20 déc. 2014

Joyeux Noël

Chronique diffusée dans Racailles Radio le 19 décembre 2014

En ces fêtes de Noël, je vous propose de parler de sujets joyeux et légers, de sujets sucrés, doux-mielleux, et magiques à la fois. C'est pour tout ça qu'aujourd'hui j'ai décidé de vous parler de Sacrifice et de Djihad !

Sacrifice

Ben oui, d'abord, ces dindes par milliers qu'on va sacrifier, ces moutons et ces bœufs, ceux de la crèche de noël qu'on va finir par bouffer jusqu'à plus en pouvoir, jusqu'à s'éclater la panse, comme une offrande au dieu de l'insatiété. Un massacre pour se donner ponctuellement l'impression de vivre dans l'opulence.

Mais, vivre dans l'opulence, ce n'est jamais sans conséquence. Si certains peuvent se le permettre, c'est que d'autres sont en train de crever pour soutenir ça. Bien sûr, je parle aussi des lutins du Père Noël, version romancée et édulcorée des gamins Bangladais et Chinois qui nous fabriquent ces objets qu'on offre chez nous à des enfants du même âge qui pourraient tout à fait s'en passer.

Noël, fête de l'absurdité !
Sacrifice sur l'autel de l'humanité.
Noël fête de la consommation, débauche d'énergie, de production, et d'illusions.
Où acheter des cadeaux devient un véritable calvaire !
Des fois on ne sait même plus quoi s'offrir tellement nous n'avons besoin de rien, au niveau matériel en tout cas.

11 déc. 2014

Coup de gueule d'un cheminot "preneur d'otage" [+audio]

Chronique diffusée dans Racailles Radio le 21 novembre 2014

Alors je vais me présenter. Je suis ce que l’on appelle un preneur d’otage, membre de l’organisation terroriste Sud Rail. Enfin en disant cela je ne fais que répéter ce qui est dit en général dans nos grands médias généralistes pas du tout orienté (sic).
Et pourtant l'autre jour, j’ai pensé naïvement qu'un documentaire diffusé sur France5, une chaîne publique (donc payée par la redevance) aurait été beaucoup plus honnête et constructif que ce qu'il m'a été donné de voir. Malheureusement, après la diffusion, j'ai plutôt pensé à un reportage made in TF1 ! Il a certainement été commandé par nos politiques de tout bord, adeptes à faire de la privatisation et de la concurrence pour goinfrer leurs potes déjà millionnaires voire milliardaires...


Pourquoi n'ont-ils pas clairement dit que c'est la séparation de la SNCF et de RFF (Réseaux Ferré de France) qui a foutu le bordel dans notre boite ? Pourquoi n'ont-ils pas expliqué aux téléspectateurs que la séparation par activités (Fret, SNCF Voyages, SNCF TER, Gares et Connexions, etc) rend la communication entre elles très difficile ? Ou encore que cela entraîne justement des problèmes de gros sous entre elles ? Nombreux problèmes dénoncés depuis des lustres par les cheminots de la base et par nos organisations syndicales (ouh, « syndicat » ! j'ai dit un gros mot !).

Les Régions râlent, envisagent de se tourner vers la concurrence ? Grand bien leur fasse... Mais le problème restera le même : les salariés (qui habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail - en région parisienne comme en province - à cause des logements de plus en plus chers) connaîtront autant de problèmes chez un concurrent que chez la SNCF. C'est l'investissement dans le rail qui manque ! Les concurrents tels que Transdev ou Véolia utiliseront les mêmes voies, les mêmes appareils de voie, la même signalisation, les mêmes quais, parfois les mêmes trains TER (financés et détenus par les Régions). Alors ma question est : pourquoi seule la SNCF aurait-elle des trains sous lesquels les suicidaires se jettent ? Pourquoi seule la SNCF ferait-elle circuler des trains sur des lignes où il y a un problème de signalisation sur la voie ? Pourquoi seule la SNCF aurait-elle des trains qui tombent en panne ? Pourquoi seule la SNCF percuterait-elle des voitures qui ne respectent pas les feux des passages à niveau ou encore un sanglier ?! Pourquoi seule la SNCF aurait-elle du personnel insulté et agressé dans les trains ? Véolia ou tout autre concurrent auront les mêmes problèmes que la SNCF.
Pourtant les usagers du TER ou des Intercités attendent une révolution de la part de la concurrence. Ils ne vont pas être déçus... Ces sociétés ne feront pas baisser les prix : il faut qu'ils fassent du profit ! Qui plus est, elles ne feront que détruire des emplois, précariser un peu plus les travailleurs des secteurs du transport. Mais c'est vrai qu'il n'y a pas de problèmes d'emploi en France ! D'ailleurs, les Régions se rendent-elles compte qu'en prenant une société concurrente, elles mettront en danger des centaines voire des milliers d'emplois ?

29 nov. 2014

Au-delà des injures, les faits

Mercredi 26 novembre 2014 nous avons reçu des menaces de poursuites judiciaires. Il nous est reproché d’avoir tenu des propos injurieux et fallacieux à l’encontre d’une personne dans un de nos articles. Il s’agit d’une enquête sur le mal-logement datée de juillet 2013 (Loger "toute la misère du monde" ?! La scandaleuse gestion de l'hébergement d'urgence dans le Calvados). La personne incriminée s’est sentie injuriée. Elle a raison. Oui, Monsieur L. a été injurié. Nous sommes heureux qu’il le réalise.

Notre rédacteur est-il coupable de cette injure ? Non.

Ce qui est décrit dans cet article n’est rien de plus qu’une réalité difficilement acceptable, même pour ce Monsieur L., à savoir ce que l'on nomme communément des "marchands de sommeil". On a parlé d’un type, Monsieur L (ou plutôt de sa société qui porte son nom et son prénom), qui agit de façon dégueulasse en spéculant sur la misère humaine, main dans la main avec les pouvoirs publics. On comprend qu’il trouve difficile de supporter qu’on expose ainsi ses activités peu avouables et honteuses quand on se prétend honnête-homme. Il est toujours désagréable pour l’égo de se voir ainsi mettre la tête dans son caca ! C’est ce que notre rédacteur a fait. Bravo à lui. L’a-t-il injurié ? Non. C’est Monsieur L. lui-même qui, par ses actes, s’injurie.

