25 déc. 2016

L'édito du Père No Hell

Bonjour mes petits racaillous, c'est le père No Hell !

J'espère que vous avez été bien sages cette année. Si c'est le cas, je vais pouvoir vous gâter pour l'année à venir et vous apporter plein de nouvelles surprises.

Déjà, depuis quelques années je suis très généreux : les enfants de Syrie, du Yémen, d'Irak du Mali de Centrafrique,ou de Libye ont été particulièrement bien servis. Je survole avec mon traîneau supersonique les régions les plus pauvres de la planète pour distribuer mes cadeaux, et je largue de jolis présents qui sifflent en tombant, et font des milliers d'étoiles dans les yeux des enfants lorsqu'ils touchent le sol. 


Vous êtes particulièrement bien gâtés, vous savez combien ça coûte une bombe ? De 20 000 euros pour les GB 12 à 200 000 euros pour les ASM, sans compter une heure de vol supersonique avec pilote de traîneau : de 25 000 à 40 000 euros. 

version audio diffusée dans Racailles Radio

Gâtés les morpions!

Quels enfants des pays occidentaux peuvent se targuer d'avoir des cadeaux à ce prix là ?
D'ailleurs ça me fait penser qu'on a oublié une chanson dans la compil de Noël les amis : “Comme les mirages, en Galilée, suivez des yeux l'étoile du blindé...”.

13 déc. 2016

Sexisme et harcèlement en fac de Médecine : mon expérience à Caen

De l’image du grand médecin paternaliste accompagné de son infirmière subordonnée au regard adulateur, aux fresques des salles de garde des CHU et aux questionnaires d’examen à « l’humour » douteux, le sexisme en médecine est ancré dans les esprits dès les premiers pas des futurs praticien.ne.s. Récit d’aventure en terre carabine. 

Tout commence dans les cours de première année, année de concours où le but est d’être meilleur.e que la personne à côté de soi, et pendant laquelle les étudiant.e.s des années supérieures s’adressent à nous depuis l’estrade de l’amphi pour nous dire à quel point l’année d’après sera placée sous le signe de l’amusement, où l'on sera les meilleurs potes du monde ! Tout ça en amorçant déjà la hiérarchie qui sera prédominante dans la suite de nos études et dans notre future profession. Ils viennent nous vanter les qualités de dieux du sexe de nos camarades masculins, à coup de chansons paillardes où, bien sûr, les femmes sont réduites au rang d’objets sexuels inanimés ou d’accessoires à accumuler. Exemple, la chanson des carabins (étudiants en Médecine) : « Les carabins ça baise comme des dieux, ils ont tous des rubans rouges et bleus. Les filles de la fac ne font qu’un seul vœu, c’est celui de leur pomper le nœud ».
Fresque de la salle de garde de l'hôpital Antoine-Bédère - Clamart
Fresque de la salle de garde du CHU de Clermont-Ferrand

Du temps des commandements...

Quand on arrive en deuxième année tant attendue, les Licence 3ème année - surtout celles et ceux qui occupent des postes à la Corpo (donc un peu les mini-dirigeants d'après leur ego) - nous mettent en équipe avec d’autres camarades pour réaliser ce qu’on appelle les commandements, qui nous servent à accumuler des points et gagner un lot lors de la soirée du week-end d’intégration. Dans une liste de 50 commandements classés des plus soft aux plus trash, on retrouve des petites douceurs comme « donner une fessée à trois inconnues dans la rue en leur disant "t’aimes ça coquine" », « photocopier ses seins à la Corpo » ou le must « Faire un Jacquie et Michel » qui rapporte le plus de points. Et TOUT doit bien sûr être filmé, histoire de se payer une franche rigolade tous ensemble en regardant des camarades harceler des gens dans la rue.

Article également à écouter en ligne ICI

9 déc. 2016

Frotteurs, harceleurs : hors de ma vue, hors de ma rue !

Depuis de trop nombreuses années, le virus du HDR* se propage insidieusement dans nos contrées. Celui-ci provoque chez les hommes des comportements étranges vis à vis des femmes dans l’espace public, certains étant même contaminés sans le savoir. Et si on coupait le mâle à la racine ?

