin d'été une décision concernant la reconnaissance du temps d'exposition à l'amiante. Jusqu'ici effective pour la période 1960-1996, ils espéraient pouvoir l'étendre jusqu'à la fermeture de l'usine. Mais douche froide fin août : le Premier Sinistre annonce que la reconnaissance n'est étendue que jusqu'à 1999. Trois ans de gagnés au lieu de 17 ! Pour tous c'est une véritable honte, un foutage de gueule sans nom. Ils en veulent aussi à Alain Tourré, leur député, tout content d'avoir décroché le pompon.


Que signifie cette reconnaissance ? Pour chaque année travaillée en contact avec l'amiante, un travailleur gagne, grâce à cette reconnaissance, un trimestre supplémentaire pour la retraite. Les 500 personnes concernées par la mesure espéraient donc enfin voir une petite éclaircie dans la galère du chômage, certains pensant pouvoir accéder à une retraite à taux plein.
Or l'extension n'est finalement que de 3 ans car, durant ces années, les mesures du taux d'exposition à l'amiante n'ont pas été faites. Pour la période 2000-2013 les salariés comptent bien continuer de se battre car, selon eux, l'exposition a toujours été importante même si elle est inférieure à 5 fibres/litre d'air. Selon le Code du Travail et la jurisprudence, le niveau de fibre doit être le plus proche possible de zéro. Il faut donc s'attendre à un combat auprès des tribunaux car pour eux les arguments de l'Etat ne tiennent pas et ne répondent qu'à une logique financière... Nous continuerons de suivre ce combat et de vous en informer.

Pour aller plus loin :
Toute l'actu des ex-Honeywell est sur un blog : http://exhoneywell.blogspot.fr/
Egalement sur à (re)lire : La saint valentin, fête des amianteux (Racailles n°61)

2 sept. 2013

Les visites du changement

Quel été les ami-e-s ! On s'est bien rendu compte que nous habitions une ville socialo vu le défilé de ministres - voire plus - auquel on a assisté ! On pourrait presque croire que notre cher Phiphi Duron serait bien vu de ses amis gouvernants et solfériniens dans l'éventualité d'un remaniement... M'sieur le Président himself est venu en juin ; Michel Sapin qui signe ses beaux Emplois d'Avenir (29 août) au même moment qu'on annonce une réforme des retraites rognant l'avenir de beaucoup d'entre nous ; Christiane Taubira qui fait la ministre des Palais de justice façon agent immobilier (nov 2012 et 1er août accueillie par l'Assemblée générale contre toutes les expulsions et aussi par ces saloperies de Manif pour tous) ; les inconnues George Pau-Langevin (21 août pour la pré-promo des nouveaux rythmes scolaires) et Nicole Bricq pour... on ne sait pas trop quoi. 
On en veut encore ! Histoire de vraiment frapper dedans à la longue. « Chic chic ! Des Romains ! ».