Tout ce qui a été dit dans cet article est assumé, vérifié et avéré. Hélas. Ce qui est certain également, c’est qu’en ne modifiant pas cet article (c’est-à-dire en ne retirant pas le nom de Monsieur L.) on risquait le procès. Pourquoi ? Parce qu’humilier ainsi un homme, l’injurier, est condamnable. En revanche aucune poursuite possible contre un individu qui injurie l’humanité. En France on ne peut poursuivre quelqu’un qui profite de la misère, spécule sur des vies humaines, touche sa rente en hébergeant, mal, des gens à la rue. Étrangers ou non. Aujourd’hui en France, on peut cependant poursuivre ceux qui dénoncent ces pratiques, ceux qui défendent la dignité humaine. Doivent-ils pour cela attaquer la dignité d’un homme qui a laissé de côté son humanité.

[Texte de A.G. au nom de l'ensemble de l'équipe de Racailles]

29 oct. 2014

Rémi Fraisse est mort ! Mort, assassiné...


...Assassiné par la répression féroce qui sévit en France dans les luttes environnementales. On risque la mort en s'opposant à la construction d'un barrage, on risque de perdre un œil, de perdre l'usage de sa main en s'opposant à l'implantation d'un aéroport, à l'installation d'une ligne à très haute tension, en s'opposant au passage d'un convoi nucléaire. On risque la prison ferme, pour ces mêmes raisons, mais aussi en s'opposant à l'installation d'une démentielle ferme-usine (ferme des 1000 vaches près d'Amiens) réduisant l'animal à une simple matière première et l'être humain à un décérébré consommateur de junk food !

Rémi Fraisse

Les forces de l'ordre possèdent un arsenal meurtrier dont il faut exiger l'interdiction définitive et immédiate. C'est la moindre des choses. Que la mort de Rémi Fraisse ne soit pas vaine et inutile, et surtout que les circonstances de sa mort ne puissent plus se reproduire à l'avenir.
Les grenades à fragmentation, grenade de désencerclement, flash-balls et tout autre projectile balistique doivent être prohibés ! Car le simple fait de leur projection sur une zone fragile du corps, ou de leur éclatement au milieu d'un groupe de personnes peuvent créer des dommages considérables et dramatiques. À Nantes le 22 février dernier, lors d'une manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, deux hommes ont perdu un œil lors des affrontements avec la police à cause de l'utilisation de ces armes.

Lors des luttes contre les lignes à très haute tension (THT) dans le Sud Manche, de nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de grenades de désencerclement, les fragments métalliques peuvent s'enfoncer profondément sous la peau. Il suffit que l'un de ces éclats ouvre une veine irrigante ou pénètre un endroit fragile du corps pour que les conséquences soient tragiques. Lors des manifestations de Montabot, à l'observation des blessures, les médecins croyaient qu'il s'agissait de blessures par balle (comme nous le décrions dans notre article ICI). De nombreux autres exemples tragiques du même acabit sont à déplorer dans les manifestations de ces dernières années. Il est plus que temps d'exiger l'interdiction de ces armes de guerre !

Dans quelles circonstances Rémi a-t-il été assassiné ?

Le très jeune Rémi Fraisse, 21 ans, a été assassiné au cours d'une manifestation. Oui, on meurt de contestation politique dans la France de 2014.
Il n'avait aucun souci de santé en particulier. Il s'est juste retrouvé la cible d'un tir tendu de la gendarmerie mobile en sa direction, puis s'est effondré, abattu par le projectile. C'est la seule réalité. Un homme est mort, assassiné par les forces de l'ordre. Il n'y a pas d'autre lecture à avoir que l'évidence dramatique qui s'est produite et sur laquelle on ne peut revenir.

18 oct. 2014

"Être de gauche" - Mots doux aux adhérents du Parti Socialiste

"Être de gauche" a un sens qui n'aurait pas dû changer. Si vous êtes persuadés du contraire, s'il vous plaît, dites vous de droite, ça nous rendrait service.
Vous avez eu l’occasion de prouver qu'un autre modèle social était probable, qu'une autre solution que l'austérité, le nucléaire et la fellation patronale était possible. Seulement vous n'avez rien fait. Pire. Vous avez dégradé nos conditions de vie.

Une fois vos leaders applaudis par les patrons, vous osez encore prétendre au titre de "socialistes" ? Mon dieu... Réfléchir vous fait-il si peur ? 

Vous êtes coupables de laisser une expression politique se transformer en son contraire, coupables de trahison idéologique en accentuant la misère et entraînant une décrédibilisation d'un idéal social. Vous avez fait fort !
Et encore, si les citoyens de ce pays avaient le temps de réfléchir..! Et bien non. La plupart se réfugieront dans l’extrême droite à défaut de chercher une vraie réponse politique, de gauche... C'est simple, vous avezune fois de plus mâché le travail au Front National.

5 oct. 2014

Caen remplace les éducateurs par des flics et des caméras

Ça y est, on commence à découvrir les premières actions de la nouvelle municipalité de Joël Bruneau. Parkings et tout-voiture par-ci, poujadisme par-là, la droite plurielle est fidèle à elle-même en agissant dans l’électoralisme et l'affichage. Parmi ses projets, il y a ceux de notre chouchou, l'écervelé parmi les décérébrés, l'adjoint à la sécurité et la police municipale... Philippe Lailler. Avec lui, la municipalité vise la mise en place d'une vaste politique d'injustice sociale et de serrage de vis sécuritaire en pulvérisant tous les dispositifs éducatifs et en les remplaçant par un réseau de... caméras de surveillance. C'est bien connu, on met souvent les armes dans les mains des plus mentalement déficients. Et bien à Caen la règle s'applique vu qu'on a donné la police municipale et la sécurité comme os à ronger au roquet Lailler.


Gros travail de SAP dans les quartiers

Tout travailleur social vous le dira : leur boulot répond la plupart du temps à des obligations de moyens mais pas de résultats. Et on peut le comprendre. Mais pour un politicard inquiet de répondre à son électorat, qu'y a-t-il de plus agaçant qu'une politique non quantifiable en terme de rentabilité ?!

Premier dispositif visé par la municipalité Caennaise : le Service d'Action Préventive (SAP) assuré par l'ACSEA (Association Calvadosienne pour la Sauvegarde de l'Enfant à l'Adulte) pour le compte des pouvoirs publics, à savoir le Conseil Général et la Ville de Caen. Il vise à mettre en place des actions éducatives dans les quartiers dits populaires à destination des jeunes de 13 à 25 ans en situation d'exclusion ou de marginalisation (travail de rue par des éducateurs, chantiers éducatifs, séjours, etc). Un travail de fond en somme dans lequel s'inscrivent actuellement une centaine de jeunes du quartier de la Grâce de Dieu. Mais un travail incompréhensible pour des élus qui ne perçoivent pas qu'il relève des affaires éducatives, le plaçant hier dans le cadre de la politique de la ville, et désormais dans... la sécurité publique ! Cela en dit long...