« SALE PUTE »

Caen, un vendredi soir. Je reviens seule d'un concert où j'ai passé une très bonne soirée avec une copine. L’ayant raccompagnée jusqu'à sa voiture, je repars vers chez moi. Soudain, une voiture ralentit et s'arrête à ma hauteur. A l'intérieur, quatre mecs, une vingtaine d'années environ. Le passager avant baisse alors sa vitre et là, l'insulte, hurlée, crachée : « SALE PUTE !!! ».
La voiture redémarre en trombe, j'entends les rires, juste le temps pour le passager de remonter sa vitre. Moi je reste là, bloquée. Ça aura duré cinq secondes... juste cinq putains de secondes. Quelques mètres à faire avant de retrouver mon appart'. Quelques mètres seulement pour atteindre cette foutue porte.


Une fois chez moi, je me suis effondrée. Parce que j'avais eu peur. Parce que j'étais en colère, contre eux et surtout contre moi. En colère parce que je n'avais rien répondu. En colère parce que la première réflexion que je me suis faite c’est que ma robe était peut-être trop courte. Une chape de culpabilité m'est tombée dessus.
Ce n'était pas la première fois que j'entendais des commentaires de mecs dans la rue, mais je n'y faisais pas - ou je ne voulais pas - y faire attention. Comme beaucoup de femmes, j'avais pris l'habitude de mettre mes écouteurs avec de la musique à fond, de marcher vite, d'éviter certaines rues, de baisser les yeux.

Un vendredi banal, mais une vraie prise de conscience

Après cet épisode, j’en ai parlé à mes ami-e-s. Et là, les réflexions qui m’ont le plus dérangée sont celles des femmes, qui m’expliquent qu’elles n’osent plus mettre de jupe quand elles sortent « Ça m'est arrivé aussi. C’est pour ça que j'hésite a mettre une jupe quand on sort en public... ». Les mecs, quant à eux, font de l’humour et tentent de dédramatiser : « Sinon, faut remettre dans son contexte l'approche du pré-pubère auteur de ce petit mot : il est 1h, sa méthode de drague classique a échoué, il ne veut pas dormir sur la béquille, c'est la période du brame, il a tenté un passage en force pour ne pas rentrer bredouille ;-) Sur un malentendu… :-D ».


Heureusement, certain-e-s trouvent les mots justes. « Je compatis. Ce n'est pas à ces hommes de nous dicter notre façon de nous habiller. A 13h ou à 1h du matin, une jupe ne fait pas d'une femme une pute. C'est à eux de changer leur comportement, pas à nous ! ». Ou encore : « Ne portant jamais de jupe, je n'ai pas eu le privilège de connaître ce genre de compliment gratifiant... Le goret en question n'est heureusement pas représentatif de la gente masculine, c'est juste un gros con sans cervelle, sans doute incapable de "pécho", donc qui se venge comme il peut : de façon débile. Oublie ce trou duc', et continue de porter des fringues qui te plaisent ».

J’effectue des recherches sur le net et ce que j'y découvre me fait froid dans le dos. Je ne suis pas la seule à avoir subi ce type d’agression, loin de là. Et c'est une bien maigre consolation.

Alors, reprenons depuis le début. Le harcèlement de rue, puisque c'est de ça dont il s'agit, qualifie « les comportements adressés aux personnes dans les espaces publics et semi-publics, visant à les interpeller verbalement ou non, leur envoyant des messages intimidants, insistants, irrespectueux, humiliants, menaçants, insultants en raison de leur sexe, de leur genre ou de leur orientation sexuelle » (selon le site stopharcelementderue.org).

23 nov. 2016

Acharnement judiciaire sans limites contre un leader syndical Caennais

[Nous nous inspirons ici du texte d'un militant Caennais
avec quelques ajouts]
 
Ce 23 novembre, le secrétaire de l'Union Locale CGT de Caen Franck Mérouze était poursuivi devant le Tribunal de Grande Instance pour outrages envers le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-François Papineau (suite à une plainte de ce dernier datant de juillet 2016). Faut dire que c'est un homme d'honneur Jean-François : l’État c'est lui, la Liberté c'est lui, la Matraque c'est... Tellement d'honneur qu'il nous avait nous aussi menacés de poursuites similaires pour une petite blague radiophonique qui ne semblait pas sur les rails de son humour.


Rassemblement de soutien devant le TGI - 23/11/2016

Franck Mérouze a été convoqué en septembre et auditionné par un officier de police judiciaire qui lui avait alors notifié qu'il était bien poursuivi pour outrage, et seulement pour cela, les autres chefs d'inculpation (diffamation et dénonciation calomnieuse) ayant été abandonnés par la police et le Parquet.

