16 avr. 2014

Restructuration folle à l'hôpital psy – EPSM Bon Sauveur [+AUDIO]


 Mise à jour vendredi 25 avril 2014

Depuis des années on dénonce l'état global de l'hôpital public en France, où l'État et les Agences Régionales de Santé (ARS) mettent leurs établissements volontairement en déficit par des gestions plus que calamiteuses et des sous-dotations systématiques afin de restructurer et y faire entrer plus de management, de rentabilité, et surtout de privé par des partenariats mortifères. C'est pas qu'à Racailles on soit particulièrement en mauvaise santé, mais les services publics on y tient sûrement autant qu'aux bonnes bouteilles (qui un jour nous causeront des soucis de santé) !


Et bien c'est au tour de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de Caen, c'est à dire l'hosto psy du Bon Sauveur d'être victime de ces ravages. Tout commence en juin 2013 quand le directeur, Jean-Yves Blandel, annonce dans les colonnes de Ouest-France que l'établissement est en déficit et qu'il compte mettre en œuvre un projet de restructuration, devenu aujourd'hui « plan de modernisation ». Quand on dit plan de modernisation vous vous doutez bien qu'il s'agit... de dilapidation, avec des suppressions de postes ! Enfin non, des suppressions de 5 RTT, soit la suppression mécanique de 20 postes. Cette annonce fut faite par un directeur tout puissant (grâce aux réformes managériales des dernières années lui donnant les plein-pouvoirs) n'ayant même pas pris le soin d'en référer aux instances statutaires, ni même aux syndicats et personnels.

Selon Christian Lécuyer de SUD santé-sociaux, « on a là une situation très particulière : jusqu'ici les finances de l'établissement étaient saines. On avait déjà eu quelques craintes en 2012 face à un petit déficit ; mais pour 2013, comme la dotation de l'État fut moins importante, on s'est retrouvé avec un déficit d'environ 1,7M € (sur un budget global de 65M €). Selon lui, il y a une véritable contradiction entre la catastrophe que nous vivons ici, que ce soit pour la population comme pour le personnel (avec une offre de soins réduite et des conditions de travail dégradées) et en même temps une demande en soins psychiatriques qui ne cesse d'augmenter ».

2 avr. 2014

Chez GDE, des syndicats soutiennent les patrons voyous

Alors que le site d'enfouissement de déchets de l'entreprise Guy Dauphin Environnement (GDE) à Nonant-le-Pin (Orne) est bloqué depuis son ouverture le 24 octobre dernier par un collectif de riverains forts d'une énorme dynamique de résistance locale, des salariés du site GDE de Rocquancourt (Calvados) manifestaient devant le Conseil Régional ce 02 avril afin de faire pression et faire débloquer le site ornais. Une action orchestrée par les patrons, à contre-courant de la raison ouvrière. Prenant notre courage à deux mains, nous sommes allés nous confronter à ces grévistes d'un genre très particulier.

Manifestation par la CFDT / CFE-CGC

Un syndicalisme à recycler

Au début on ne savait pas à quoi s'attendre. Notre pote Beubeu nous a juste envoyé un SMS nous disant « manif de GDE au CRBN, ils bloquent et n'ont pas l'air commodes avec leur gros camion ». Alors vous savez, à Racailles dès qu'on entend le mot manif on a tout de suite l'oreille en pointe et la queue qui frétille. A force de nous dire « chaud – chaud – chaud, le printemps sera chaud », nous on bouillonne grave ! Donc ni une ni deux, même pas le café avalé que nous voilà Bd Clemenceau à l'entrée du Conseil Régional de Basse Normandie (entrée du parc d'Ornano) avec des chasubles jaunes et oranges, des drapeaux syndicaux, les flics... Tout est en place, montons sur la barricade !
Sauf qu'on déchante vite-fait : les drapeaux sont ceux de la CFDT et de la CFE-CGC – et quand les cadres sont en force c'est qu'il y a un 'blème – et en guise de barricade il y a bien un gros camion vert floqué « G.D.E. » qui bloque l'entrée. Téméraires, nous sautons dans la foule carnet à la main et fleur au fusil. Qui interroger sans faire de délit de sale gueule ?! Allez au pif on s'avance vers un petit groupe.

1 avr. 2014

Communiqué du collectif Racailles : « On raccroche les crampons »

Né sous Sarkozy (novembre 2007), Racailles en a connu des combats, de la fac aux retraites en passant par les piquets de grève de nombreuses taules à coups d'interviews et de sandwichs saucisse-bière CGT à 1,5€. Mais là c'en est trop. Trop de boulot, trop à reconquérir, trop de « pédagogie », trop de libéralisme, trop de grands médias, trop de droites face à nous. Alors Racailles tire les leçons de nos échecs en se retirant de la vie médiatique : c'est l'auto-dissolution. Pschitt ! Nous avons décidé de décéder et d'assumer un renoncement digne d'une politique sociale dans un gouvernement PS.
 
[n'apportez ni fleurs, ni couronnes]

Nous avons pourtant tenté de créer et faire vivre nos utopies par un outil militant, ouvert, participatif, irrévérencieux, indépendant et horizontal ayant pour but de relayer les luttes (qu'elles soient locales ou plus vastes), de questionner nos pratiques, de contrer les discours dominants, de proposer des alternatives. Nous avons pris la rue avec nos journaux sous le bras et nos langues hors de nos poches, nous avons chialé dans les nuages de lacrymo, rigolé (parfois seuls) de nos propres blagues, bloqué des lieux pour débloquer des esprits, pourri vos manifs et vidé vos bourses à coups de « deeeeeeemandez Racaaaaailles ! ».