3 juil. 2014

Avec le Festival Strabisme, y a de quoi faire loucher votre plus beau regard !

En ce début juillet, on aurait pu vous reparler du festival Beauregard, sa grosse machinerie, son instrumentalisation politicienne par le Maire d'Hérouville St Clair (14) Rodolphe Thomas, son statut de festival porté par une boîte privée... Mais ça on en a déjà parlé (voir ICI) et ça avait fait polémique au sein même de notre rédac. On aurait pu aussi opposer Beauregard #6 et Strabisme #2 (deux festivals se déroulant simultanément dans l'agglo de Caen) dans un combat pouvant paraître inégal, sorte de David contre Goliath musical. Mais ce n'est pas du tout un combat. Plutôt un côté pile et un côté face de la culture, deux visions très (très) différentes d'appréhender le riche et varié monde des festivals. Car comme le disent les organisateurs du Festival Strabisme : « l’occasion [est] trop belle de lorgner vers la différence, vers quelque chose d’alternatif , d’ouvrir les yeux sur d’autres choses, un regard qui ne serait ni beau ni moche mais différent, bizarre, décalé, un regard rageur et envoûtant, un regard de biais sur la musique, un… strasbisme quoi ! ». Alors, comme on préfère toujours les petits, que ce sont les copains et qu'on ne parle pas beaucoup d'eux, c'est uniquement de ce Festival Strabisme dont on va parler, et ça en vaut la peine, faites nous confiance !

Affiche de Strabisme #2 - 2014

Comment qu'c'est né ?

Strabisme est un festival né presque par hasard en 2013. Il s'agissait de recevoir le groupe Mouth Of The Architect dans des conditions dignes de sa venue et de son exclusivité (unique date en France). L'idée d'inviter d'autres groupes est alors apparue. Puis l'ambition de deux soirs de concerts et sur deux scènes s'imposa afin de pouvoir caser tout le monde dans la programmation. C'était parti ! La première édition se déroula ainsi au Bistrot des Halles (sur la presqu'île de Caen) et c'est de nouveau là-bas qu'a lieu cette édition 2014 dont l'ensemble du programme est présent sur leur site et l'événement Facebook.

Du total Do It Yourself (DIY)

Pour faire simple, le Festival Strabisme fonctionne comme les concerts DIY que nous vous avions décrits dans une précédent article (à lire ICI). Les groupes tournent et sont programmés grâce à un vaste réseau basé sur une sorte de circuit-court culturel où échange et bouche à oreille sont les maître-mots, auxquels s'ajoutent une curiosité et une passion musicale bouillonnantes ! De nombreux artistes parviennent ainsi - grâce à ce type d'événement - à jouer partout en France et en Europe et tentent de vivre de leurs prestations.

Côté tunes c'est l'autofinancement qui est de mise pour un budget de seulement 2000€ environ. La recette sert à se rembourser de l'ensemble des frais avancés (matériel, sono, déco, communication, cantine et bouffe, buvette des artistes) et payer les groupes, prioritairement ceux qui viennent de loin. Le public est très sensible à ce fonctionnement qui, au-delà de la programmation, contribue au succès de ce type d'événement. Selon Agathe, l'une des organisatrices bénévoles

14 juin 2014

Mais au fait, pourquoi ils font grève les cheminots de la SNCF ? [VIDÉO]

Depuis plusieurs jours, les cheminots et agents des différents corps de métiers de la SNCF se sont mis en grève pour tenter d'imposer un autre "paquet ferroviaire" que celui proposé dans les prochains jours au Parlement par le Gouvernement.

Nous nous sommes ainsi rendus à l'Assemblée Générale des personnels en lutte au dépôt de Caen le 12 juin dernier, nous avons suivi leur manifestation (nos photos à voir ICI) et nous avons rencontré Antoine Pendu de SUD Rail et David Cardin de la CGT Cheminots qui nous ont expliqué les pourquoi et comment de cette grève que nous soutenons ! Et oui, à Racailles on s'intéresse au fond plutôt que de parler de "clients pris en otages" pour évoquer des usagers qui n'y comprennent parfois pas grand chose compte tenu du matraquage dépolitisé et hostile du conflit social des médias dominants.


3 juin 2014

Le 70ème anniversaire du Débarquement célèbre la dictature... des marchés financiers !


« La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force ». 
George ORWELL, 1984


On n'aurait jamais pensé que le 70ème anniversaire du Débarquement et de la Libération nous balancerait cette phrase en pleine tronche. Alors qu'au travers d'une immense opération militaire on célèbre la paix, la lutte contre le fascisme, la solidarité, les bases de la construction de l'État social, deux forums se déroulant à Caen détournent, déforment et travestissent ces messages et ces valeurs afin de glorifier l'ultra-libéralisme mortifère, les carences de nos démocraties soumises à la dictature des marchés, avec en arrière-plan le fameux Traité de libre-échange transatlantique (alias TTIP/TAFTA). Se déroulent ainsi début juin :

  • le « Forum International de Caen » du Parlement Européen des Jeunes (PEJ) du 29/05 au 08/06 avec comme principaux partenaires les groupes AXA et Vivendi ;
  • et surtout le « Forum de la Liberté et de la Solidarité » co-organisé du 04 au 06/06 par l'AmCham – Chambres de commerce américaine en France et auprès de l'Union Européenne – et le Mémorial de Caen. Un événement rassemblant des dizaines de PDG de multinationales, des responsables politiques, économiques et militaires (OTAN). Invitons-nous y de force !


Le Mémorial en Disneyland pour PDG

« Forum de la Liberté et de la Solidarité ». Avouons qu'il y a de quoi rire. Vous aurez deviné qu'il s'agit avant tout de la liberté d'entreprendre et de la solidarité entre multinationales, rien d'autre ! Une grand-messe du libéralisme et du libre-échange dans la plus cruelle des mondialisations. Et d'emblée le ton est donné : « réfléchir à l’héritage d’Overlord et du plan Marshall pour le renforcement des relations transatlantiques autour des nouveaux enjeux économiques et sociaux du XXIème siècle  ». Voilà le but de ce forum : souiller la mémoire collective et l'utiliser comme slogan publicitaire afin de déballer et propagander le dogme libéral ! Et pour cela on se bouscule au portillon du Mémorial de Caen, étonnamment fier d'organiser un tel événement. La liste des participants et des partenaires est visible sur le site internet du Forum. 

