25 févr. 2014

C'est de l’ignare ou du torchon ? Retour sur notre scoop « transports gratuits ».

« Vous êtes contents de vous avec vos conneries ? ». Un peu mon neveu ! En publiant notre article Caen adopte la gratuité totale des transports publics dès avril 2014 ! nous avons eu ce que l’on pourrait appeler un certain succès et recueilli de très nombreuses réactions. Quelques précisions s'imposent..

On en brûlera un par jour s'il le faut !

20 févr. 2014

Caen adopte la gratuité totale des transports publics dès avril 2014 !


Elle a failli passer inaperçue et pourtant... Une mesure marque un véritable coup de théâtre en pleine campagne des municipales à Caen et dans l'agglomération. Philippe Duron, Président de Caen la Mer, a annoncé ce jeudi 20 février la mise en place de la gratuité intégrale des transports publics pour l'ensemble de l'agglomération caennaise avant même les élections des 23 et 30 mars prochains. Dès le 1er avril, vous n'aurez plus besoin de ticket pour vous déplacer !

« Notre plus grande mesure sociale »

Jugée illusoire, populiste et irresponsable depuis des années par les socialistes et les écologistes, la gratuité des transports publics a enfin conquis les politiques urbaines. « Nous pensions qu'il fallait responsabiliser le client, ou plutôt l'usager, afin qu'il respecte le réseau et ses agents, et ait un peu conscience du coût du service public. Mais en regardant les quelques 25 villes françaises ayant déjà adopté une telle mesure, nous nous sommes dit qu'à Caen aussi c'était largement possible. Et nous le faisons pour "le Caen de l'avenir" » explique Eric Veve, maire-adjoint de Caen, conseiller général du Calvados et Président de Viacités (syndicat mixte des transports en commun de l'agglomération caennaise).

Pour en arriver là, la communauté d'agglo a commandé un audit auprès d'un cabinet indépendant et a réalisé l'incroyable absurdité d'un système où l'usager participe aux frais de fonctionnement d'un réseau où 80 à 90 % du financement se fait déjà par le biais d'impôts ; les 10-20% restants sont principalement alloués... au budget des contrôles et du recouvrement (distributeurs, valideurs, agents de vérification, etc), sans oublier l'enrichissement de la multinationale Kéolis et le versement des dividendes pour ses actionnaires. « Nous voulons enfin nous repositionner à gauche, hein, bien plus qu'avec l'aménagement plus ou moins social des tarifs dont trop de personnes restaient exclues, hein, explique le député-Maire-Président d'agglomération (etc) Philippe Duron. C'est une grande mesure de gauche, hein, pour retrouver un véritable service public, accessible à toutes et tous, hein, qui construit et décloisonne la ville, hein. Trop de personnes ne parvenaient plus à se déplacer correctement et cette mesure va nettement améliorer la vie et le pouvoir d'achat de nos concitoyens, hein, ainsi que la qualité du service des bus et trams, sans parler de l'élan écologique comme on a pu le voir en ce mois de mars avec les énormes pics de pollution ».

3 févr. 2014

Municipales à Caen #2 – La “gauche” plurielle tient à ses places d’élu-e-s


Après avoir étudié dans un premier article le désastre de la droite caennaise, voyons si c'est mieux dans notre propre camp.

Il n'y a pas qu'à Paris que le Front de Gauche (FdG) a du plomb dans l'aile. A Caen il se heurte à la réticence du Parti Communiste Français (PCF) de lâcher le Parti Socialiste (PS) de Duron et de proposer l'alternative tant vantée en d'autres lieux. Un peu de gros Scotch suffira-t-il pour maintenir le FdG debout localement après les élections ? Pas sûr... De son côté Europe Écologie Les Verts (EELV) font mine de partir seuls. Décortiquons un peu tout ça.


A Caen, la majorité municipale sortante est à l'image de ce que l'on appelait du temps de Jospin la “gauche plurielle”. Elle est composée du bloc PS, du Parti Radical de Gauche (PRG)-Citoyens à Caen, Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), d'EELV et du PCF, ainsi que des personnes non-encartées et des associatifs. Et on ne peut pas dire que la mésentente soit de mise, à l'exception de quelques-uns non formés au jeu politique et ses couleuvres à avaler. Mais, vous allez le voir, chacun semble avoir des motivations différentes, répondant à la fois aux ambitions personnelles et à des stratégies plus politiciennes que politiques.

Comme l'analysait le Monde Diplomatique (Faire de la politique ou vivre de la politique ? - 10/2009) : « les partis de l’ex-gauche plurielle se sont repliés (…) sur leurs réseaux d’élus, s’accommodant d’une situation qui leur assure de nombreux postes à répartir. Le PS, le PCF et les Verts sont ainsi devenus des machines électorales (…) dans lesquelles les intérêts de milliers de professionnels de la politique semblent désormais prédominer. Il semble loin le temps où la gauche combattait la notabilisation de ses élus. La lutte des places tend à se substituer à celle des classes, coupant les partis de gauche des revendications et du vécu quotidien des groupes sociaux qui les soutenaient traditionnellement (ouvriers, employés, enseignants) ». Pour mettre en lumière cela, prenons deux cas.