15 janv. 2014

Braves bêtes - Cette science de la cruauté sur l'animal


ARTICLE PUBLIÉ DANS RACAILLES n°68 (hiver 2013-14)

Ah, la science, cet art de la curiosité, de la découverte, cette quête du savoir. La science, discipline ou plutôt disciplines séculaires. La science nous rapprochant sans cesse de LA Vérité (mais existe-t-elle seulement ?). Science pouvant apporter gloire et prestige. Mais à quel prix avons-nous accumulé ce savoir ? Qu’est-on prêt à faire encore de nos jours pour découvrir de nouvelles choses ? Choses que nous enseignerons aux générations futures, et plus dramatiquement, la méthode, le protocole pour parvenir à ces résultats.

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Prenons par exemple la biologie.

Certes, certaines études sont purement descriptives, du savoir « brut », fondamental. Mais la plupart des recherches ont un but d’amélioration de la condition humaine. A cette fin, nous sommes prêts à bafouer la vie pour nous assurer de la non-toxicité de tel médicament ou de tel cosmétique, nous utilisons sans vergogne les ressemblances de nos cousins plus ou moins éloignés que sont les mammifères, les reptiles, les poissons… Ces ressemblances, qui ont encore du mal à être acceptées nous sont ici étonnement utiles. La nouvelle crème hydratante non grasse qui prend soin de nos peaux sensibles doit bien être testée pour s’assurer de sa non-toxicité pour ces mêmes petites peaux sensibles. Or il n’est pas convenable d’utiliser des cobayes humains, ces êtres ô combien supérieurs. Que faire ? Darwin n’a-t-il pas évoqué une certaine théorie de l’évolution selon laquelle les espèces peuvent ainsi être apparentées et où l’homme y trouverait sa place ? L’homme serait un mammifère, un animal. Si ces espèces sont proches, elles doivent avoir des caractéristiques similaires aux nôtres, ce qui se vérifie.
Dessin de l'auteur
Revenons à notre crème. Testons-la sur la peau de lapins ou de souris. Ah que c’est bien aise cette ressemblance avec ces sous-entités. Étant inférieurs, il n’y a plus de problèmes d’éthique. Les animaux ne sont-ils pas au service de l’Homme, du point de vue religieux ? Quant au point de vue législatif ce sont encore des biens meublés, bien qu’il existe quelques textes les protégeant. Alors quel mal y a-t-il donc à utiliser un objet pour des expériences et le jeter une fois usagé ? Nos lapins vont donc être tondus puis on va leur appliquer la crème sur un petit carré de peau et attendre de voir agir ses effets. Ceci sera répété sur des dizaines d’animaux afin de ne laisser aucune chance au hasard. Dans le meilleur des cas, il ne se passera rien, mais si un des moults composants de la crème possède des effets néfastes, ce sont des lots entiers de lapins qui seront en proie à des rougeurs, démangeaisons, ou pire. Et encore, je vous parle là de crème hydratante ; imaginez les expériences menées contre des pathologies plus graves, impliquant le test de nombreuses substances sur de nombreux animaux.
Prenons cet autre exemple : certains laboratoires - publics - étudient l’arthrose sur les chevaux. Après avoir inoculé la maladie, ils tuent tout simplement ces animaux pour étudier ce que sont devenues leurs articulations. Quel gâchis ne croyez-vous pas ?

Et ce n’est que la première partie.

Une fois le produit validé, nous allons nous demander quelques années après s’il n’y a pas un effet sur l’environnement de ces molécules qui sont relarguées tout autour de nous. Prenez l’effet de la pilule contraceptive sur les poissons ou encore les études de l’impact des antidépresseurs sur la faune littorale (celle d’intérêt économique bien entendu). Ce sont là des centaines de seiches qui sont empoisonnées, tuées, pour comprendre les mécanismes d’intoxification et les doses létales, ainsi que des milliers de litres d’eau contaminée. Certes, le but est louable, mais la manière d’y parvenir l’est beaucoup moins.

Dessin de l'auteur
Alors d’accord, nous n’allons tout de même pas utiliser l’Homme pour expérimenter de nouveaux produits me direz-vous. Mais en se permettant d’utiliser les animaux, si « inférieurs » soient-ils, c’est à nous que nous permettons d’être exploités. Car nous sommes tous cobayes sans le savoir. Concernant l’épineux problème des OGM, un détracteur de la récente étude de l'équipe du Pr Séralini montrant leur toxicité sur l’organisme a bien avoué que nous ne saurons réellement leurs effets que dans 20 ou 30 ans, quand nous aurons des retours sur leurs conséquences à l’échelle d’une vie humaine. Ou encore le nombre de médicaments préalablement testés mais qui s’avèrent néfastes à long terme. Pensez aux retentissants scandales sanitaires de ces dernières années, mettant bien à mal l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) devenue depuis l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament). Et encore, saviez-vous que 77 médicamentssont encore sous surveillance par cette agence tout en continuant à être commercialisés ? Imaginez le nombre d’animaux morts inutilement pour la science.

Ah, ces petites bêtes chéries que sont nos compagnons. Combien ne mangeraient plus de lapin, de cheval, de poisson... s’ils savaient le sort qui est réservé à leurs homologues de laboratoire… De plus, en acceptant cette servitude des animaux, nous acceptons implicitement notre servitude à la société, au pouvoir de l’argent et des grands patrons. Car si nous refusions ces traitements envers la nature, nous refuserions également notre propre traitement : pourquoi serions-nous inférieurs ? Qu’avons-nous de moins que les autres animaux ? Pourquoi vivre esclaves alors qu’ils sont libres ? Nous refuserions ainsi d’être la chair de ces patrons que seul le profit intéresse, nous refuserions d’être mis de côté une fois devenus moins rentables, et peut-être retrouverions-nous un peu plus d’humanité.

Ga Tastrofe

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