1 avr. 2014

Communiqué du collectif Racailles : « On raccroche les crampons »

Né sous Sarkozy (novembre 2007), Racailles en a connu des combats, de la fac aux retraites en passant par les piquets de grève de nombreuses taules à coups d'interviews et de sandwichs saucisse-bière CGT à 1,5€. Mais là c'en est trop. Trop de boulot, trop à reconquérir, trop de « pédagogie », trop de libéralisme, trop de grands médias, trop de droites face à nous. Alors Racailles tire les leçons de nos échecs en se retirant de la vie médiatique : c'est l'auto-dissolution. Pschitt ! Nous avons décidé de décéder et d'assumer un renoncement digne d'une politique sociale dans un gouvernement PS.
 
[n'apportez ni fleurs, ni couronnes]

Nous avons pourtant tenté de créer et faire vivre nos utopies par un outil militant, ouvert, participatif, irrévérencieux, indépendant et horizontal ayant pour but de relayer les luttes (qu'elles soient locales ou plus vastes), de questionner nos pratiques, de contrer les discours dominants, de proposer des alternatives. Nous avons pris la rue avec nos journaux sous le bras et nos langues hors de nos poches, nous avons chialé dans les nuages de lacrymo, rigolé (parfois seuls) de nos propres blagues, bloqué des lieux pour débloquer des esprits, pourri vos manifs et vidé vos bourses à coups de « deeeeeeemandez Racaaaaailles ! ».
On nous a parfois dit cons, misogynes, pas drôles, démagos, mélenchonistes, gauches et anti-gauche, récupérés d'un côté, irrécupérables de l'autre, soc' dém' à notre gauche ou anar' à notre droite, plus intéressés qu'intéressants. On nous a aussi – souvent - encouragé, diffusé, complimenté et on vous en remercie.

Mais aujourd'hui nous nous rallions à nombre de forces de gauche et choisissons la résignation à la combativité. Nous acceptons l'idée qu'il est impossible de contrer les sociaux démocrates et autres libéraux aux manettes par des propositions réellement de gauche. Nous avouons que porter le changement par l'utopie est utopique et prôner les révolutions trop en décalage avec l'unique politique possible et le nécessaire pragmatisme des temps de crise. Nous cédons aux sirènes du « de toute façon on peut rien faire ». Nous actons notre échec à changer le monde. Nous posons même la question : et si Marine Le Pen ne disait finalement pas que des conneries ? Quitte à crever, autant en profiter, non ?!

Ainsi, nous en appelons à abandonner les initiatives alternatives inutiles dignes de hippies dégénérés et poursuivre la dépolitisation générale. Nous croyons au renforcement de la démocratie représentative, au pouvoir oligarchique et censitaire. Et nous souhaitons bon courage à nos hommes politiques (parce que c'est avant toute une histoire de couillus, admettez-le), de Joël Bruneau à Manuel Valls.
Et parce que nous voulons connaître un ultime succès en librairies, nous vous annonçons la sortie de notre dernière publication : « Résignez-vous ! ».

Caen, le 1er avril 2014

Mise à jour (22h17) : des négociations ont lieu actuellement avec d'éventuels repreneurs prêts à garder la totalité de l'équipe mais qui exigent une meilleure rentabilité et une baisse des coûts de fonctionnement (notes de frais au bar ; fournitures et alimentation ; prestations de spectacles privés et bien escortés).

Mise à jour (2 avril 00h01) : finalement on reste ! Merci à toutes et tous pour votre soutien. 

 

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