11 nov. 2016

Garance : potiches de salon et salon de potiches !

Hello les girls !
Alors pour le week-end, je vous ai dégotté une idée de sortie hyper hype trop girly : LE Salon Garance, « le salon de toutes les femmes » dixit le sous-titre ! Oh, mais ça a l'air trop bien, je vais pouvoir y aller avec toutes mes copines so fashionnistas ! Il faut dire que l'affiche est alléchante et remplie de promesses : on va pouvoir parler beauté, décoration, évasion, bien-être et création entre filles et ça c'est trop chouette !

THE salon va nous donner, à nous les Femmes « des astuces pour se sentir bien et se faire plaisir » ! Et avant tout, il faut choisir quel life style nous représente le plus. Alors, les girls, à vous de jouer pour découvrir quelle femme vous êtes. Parce que, on a beau être toutes différentes, notre point commun, c'est notre girl attitude !!
...

Nan mais c'est pas bientôt fini toutes ces conneries ?! On est au 21ème siècle, là ?? Vous n'avez pas l'impression qu'on nous prend encore pour des cruches sans cerveau ? Bon allez, on va être sérieuse cinq minutes et réfléchir un peu à ce que nous propose ce salon de la féminitude ou plus clairement de la fumisterie. 

Tout d’abord, à vous de choisir ce qui représente le plus votre style de vie parmi cinq catégories caricaturales et bien prémâchées. Alors, urbaine, bohème, glamour, curieuse ou baroudeuse ? Ça sent le brainstorming de folie les mecs ! On est direct propulsé dans les bas fonds de la presse féminine, Cosmo, Glamour et Femme + !

11 mai 2016

Caen contre le 49-3 : après les flics, les médias sortent les matraques

Trois chiffres suffisent à résumer cet inexorable glissement vers l'infâme opéré par ce gouvernement : 49.3. Ils constituent un coup de plus porté à tous les salariés, étudiants, chômeurs ou précaires en lutte depuis des semaines et tous ceux qui refusent ce monde où la loi du capital domine. 

« Travaille, consomme et ferme ta gueule »

Ainsi nous retiendrons que ce 10 mai, 80 ans après le Front populaire - permis par d'importants mouvements ouvriers et populaires -, un gouvernement qui se dit "socialiste" en aura liquidé l'héritage. Comment le fait-il ? Par la force, par le musellement d’une représentation nationale déjà à la peine, en s'asseyant encore un peu plus sur une démocratie bien mal en point. Ainsi il faudrait que nous voyions bafoué un des principes essentiels de l'esprit des Lumières, celui de la séparation des pouvoirs, et ce sans rien dire, sans protester, sans résister ? Sommes-nous si proche de l'abîme que le silence assourdissant de la résignation collective amène au sacrifie des fondements même des vestiges de la « République sociale » ? Au nom de quoi ? 

Aujourd'hui, quelle honte de voir ce qui est décidé en notre nom par cette oligarchie. Ça fout encore un peu plus la rage. Et il y a de quoi avoir la rage, avoir envie de faire son Lino Ventura et distribuer des paires de claques à ces fossoyeurs (préférez Jean-Claude Van Damme si la finesse n’est pas trop votre truc). Faisons de cette colère une force de résistance. Mieux, une force de conquête !

Action contre le PS à Caen

Cette colère déborde de toute part. Elle est si vaste qu’elle ne peut que s’exprimer en s’amplifiant depuis des mois, des années. Et malgré la sympathie d'un grand nombre de personnes et les efforts déployés pour le populariser, on peut parfois regretter que les grèves n’aient pas l'ampleur espérée, mais se réjouir que les Nuits Debout se constituent en forces de convergence et d’alternatives. Face à ces mouvements, combien d'appréciations lues et entendue ces dernières semaines lui reprochent d’être tantôt animés par des bisounours en manque de réalisme, tantôt d'être un rassemblement de fêtards ?