On y trouve donc les AmCham française et européenne, présidées par des dirigeants de General Electrics (vous savez, ceux qui veulent racheter Alstom), Total, Carrefour, Publicis, Airbus, Safran, BNP Paribas, FEDEX, Citigroup, Sanofi, Mars Inc, Crédit Agricole, Carlson wagons-lits, Coca Cola, Korn Ferry, GDF-Suez, Vivendi, etc. Mais aussi des ministres Français ou Américains, le directeur général finances de la Banque Mondiale, le Général Commandant Suprême Allié Transformation au sein de l’OTAN, ou l’Amiral Commandant des Opérations Spéciales de l'US Navy. D’autres sont moins connus du grand public (détaillées dans cet article de la Fase-BN). De quoi démontrer à tous les débiles croyant à un soit-disant Nouvel Ordre Mondial qu'il n'y a pas à chercher on ne sait quelle force complotiste obscure : tout est là ! 

Ce ne sont pas les 2 ou 3 historiens convoqués pour faire sérieux, l’ex-présidente de l’Eire invitée pour faire écolo avec la Fondation Mary Robinson Climate Justice ou encore les Prix Nobel Amartya Sen (économie) ou Elie Wiesel (paix) qui vont changer l’orientation générale de ce colloque : tous sont là pour servir de caution.

Le Plan Marshall plutôt que Les Jours Heureux

Le programme du forum réserve bien des surprises. Ainsi apprend-on que l'opération Overlord a « contribué à la construction (...) politique, économique et philosophique (…) du monde contemporain ». Est ainsi niée la prédominance du Conseil National de la Résistance (CNR), dont le programme fut appliqué dès la sortie de la guerre avec les formidables avancées sociales (Sécurité Sociale, retraites, comités d'entreprises, encadrement des conditions de travail, droit syndical, statut de la fonction publique, nationalisation des secteurs stratégiques, etc).

Mais à quoi sert cela 70 ans plus tard ? L'argument d'un prétendu archaïsme est d'ailleurs de plus en plus courant en même temps que le détricottage se fait, comme en rêvait Denis Kessler (ancien dirigeant du MEDEF) qui écrivait en 2007 dans la revue Challenge : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (...) Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. (…) La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là . Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du [CNR] ! » (article repris ici).

4 mai 2014

Appel à manifester contre la venue de Marine Le Pen à Caen


Contre le FN, manifestons ! 

Mercredi 7 mai à 16h sur l'esplanade du Mémorial



Mercredi prochain, Marine Le Pen visitera le Mémorial pour la Paix dans le cadre de sa campagne aux élections européennes (tête de liste FN pour la circonscription Nord-Ouest). Cette venue à Caen marque la volonté du FN de profiter des prochaines échéances électorales pour s’implanter durablement en Normandie. Face à ces manœuvres politiciennes et la poursuite de la « dédiabolisation » facilitée par une sur-représentation médiatique, il est urgent de continuer à dénoncer ce parti d'extrême-droite et déconstruire son argumentaire.




Le FN c'est toujours l'extrême-droite !


Depuis l'arrivée de la fille Le Pen, le Front National a changé d'image mais pas de fond. Dans un but uniquement électoraliste, il est passé d'un programme très conservateur mélangeant néo-fascisme et ultra-libéralisme à une sorte d'extrême-droite au maquillage mondain, travestissant une partie du programme de la gauche anti-capitaliste dans une visée populiste et raciste, opposant les classes populaires les unes aux autres par des discours de haine, stigmatisant sans-cesse les immigré-e-s tout en épargnant les véritables fauteurs de misère que sont les plus aisés et les possédants. Le FN reste également opposé à de nombreuses libertés, au droit de grève, promeut la « préférence nationale », la casse du Code du travail, affiche une hostilité radicale envers les associations citoyennes et les syndicats... Preuve en est : dans la quinzaine de villes prises par l'extrême-droite lors des dernières élections municipales, partout les premières mesures ont été marquées par leur caractère liberticide.



Une montée aux multiples responsabilités.


Comme toujours, la situation économique et sociale est la première explication à la montée du FN. Le populisme et ses penchants racistes sont, la plupart du temps, le fruit pourri résultant de la déliquescence d'une économie et du flétrissement des bonnes relations sociales. Il apparaît toujours lorsque la prospérité et la sérénité d'une société viennent à disparaître : lors de crises politiques, institutionnelles, où le pouvoir est remis en question, où le chômage progresse et où l'injustice est flagrante. C'est donc un marqueur de la mauvaise santé et du mal-être de la société dans laquelle il progresse. On ne trouve pas de réponses dans ses discours, mais des mensonges et des arguments tronquant la réalité, laissant croire que le repli sur soi, toujours contredit par l'Histoire, resterait la réponse à tous les maux.

Le FN profite également des politiques menées par les partis réformistes au pouvoir (notamment sur les plans économique et migratoire) et les difficultés d'une partie de la gauche radicale à affirmer une alternative audible et une opposition concrète au FN, restant trop souvent dans la négation simpliste des arguments de ce dernier.

16 avr. 2014

Restructuration folle à l'hôpital psy – EPSM Bon Sauveur [+AUDIO]


 Mise à jour vendredi 25 avril 2014

Depuis des années on dénonce l'état global de l'hôpital public en France, où l'État et les Agences Régionales de Santé (ARS) mettent leurs établissements volontairement en déficit par des gestions plus que calamiteuses et des sous-dotations systématiques afin de restructurer et y faire entrer plus de management, de rentabilité, et surtout de privé par des partenariats mortifères. C'est pas qu'à Racailles on soit particulièrement en mauvaise santé, mais les services publics on y tient sûrement autant qu'aux bonnes bouteilles (qui un jour nous causeront des soucis de santé) !


Et bien c'est au tour de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de Caen, c'est à dire l'hosto psy du Bon Sauveur d'être victime de ces ravages. Tout commence en juin 2013 quand le directeur, Jean-Yves Blandel, annonce dans les colonnes de Ouest-France que l'établissement est en déficit et qu'il compte mettre en œuvre un projet de restructuration, devenu aujourd'hui « plan de modernisation ». Quand on dit plan de modernisation vous vous doutez bien qu'il s'agit... de dilapidation, avec des suppressions de postes ! Enfin non, des suppressions de 5 RTT, soit la suppression mécanique de 20 postes. Cette annonce fut faite par un directeur tout puissant (grâce aux réformes managériales des dernières années lui donnant les plein-pouvoirs) n'ayant même pas pris le soin d'en référer aux instances statutaires, ni même aux syndicats et personnels.

