13 avr. 2015

1er avril, quotas de blague sur le lait ! (+AUDIO)

Chronique diffusée dans Racailles Radio le 10 avril 2015



1er avril 2015, sans blague, une page de l’histoire de l’agriculture européenne s’est tournée… Ce 1er avril a vu la fin des quotas laitiers. Durant 31 ans ils ont régulé, avec certes quelques imperfections, le marché du lait. Ils ont figé les inégalités entre gros et petits, mais ils ont permis de limiter la production et de maintenir les prix à des niveaux acceptables.

Ils sont nés un 1er avril 1984, suite à une grave crise de surproduction. Des montagnes de beurre et de poudre de lait coûtaient des sommes colossales au budget européen. Avec les quotas, chaque coopérative, chaque laiterie privée était obligée de récolter le lait de chaque ferme, même des petites, le niveau de leur production était fixé. La variation des prix était alors faible. Les paysans - bien qu’ayant difficilement accepté leur instauration - ont pu profiter de la stabilité occasionnée.

6 avr. 2015

Une journée de merde, ou comment devenir flic sans l'avoir jamais voulu

Saviez vous que le Ministère de l’Éducation Nationale était désormais – depuis quand ? - une annexe du Ministère de l'Intérieur ? Je l'ai appris à mes dépens en allant passer le concours du CAPES interne de documentation. Les propos bêtes et méchants tenus courant janvier par notre chère ministre de l'Education Nationale, Najat Vallaud Belkacem, qui se faisait fort de traquer et punir les jeunes hérétiques du devoir de liberté d'expression, ceux qui ne se sentaient pas Charlie et se sentaient donc forcément terroristes [voir notre article ICI], étaient pourtant révélateurs. Ils annonçaient la couleur de la réaction gouvernementale : serrage de vis, tout sécuritaire, dialogue et libre expression sous forme de catéchisme républicain, union sacrée et communion dans l'oubli des violences infligées aux plus fragiles et plus pauvres d'entre nous. 


C'est inscrit sur nos pièces de monnaie, en France nous sommes libres, nous avons même le devoir de l'être, c'est une des marques de fabrique de l'entreprise France (avec la gastronomie et le patrimoine historique notamment). Nous sommes libres, libres surtout de pavoiser dans des débats choisis et encadrés par d'autres, en l’occurrence l’État et les groupes industriels et financiers propriétaires d'infrastructures de propagande... Pardon, de fabrique d'un débat public ouvert et serein. Nous sommes aussi égaux, notamment grâce à notre ancien bienfaiteur de la République, Nicolas Sarkozy, qui s'est battu pour « l'égalité des chances ». Comme disait un copain ces derniers jours, la ligne d'arrivée est la même pour tout le monde, même si certains font la course à cloche pied. Enfin, la France est un pays où règne la fraternité. Affirmer cela ne mange pas de pain, j'ai pour ma part des relations très cordiales avec mon frère de sang, que je côtoie à peu près quatre ou cinq fois par an à l'occasion de repas de familles, que je passe à boire, du vin, rouge ou blanc mais jamais bleu, ce qui me rend très convivial, donc profondément fraternel.

Ce pays formidable peuplé d'individus gentils et bons, gouverné par de saintes personnes, compétentes et habitées du sens du bien commun, a été lâchement attaqué par les barbares le 7 janvier 2015. Car en s'attaquant à des journalistes Français, à des Français juifs et à d'autres encore, tout aussi Français, c'est à la France elle-même que ceux-ci s'en sont pris. Sauf que ces envahisseurs ne venaient pas de l'Orient, pas même du Sud, malgré ce que leur teint et la morphologie de leur visage pouvaient laisser croire. S'ils avaient des ancêtres venus d'ailleurs – comme à peu près tout le monde en France, il serait bon de le rappeler – les frères Kouachi et Amhedi Koulibaly ontgrandi en France. Ils étaient des produits de la République Française, parmi de nombreux autres. Ils personnifient désormais une nouvelle classe dangereuse, ceux que d'aucuns désignent comme « l'ennemi intérieur ».

Le corps sacré de la France serait rongé de l'intérieur par des ferments de division, de dissolution et même de destruction. On savait, sans toujours comprendre, que de jeunes Françaises et Français partaient se battre en Syrie ou en Irak contre ceux que des gourous islamistes leur avaient désigné comme les ennemis de l'Islam. On se rend compte aujourd'hui que les combats peuvent aussi avoir lieu près de chez nous. Quand certains - placés à l'extrême droite sans toujours se l'avouer à eux-même et encore moins aux autres - appellent à se défendre contre les barbares islamistes, d'autres ont tenté de développer des explication moins simplistes. L’État, c'est-à-dire le gouvernement, a choisi pour sa part de respecter ses engagements... vis à vis de ses créanciers, les banques. Et pour montrer qu'il agit contre les méchants, il va nous pondre une énième loi« antiterroriste » qui ne saura empêcher le premier malade et/ou désespéré venu de se défouler sur n'importe qui, mais permettra à ceux qui y croient encore de retrouver un relatif « sentiment de sécurité »... Jusqu'au prochain massacre.