10 févr. 2015

La République à la peine (de mort)


Chronique diffusée dans Racailles Radio le 30 janvier 2015


La peine de mort en France a été officiellement abolie le 18 septembre 1981 !

@Frilouz / Racailles

Qu'est ce que ça veut dire ?
Que désormais, en France, on ne peut plus répondre à un crime par un autre crime.
En effet, avant cette abolition, l'absurdité du système judiciaire prévalait en France. Par exemple, un homme coupable d'avoir tué un autre homme pouvait être condamné par le droit de l’État Français à la peine de mort. C'est comme ça que le même État Français devenait lui-même coupable d'un crime en donnant la mort.
La peine de mort venait alors trancher net toute forme de questionnement sur les motivations du criminel. La mort instantanée par tétanos (la veuve noire et sa faucheuse) prétendait alors éradiquer un problème social en éliminant un sujet de désordre de manière spectaculaire.

Et ce n'est pas vrai ?

©Franquin

On ne résout pas ce désordre en supprimant sa seule conséquence - le criminel -. Ce criminel, la plupart du temps, n’apparaît pas subitement et n'opère pas sans motivations. Il est le résultat d'une situation qui l'a mené à accomplir ce crime. Oui, notre monde est fondamentalement mathématique, et ce genre de résultat - le crime - est engendré par une équation généralement trop complexe pour qu'on se décide à se casser la tête dessus. En tout cas jusqu'à l'abolition.

Ça change avec l'abolition ?
L'abolition vient justement marquer le progrès intellectuel et moral de la civilisation en reconnaissant l'idée que la peine de mort ne résout rien, et au contraire qu'elle perpétue une violence meurtrière et légale. En bref, la peine de mort donnait l'illusion de la résolution des troubles sociaux d'une société mais occultait totalement la situation qui avait généré ces troubles.

5 févr. 2015

Quels enjeux après la victoire de Syriza en Grèce ?


Chronique diffusée dans Racailles Radio le 30 janvier 2015


La Grèce est sur le devant de l’actualité. En moins d’une semaine le gouvernement de Syriza et de son Premier ministre Alexis Tsipras ont multiplié les déclarations et les annonces. Les autres pays de l’UE ont mis en œuvre des contre-feux pour paralyser l’« effet Syriza ». Contre vérités, menaces à peine voilée, demandes contradictoires tout y est passé. Ce dimanche 1er février, les bombes ont fait pschitt… pour le moment.

@Frilouz / Racailles

La mobilisation de « Podemos » en Espagne y est, peut-être, pour quelque chose. L’Eire, le Portugal, l’Espagne espèrent que le nouveau gouvernement grec pourrait obtenir des avancées qui pourraient permettre la renégociation de cette dette qui étouffe toute possibilité de croissance. Pour ces pays pré cités, il serait vital – comme le montre le documentaire canadien Le prix à payer - de revoir leur système fiscal. Les grandes entreprises, les plus riches échappent trop facilement à l’impôt. La réforme fiscale devrait permettre, en partie, de combattre ce système inégalitaire qui exerce des effets catastrophiques sur l’ensemble des sociétés. Lorsque 89 personnes possèdent 49% de la richesse produite, aucune société démocratique ne peut continuer à exister dans ces conditions. Même l’OCDE – Organisation de coopération et de développement économique qui réunit les pays les plus riches du monde – a reconnu qu’il fallait combattre les inégalités.

Contre vérités et chantage

Dés l’annonce de la formation du nouveau gouvernement, le matraquage a commencé. L’annulation de la dette grecque coûterait 700 euros à chaque Français. Par quel tour de passe-passe ? On ne le saura pas. Sinon que l’Etat français possède des parts (des obligations) de la dette souveraine grecque. A quelle hauteur ? On ne sait trop.
Pour répondre signalons d’abord un oubli. Le gouvernement grec a payé les intérêts de sa dette. Tout le temps. Les propriétaires de ces obligations, qu’ils soient publics ou privés, ont reçu des sommes importantes d’autant que les taux d’intérêt étaient très élevés. Le budget français, comme celui des 16 autres pays de la zone euro, ont bénéficié de cette manne. N’était-ce pas immoral ? Ne faudrait-il pas considérer que la Grèce a déjà remboursé une grande partie de sa dette si elle avait été à taux zéro comme les avances aux entreprises ?