Selon Christian Lécuyer de SUD santé-sociaux, « on a là une situation très particulière : jusqu'ici les finances de l'établissement étaient saines. On avait déjà eu quelques craintes en 2012 face à un petit déficit ; mais pour 2013, comme la dotation de l'État fut moins importante, on s'est retrouvé avec un déficit d'environ 1,7M € (sur un budget global de 65M €). Selon lui, il y a une véritable contradiction entre la catastrophe que nous vivons ici, que ce soit pour la population comme pour le personnel (avec une offre de soins réduite et des conditions de travail dégradées) et en même temps une demande en soins psychiatriques qui ne cesse d'augmenter ».

2 avr. 2014

Chez GDE, des syndicats soutiennent les patrons voyous

Alors que le site d'enfouissement de déchets de l'entreprise Guy Dauphin Environnement (GDE) à Nonant-le-Pin (Orne) est bloqué depuis son ouverture le 24 octobre dernier par un collectif de riverains forts d'une énorme dynamique de résistance locale, des salariés du site GDE de Rocquancourt (Calvados) manifestaient devant le Conseil Régional ce 02 avril afin de faire pression et faire débloquer le site ornais. Une action orchestrée par les patrons, à contre-courant de la raison ouvrière. Prenant notre courage à deux mains, nous sommes allés nous confronter à ces grévistes d'un genre très particulier.

Manifestation par la CFDT / CFE-CGC

Un syndicalisme à recycler

Au début on ne savait pas à quoi s'attendre. Notre pote Beubeu nous a juste envoyé un SMS nous disant « manif de GDE au CRBN, ils bloquent et n'ont pas l'air commodes avec leur gros camion ». Alors vous savez, à Racailles dès qu'on entend le mot manif on a tout de suite l'oreille en pointe et la queue qui frétille. A force de nous dire « chaud – chaud – chaud, le printemps sera chaud », nous on bouillonne grave ! Donc ni une ni deux, même pas le café avalé que nous voilà Bd Clemenceau à l'entrée du Conseil Régional de Basse Normandie (entrée du parc d'Ornano) avec des chasubles jaunes et oranges, des drapeaux syndicaux, les flics... Tout est en place, montons sur la barricade !
Sauf qu'on déchante vite-fait : les drapeaux sont ceux de la CFDT et de la CFE-CGC – et quand les cadres sont en force c'est qu'il y a un 'blème – et en guise de barricade il y a bien un gros camion vert floqué « G.D.E. » qui bloque l'entrée. Téméraires, nous sautons dans la foule carnet à la main et fleur au fusil. Qui interroger sans faire de délit de sale gueule ?! Allez au pif on s'avance vers un petit groupe.

1 avr. 2014

Communiqué du collectif Racailles : « On raccroche les crampons »

Né sous Sarkozy (novembre 2007), Racailles en a connu des combats, de la fac aux retraites en passant par les piquets de grève de nombreuses taules à coups d'interviews et de sandwichs saucisse-bière CGT à 1,5€. Mais là c'en est trop. Trop de boulot, trop à reconquérir, trop de « pédagogie », trop de libéralisme, trop de grands médias, trop de droites face à nous. Alors Racailles tire les leçons de nos échecs en se retirant de la vie médiatique : c'est l'auto-dissolution. Pschitt ! Nous avons décidé de décéder et d'assumer un renoncement digne d'une politique sociale dans un gouvernement PS.
 
[n'apportez ni fleurs, ni couronnes]

Nous avons pourtant tenté de créer et faire vivre nos utopies par un outil militant, ouvert, participatif, irrévérencieux, indépendant et horizontal ayant pour but de relayer les luttes (qu'elles soient locales ou plus vastes), de questionner nos pratiques, de contrer les discours dominants, de proposer des alternatives. Nous avons pris la rue avec nos journaux sous le bras et nos langues hors de nos poches, nous avons chialé dans les nuages de lacrymo, rigolé (parfois seuls) de nos propres blagues, bloqué des lieux pour débloquer des esprits, pourri vos manifs et vidé vos bourses à coups de « deeeeeeemandez Racaaaaailles ! ».

27 mars 2014

Reconquista ! Monter au front contre le Front National.

Le racisme, la plupart du temps, est le fruit pourri résultant de la déliquescence d'une économie et du flétrissement des bonnes relations sociales. Il apparaît toujours lorsque la prospérité et la sérénité d'une société donnée viennent à disparaître : lors de crises politiques, institutionnelles, où le pouvoir est remis en question, où le chômage progresse, et où l'injustice est flagrante ! 
Il est donc un marqueur de la mauvaise santé et du mal-être de la société dans laquelle il progresse.

Citron pourri sur un fond blanc ©Aptyp Kok

Le racisme instillé dans la société, c'est l'exploitation vicieuse de la misère et de la détresse des gens afin d'ériger un système racialiste distinguant les êtres humains entre eux. 
Le racisme est une manipulation honteuse de la population où l'on fait croire à l'opinion que l'origine de son malheur et de son mal-être est à chercher chez l'étranger, chez l'Autre. On prête à ce dernier les plus mauvaises intentions : voler le travail du natif, bouleverser la culture du pays ou territoire l'accueillant en arrivant avec sa propre culture, ses propres valeurs, ses propres traditions et sa langue, comme s'il voulait imposer ses mœurs au pays dans lequel il a choisi de vivre.

L'étranger - Agim Sulaj
La misère, de façon très logique, suscite la jalousie et l'exaspération. Vous, moi, nous tous nous situons toujours par rapport à notre entourage, qu'il s'agisse de nos revenus, de nos droits et de nos possibilités. La jalousie et la frustration ne sont donc que des expressions légitimes de la volonté d'égalité et de justice qui nous habitent tous !

Il est légitime, lorsque l'on trime, qu'on a peu de revenus, qu'on ait du mal à mettre du beurre dans les épinards, qu'on compte tout ce qu'on dépense, que l'on ne trouve pas de travail, pas de logements, qu'on ne puisse aller chez le dentiste ou chez l'opticien… Il est légitime de crier à l'injustice !
A contrario, ceux qui sont au sommet de l'échelle sociale, fiers de leur prestige et de leurs revenus - car au-dessus des autres - souhaitent à tout prix y rester pour satisfaire leur ego et croire en leur réussite (ceux-là ne défendront jamais réellement les droits de leurs inférieurs).
Mais étant avant toutes choses des animaux sociaux, même si beaucoup peinent à l'accepter, nous recherchons et rechercherons toujours l'harmonie et l'harmonisation de nos conditions d'existence.

