12 oct. 2013

Spectacles d'ici et ailleurs



Porté par des passionnés, le bouche à oreille et les réseaux « sociaux », le spectacle alternatif jouit aujourd'hui d'une grande vitalité. Focus sur une scène underground bouillonnante mais qui sait rester discrète pour [sur]vivre et garder son âme.

Concert Nordik Appart (asso Happy Daymon)

On aurait pu vous parler des 20 ans du Zénith. Certes. Mais on s'en bat littéralement les... enfin vous voyez ! Sauf s'il s'agit de glorifier la pauvreté culturelle, l'inaccessibilité pécuniaire et une gerbante industrialisation du spectacle. Mais bon, payer 80€ pour voir Michel Sardou, c'est aussi ça la France !
Non, il nous semblait un peu plus « Racailles » d'évoquer ces spectacles qu'on peut qualifier d'alternatifs. « Mais de quoi on parle ? » te demandes-tu. Et bien de concerts, pièces de théâtre, lectures, sessions slam, DJ sets, performances artistiques (et ainsi de suite) se déroulant dans des lieux inhabituels, non prévus à cet effet, parfois (souvent ?!) en-dehors d'un cadre légal. Ces pratiques sont très répandues localement et ce n'est pas une particularité caennaise. Partout en France, les gens s'organisent afin de pallier une pénurie de salles, le manque de moyens des lieux existants qui ne s'autorisent pas à prendre des risques, une législation parfois contraignante. Et puis quoi de mieux que de sortir des sentiers battus, hein ? Car pour ces lieux tout est possible : du bar à la plage, de l'appartement à la grotte en passant par des friches industrielles ou des espaces publics un peu paumés (clairières, parkings, tunnels, etc) les seuls impératif étant majoritairement d'avoir accès à un branchement électrique et que les nuisances ne soient pas trop importantes pour les alentours. D'ailleurs ces concerts et autres spectacles dépassent rarement minuit, heure après laquelle la ville s'endort et laisse remarquer chaque son devenu bruit ! Et puis cela préserve la dimension de spectacle à l’événement, à la différence d'une fête. Le lieu est également laissé à l'identique par respect et propreté.

10 oct. 2013

CRS : retours glorieux, accueils glaireux !



Que ce soit à la télé ou dans la presse écrite locale, les voilà encensés depuis quelques semaines : les gardes mobiles normands fiers de leurs exploits dans l'Océan Indien, et plus précisément à Mayotte, cette poussière d'empire. Quel ravissement en lisant notamment l'article de Ouest France (04/08/13) « Argentan.Les gendarmes mobiles sont rentrés de Mayotte »


Ah les revoilà nos héros partis à l'aventure défendre la veuve et l'orphelin. Défendre la veuve et l'orphelin ? Ils ont plutôt pris cher ces deux-là, même si les journalistes restent - volontairement ou par imbécillité journalistique - évasifs sur l'essence et la nature même des missions de ces braves hussards de l'empire. Tout au plus un pudique « maintien de l'ordre » vient préciser quelques occupations dans l'île aux parfums... Mais que cache ce « maintien de l'ordre » ? Rien d'autre que de la stupidité, de la sauvagerie aux accents barbares. 

Ah ça, ces gardes mobiles peuvent bien trouver ça dur de se rendre complices de plus de 26 000 reconduites en 2012 pour un peu plus de 200 000 habitants. C'est vrai que pour arriver à un tel record, il faut rafler tout ce qui bouge : hommes, femmes, enfants, nourrissons... tout est bon pour les expulsions et on fait du chiffre sans même connaître le terrain, sans même se questionner sur le sens de reconduire des frères, des sœurs, des membres d'une même famille pas nés du bon côté du lagon, entre la française Mayotte et la comorienne Anjouan. Ils sont pourtant tous habitants d'un même pays, les Comores, selon l'ONU qui n'a de cesse de condamner la France pour son occupation de son nouveau Département d'Outre-Mer. 


Ah ça, il faut être bien brave pour jeter en taule, dans des conditions dignes de Guantánamo, des femmes, des enfants et des bébés ! Il faut être d'une grande virilité et en avoir là où je pense, hein ? Y a pas à dire ! Imaginez de dangereux criminels comoriens qui parlent la même langue et partagent la même culture que 95% de la population de Mayotte et venus y rejoindre leur famille. Des terroristes que tous ceux-là !