24 mars 2014

Top 10 des attitudes qui prouvent que vous êtes de droite

Il est aujourd’hui difficile de trouver son bord politique, la gauche, la droite, le centre… Mais si vous hésitez uniquement entre mettre un portrait de Nicolas Sarkozy ou de Michel Sardou au-dessus de votre lit, c'est qu'il y a peut-être un signe avant-coureur.
Indécis de toujours qui se cherchent encore et encore, ce top complètement débile, inutile et garanti sans cliché est fait pour vous !

1- « Je ne suis pas raciste, ma meilleure amie est plus noire qu'une Arabe » 

Certes, que vous vous appeliez Nadine ou Jean-Marie, avouez que ce n’est pas vraiment une amie mais votre bonne à tout faire. A votre décharge, confier ses sous-vêtements à une personne "issue des minorités" comme vous dites, c’est un gage d'ouverture d'esprit et de cœur !

22 mars 2014

La Commune plutôt que les élections municipales !


Avec Racailles, on vous propose d'appréhender les élections municipales d'une autre manière que celle qui nous a été proposée (imposée ?) ces dernières semaines, avec une touche de fantaisie, beaucoup d'utopie - parce que c'est l'utopie qui fait avancer le monde - et enfin avec de l'imagination. L'imagination contre l'ordre établi.

Lorsqu'on parle élections municipales, on parle vie locale, choses concrètes, on voit le changement quasi immédiat dans notre quotidien lorsque des mesures sont adoptées. 


On connaît les élus, on les côtoie plus facilement, on peut leur serrer la pogne, avec douceur si l'on est satisfait ou leur écraser les phalanges si l'on est amer.

Les élus locaux sont nos voisins, on peut facilement avoir à faire à eux. On peut aisément leur demander des comptes, remettre publiquement en question leur politique, les déstabiliser... Ces politiques là ne sont pas planqués dans des cénacles éloignés au sein de leur caste politicienne et à la merci des lobbies de tout poil (comme ceux qui ont leurs locaux au sein même du Parlement Européen de Bruxelles par exemple, et qui infléchissent les décisions européennes au détriment de la démocratie).
Bref, les municipales sont des élections ou l'on sent que notre voix pèse, que notre bulletin de vote peut avoir son importance.

C'est bien sûr une question d'échelle, mais la démocratie authentique ne dépend-elle pas justement d'une petite échelle ?

Les inventeurs de la démocratie que sont les Grecs anciens ne l'ont d'ailleurs pas imaginée sur la base d'un vaste territoire, tel que l'empire Perse par exemple, géré par un souverain autocrate, mais bien à l'échelle de petites cités autonomes où les assemblées peuvent rassembler l'ensemble des citoyens.
Car l'authentique démocratie sous-entend la participation de tout le monde à la prise de décision, le minimum de délégation du pouvoir à qui que ce soit, et lorsque cela se fait, sous mandat impératif, et révocable s'il n'est pas respecté. Tout cela afin d'éviter la professionnalisation des politiciens et l'apparition d'une caste politique défendant ses propres intérêts avant ceux de ses administrés. L'authentique démocratie doit être maximaliste, c'est à dire que le dèmos (le peuple) doit être en mesure de choisir et prendre lui-même les décisions pour tout ce qui le concerne, et non pas être minimaliste, c'est à dire qu'elle ne délègue pas la prise de décision à des élus politiciens en leur donnant mandat libre pendant une période donnée (comme par exemple élire un Président de la République sur un programme pour la durée d'un quinquennat et réaliser au bout d'un an qu'il ne respecte pas ses engagements et son programme, qu'il va souvent à l'opposé de la volonté du peuple...).
Il est quasiment impossible d'imaginer une authentique démocratie à l'échelle d'un trop vaste territoire. Plus les décisions sont prises loin de nous et moins nous avons d'impact sur celles-ci. Nous nous sentons désemparés face aux prises de décisions de la Commission Européenne par exemple, obscure chambre antidémocratique choisissant quels types de pêche nous devons adopter, quelles subventions agricoles, dans quels types d'habitat nous devons vivre, souvent au mépris de traditions locales, et souvent même, au mépris du bon sens.

20 mars 2014

Le monde selon Sonia de la Provôté

La campagne de caniveau de la droite "centriste" lors des municipales 2014 restera un exemple local en la matière grâce à la hargne politicienne de Sonia de la Provôté et à la bêtise démago-décérébro-compulsive de son 1er soldat Philippe Lailler.
Comme en 2013 avec Philippe Duron, nous avons donc choisi d'exposer en infographie les multiples engagements de ladite Sonia, entre Mairie de Caen, agglo de Caen la Mer, Conseil Général du Calvados et ses partis politiques. Oui on continue à assumer la part de notre propre démagogie, mais ça nous fait marrer de leur renvoyer ça dans la tronche !!!

Les multiples mandats, fonctions et engagements de Sonia de la Provôté.

19 mars 2014

Municipales à Caen #3 - Ces fachos qui font le FN à Caen.


Les élections municipales sont faites pour élire un maire, mais tout d'abord des conseillers municipaux. Il est aussi important de les connaître pour autant qu'on leur confie un pouvoir, mais également qu'on combatte parfois leurs idées.
En 2008, à mesure que les listes présentaient les noms de ceux et celles qui les composaient, nous avions recherché des « indiscrétions » [Racailles n°13, 13 mars 2008] : le mari et la femme sur deux listes, un spectateur de KTO avec un créateur de lingerie libertine, un soi-disant royaliste anti-beauf, un candidat au compte de campagne invalidé... Rien de sérieux, juste de quoi ricaner. Et puis il n'y avait alors pas de liste Front National (FN).

Cette année, j'attendais pour réitérer que toutes les listes se soient présentées et je me languissais qu'en dernier le FN le fasse à son tour. Il a fallu attendre qu'Ouest-France aille chercher les noms déposés en préfecture. Vœu exaucé, contraint et forcé dans l'édition dulundi 17 mars : on y voit uniquement les visages de ceux qui s'engagent bien avec le FN (un tiers d'encartés dans sa liste selon Philippe Chapron, la tête de liste, à qui l'on a déjà consacré un article).



Les fortes têtes...

un air de Jean-Marie pour Patou, n'est-ce pas ?!
Les « fortes têtes », ce sont les membres du parti, anciens candidats à d'autres élections sur Caen et aussi en-dehors de Caen et de la région, qui sont les tout premiers noms de la liste, comme Patrice Hauteville, élu à Dreux entre 1983 et 1988 aux côtés de Jean-Pierre Stirbois, nom historique du FN. Il fut candidat aux cantonales à Balleraoy en 2011 et suppléant aux legislatives sur Caen-Ouest en 2012.

25 févr. 2014

C'est de l’ignare ou du torchon ? Retour sur notre scoop « transports gratuits ».

« Vous êtes contents de vous avec vos conneries ? ». Un peu mon neveu ! En publiant notre article Caen adopte la gratuité totale des transports publics dès avril 2014 ! nous avons eu ce que l’on pourrait appeler un certain succès et recueilli de très nombreuses réactions. Quelques précisions s'imposent..

On en brûlera un par jour s'il le faut !

20 févr. 2014

Caen adopte la gratuité totale des transports publics dès avril 2014 !


Elle a failli passer inaperçue et pourtant... Une mesure marque un véritable coup de théâtre en pleine campagne des municipales à Caen et dans l'agglomération. Philippe Duron, Président de Caen la Mer, a annoncé ce jeudi 20 février la mise en place de la gratuité intégrale des transports publics pour l'ensemble de l'agglomération caennaise avant même les élections des 23 et 30 mars prochains. Dès le 1er avril, vous n'aurez plus besoin de ticket pour vous déplacer !

« Notre plus grande mesure sociale »

Jugée illusoire, populiste et irresponsable depuis des années par les socialistes et les écologistes, la gratuité des transports publics a enfin conquis les politiques urbaines. « Nous pensions qu'il fallait responsabiliser le client, ou plutôt l'usager, afin qu'il respecte le réseau et ses agents, et ait un peu conscience du coût du service public. Mais en regardant les quelques 25 villes françaises ayant déjà adopté une telle mesure, nous nous sommes dit qu'à Caen aussi c'était largement possible. Et nous le faisons pour "le Caen de l'avenir" » explique Eric Veve, maire-adjoint de Caen, conseiller général du Calvados et Président de Viacités (syndicat mixte des transports en commun de l'agglomération caennaise).

Pour en arriver là, la communauté d'agglo a commandé un audit auprès d'un cabinet indépendant et a réalisé l'incroyable absurdité d'un système où l'usager participe aux frais de fonctionnement d'un réseau où 80 à 90 % du financement se fait déjà par le biais d'impôts ; les 10-20% restants sont principalement alloués... au budget des contrôles et du recouvrement (distributeurs, valideurs, agents de vérification, etc), sans oublier l'enrichissement de la multinationale Kéolis et le versement des dividendes pour ses actionnaires. « Nous voulons enfin nous repositionner à gauche, hein, bien plus qu'avec l'aménagement plus ou moins social des tarifs dont trop de personnes restaient exclues, hein, explique le député-Maire-Président d'agglomération (etc) Philippe Duron. C'est une grande mesure de gauche, hein, pour retrouver un véritable service public, accessible à toutes et tous, hein, qui construit et décloisonne la ville, hein. Trop de personnes ne parvenaient plus à se déplacer correctement et cette mesure va nettement améliorer la vie et le pouvoir d'achat de nos concitoyens, hein, ainsi que la qualité du service des bus et trams, sans parler de l'élan écologique comme on a pu le voir en ce mois de mars avec les énormes pics de pollution ».

3 févr. 2014

Municipales à Caen #2 – La “gauche” plurielle tient à ses places d’élu-e-s


Après avoir étudié dans un premier article le désastre de la droite caennaise, voyons si c'est mieux dans notre propre camp.

Il n'y a pas qu'à Paris que le Front de Gauche (FdG) a du plomb dans l'aile. A Caen il se heurte à la réticence du Parti Communiste Français (PCF) de lâcher le Parti Socialiste (PS) de Duron et de proposer l'alternative tant vantée en d'autres lieux. Un peu de gros Scotch suffira-t-il pour maintenir le FdG debout localement après les élections ? Pas sûr... De son côté Europe Écologie Les Verts (EELV) font mine de partir seuls. Décortiquons un peu tout ça.


A Caen, la majorité municipale sortante est à l'image de ce que l'on appelait du temps de Jospin la “gauche plurielle”. Elle est composée du bloc PS, du Parti Radical de Gauche (PRG)-Citoyens à Caen, Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), d'EELV et du PCF, ainsi que des personnes non-encartées et des associatifs. Et on ne peut pas dire que la mésentente soit de mise, à l'exception de quelques-uns non formés au jeu politique et ses couleuvres à avaler. Mais, vous allez le voir, chacun semble avoir des motivations différentes, répondant à la fois aux ambitions personnelles et à des stratégies plus politiciennes que politiques.

Comme l'analysait le Monde Diplomatique (Faire de la politique ou vivre de la politique ? - 10/2009) : « les partis de l’ex-gauche plurielle se sont repliés (…) sur leurs réseaux d’élus, s’accommodant d’une situation qui leur assure de nombreux postes à répartir. Le PS, le PCF et les Verts sont ainsi devenus des machines électorales (…) dans lesquelles les intérêts de milliers de professionnels de la politique semblent désormais prédominer. Il semble loin le temps où la gauche combattait la notabilisation de ses élus. La lutte des places tend à se substituer à celle des classes, coupant les partis de gauche des revendications et du vécu quotidien des groupes sociaux qui les soutenaient traditionnellement (ouvriers, employés, enseignants) ». Pour mettre en lumière cela, prenons deux cas.

31 janv. 2014

Municipales à Caen #1 - Droiture d'une droite non-adroite pas encore prête à se prendre une droite


Car mieux vaut connaître ses ennemis

Comment qu'ça s'passe-t-y du côté de la droite caennaise ?! On vous a parlé du facho frontiste Philippe Chapron - qui peine à boucler sa liste et tant mieux - mais pour les autres la guerre des places a fait place à un vaste champ de démagogie populiste.
Photo de famille de la droite à Caen

Côté UMP on a un instant espéré. Notre éternelle Brigitte Le Brethon avait failli faire son come back, un peu comme Mickey Rourke ou Geri Halliwell des Spice Girls avant elle. Avec la fougue d'antan – ou presque – elle a affronté vents et marées face à l'ami Joël Jojo Bruneau (le grand marabout de l'UMP 14). Oui mais patatras ! C'est de nouveau la bérézina pour Briguitte et donc encore un nouveau coup pour l'Assurance Maladie en honoraires de psy et antidépresseurs. Comme quoi, la vie de l'UMP a toujours un poids sur l'ensemble de la société.
Et elle doit être verte si on regarde à quoi ressemble cette campagne de merde. L'UMP va si mal que ça ? Le désastre local serait-il à l'image du parti au plan national ? On aimerait l'espérer. Avec sa tronche de VRP un peu vieux garçon, Jojo ne décolle pas. A croire que la piste n'est pas balisée, qu'il n'a pas de carte ou de plan de vol. Et comme si cela ne suffisait pas ils lui ont même parachuté F. Fillon le temps d'un meeting. Genre : « tu étais bien parti pour te planter mais on veut en être vraiment sûr ». Alors il s'en tient à une chose : affirmer « le candidat sortant dit que... » suivi d'une banalité grotesque derrière. Aucun chiffre, aucune vision, au point qu'on pourrait vraiment être déçu... si on était de droite !

28 janv. 2014

Aujourd'hui plutôt que demain ?

ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°68 (hiver 2013-14)

Je suis un modeste être humain né dans les années 80 en France, dans un monde qui m'a été imposé sans aucune signature de ma part donnant mon accord pour émerger dans pareille civilisation. 

© Brooke Shade

Étrange, non ?

Beaucoup acceptent la superstructure dans laquelle ils prennent vie comme si elle était naturelle et s'imposait à eux de façon évidente puisqu'ils étaient arrivés ici et à cette époque. D'un point de vue philosophique, cela peut sembler dans l'ordre naturel des choses que d'accepter l'héritage qui nous échoit, d'autant plus que nous allons être complètement façonné par cet héritage en même temps que nous grandirons.  

Mais ce n'est pas parce que nous atterrissons dans un monde déjà construit que nous devons en accepter la réalité. C 'est un peu comme l'allégorie de la grenouille qui, plongée dans une casserole d'eau froide, ne réagit pas lorsqu'on fait bouillir l'eau, alors que si on la plongeait directement dans l'eau bouillante elle bondirait en nous traitant d'assassin, de malade, de cinglé, de sauvage et tout le répertoire d'insultes classique des grenouilles ! Un anthropologue, un observateur, venu d'une autre culture, d'une autre planète, et s'immergeant dans notre société serait certainement surpris par bien des aberrations qui sont à l’œuvre sur notre Terre et bondirait certainement comme la grenouille, alors que nous-autres nous endormons dans l'eau bouillonnante !

 
Nous avons toujours vécu dans l'eau bouillonnante, bientôt bouillante. Il n'y a d'harmonieux dans notre monde, que ce qui échappe encore à l'auto-proclamée toute-puissance de l'Homme. Mais l'homme n'a, lui, plus rien d'harmonieux, il s'est précipité dans une hallucinante fuite en avant technique et colonisatrice comme une espèce invasive et parasitaire qui cessera enfin son pullulement lorsqu'elle aura atteint les limites physiques de l'univers pour sa survie. En effet, notre population ne cesse de croître, et surtout, la pression que nous exerçons sur notre milieu d'existence est devenue suicidaire. L'homme n'est-il pas la seule espèce vivante ayant créé les moyens de sa propre auto-destruction ? D'abord avec la conception d'armes de destructions massives et désormais en exploitant démesurément jusqu'au tarissement notre Mère nourricière. On pourrait donc faire une analogie entre l'homme et une espèce parasitaire vivant sur le dos de la bête jusqu'à tuer cette bête et disparaître avec.

24 janv. 2014

L’Hexagone aux hexagonaux : Lorànt Deutsch et son Histoire

ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°68 (hiver 2013-14)

Après le succès de Métronome en 2010, Lorànt Deustch a récidivé en septembre 2013 avec la sortie d’Hexagone en nous livrant de nouveau sa vision si particulière de l’Histoire de France empreinte d’idéologie et participant à la résurgence du roman national.

Lorànt Deutsch, un message royaliste soutenu par l’extrême droite

Cette tendance s’est accentuée ces dernières années notamment à l’échelle de l’État avec le projet du Maison de l’Histoire de France développé par Nicolas Sarkozy qui projetait de placer Max Gallo à la tête de celui-ci. Dernièrement, la parution du livre de Jean-François Khan, L’invention des français – Du temps de nos folies gauloises, dans lequel il nous explique que « les français existent depuis l’ère des mégalithes » avec des arguments qui choqueraient même un lycéen, ou encore le Figaro Histoire n° 10 (octobre 2013) dans lequel Jean Sévilla, auteur de Histoire passionnée de laFrance, célèbre Jacques Bainville, journaliste antisémite d’Action Française et historien douteux [article en lien ici].

22 janv. 2014

Un putain d'humain !

Ce texte nous est proposé par l'un de nos lecteurs, Mr Topinambourg. 
Ceci nous permet de vous rappeler que Racailles est un média participatif auquel chacun peut trouver sa place ! Alors viens !!!

Qu'est-ce qui rend les gens débiles ? C'est vrai ça ! Je suis peut-être un gros con, mais pas débile quand même !
J'ai très vite compris que dans humanité, humanisme, on trouve les racines du genre "humain". Et qu'est-ce que je suis, moi ? Un putain d'humain ! Excusez mon langage, mais les humains sont-ils cons a ce point ? Quand j'entends que ces messieurs-dames ont à 100m de chez eux des containers de tri sélectif, devant lesquels ils passent tous les jours, et qu'ils ne sont pas capables de trier un tant soit peu leurs montagnes de déchets ; qu’ils se délectent d'images choquantes en criant au rétablissement de la peine de mort ; ou encore qu'il y a trop d'assistés chez nous, qu'on devrait supprimer les alloc'... Youpi youpi tralala ! On est bien ! On est bien ! 

©Flickr @zigazou76
Du moment qu'on nous fouette bien... Merde on dirait une réclame pour des petits pots îles flottantes à 4,99 les deux pots disponible chez CartesOuf. Ils pourraient manger leur ramassis de conneries télévisuelles qu'ils le feraient ! Je sais que l'on a tous une attirance pour l'écran, que l'image attire l'œil de n'importe quel être humain. Mais rassurez-moi, quatre écrans par personne et par jour c'est pas normal ou c'est normal ? J'ai tendance a ne plus trop me rendre compte ! Télévisions, tablettes, smartphones, ordinateurs, tout ça dans la même journée. Ça me rappelle mes dix ans, où qu'on disait à ses potes qu'on avait joué deux heures à la PlayStation ! Mais qu'on savait déjà que c'était pas une bonne chose.