4 mai 2016

Comment faire la nique au grand capital à coups de fourchette


En attendant le grand soir, mangeons local et de saison

ou pourquoi consommer dans une AMAP ça fait du bien quand on rêve de changer la société (voire ça la change même un petit peu)


Raison n°1 : pour faire la nique à Carrefour, Leclerc, Auchan et au grand capital en s'approvisionnant dans des circuits alternatifs. Oh, cette incomparable satisfaction de savoir à qui iront nos deniers, un des seuls leviers qui nous restent à nous, humbles citoyens. Bien plus qu'un bulletin de vote, vous en conviendrez !
Car en AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne) pas d'intermédiaire entre celui qui fait pousser et celui qui mange. C'est pas toujours facile, bien moins que d'aller mettre un filet de tomates dans un caddie, ça c'est certain !
Et puis, relativisons la corvée du panier de légumes à cuisiner ou des courses à faire dans plusieurs endroits. Un mec intelligent m'a dit un jour que les actes vécus comme pénibles étaient relatifs et qu'un samedi de courses à Mondeville 2 avec les embouteillages, la queue à la caisse et le stress généré, ça valait bien un lavage ou un épluchage de topinambours (et oui, le topinambour est taquin). 

20 avr. 2016

Denis Robert, les banques et le cataclysme qui vient

Le journaliste Denis Robert en a bavé. Seul durant des années contre la multinationale Clearstream durant des années. Il a découvert un système, enquêté sur chaque chaînon, décortiqué le moindre mécanisme de la machine à planquer le pognon. Alors quand on a entendu parler des Panama Papers et constaté l'emballement médiatique inédit à ce sujet, on a eu envie de retourner le voir... Rencontre avec un pionnier !


Racailles (R) - Ces dernières semaines les « Panama Papers » ont été très présents dans l'actualité. Tu as publié un billet très diffusé sur internet pour dire que ces révélations n'en sont pas vraiment étant donné que tu avais déjà été toi-même un lanceur d'alerte à ce sujet lors de tes enquêtes sur Clearstream…

Denis Robert (DR) - Je suis plutôt ravi que les médias en parlent et que Le Monde et Cash Investigation fassent des tartines là-dessus (et pour une fois avec des noms). Mais ce que je trouve incroyable et qui fait plus que m'agacer est l'attitude des politiques, et plus précisément de l'actuel gouvernement qui devait faire de la lutte contre la finance son cheval de bataille et qui n'a rien fait. Ils s'avèrent particulièrement en-dessous de tout sur la protection des lanceurs d'alertes. Alors qu'il y a eu notamment SwissLeaks ou Luxleaks, il n'a rien fait. Et là, dans le jeu de l'émotion, il fait croire qu'il va faire quelque chose, mais je n'y crois plus. En revanche on sent qu'il y a de l'électricité dans l'air et que les gens se saisissent de ce sujet.

J'ai été le premier à dénoncer ce fonctionnement de la finance et cela a fait de moi une sorte de pionnier. Aujourd'hui c'est un consortium international de plus de 100 journalistes qui a travaillé sur les Panama Papers. L'impact n'est donc pas du tout le même bien qu'à mon époque nous ayons fait l'ouverture des JT de 20 heures et que le PDG de la multinationale a été viré. Mais à l'époque, alors que je dénonçais déjà les filiales des banques françaises dans les paradis fiscaux, Le Monde a pris la défense des banques contre moi. Et aujourd'hui, ces mêmes journalistes qui écrivaient ces articles passent pour des investigateurs uniquement parce qu'ils ont reçu des documents. Ces gens semblent être sans mémoire et redécouvrent un peu la lune ! Alors certes cette attitude est pour moi déplaisante, mais cela reste très bien que ce nouveau scandale soit largement traité.

commentaire de Denis Robert publié sur Facebook

18 avr. 2016

Donc, la démocratie est morte

Nous avons reçu ce texte rédigé par un lycéen Caennais. Il évoque les violences policières et l'évacuation de la Nuit debout du 46 mars (15 avril) dernier.

AG de la Nuit debout à Caen le 15 avril

Belle nuit place Saint Sauveur à Caen ! Une centaine de citoyens avait décidé de suivre le mouvement national de la "Nuit debout", opération totalement pacifique consistant en se rassembler, discuter, faire naître des idées, des projets, et montrer son opposition à un projet de loi polémique. Malheureusement, nous sommes actuellement en État d'urgence !
État d'urgence : procédé très pratique qui permet à l'État de réprimer les libertés de ses citoyens selon sa volonté, et uniquement quand cela l'arrange. 
Ceci a donc justifié cette nuit l'évacuation de la place Saint Sauveur par les CRS, usant de gaz lacrymogènes. Évidemment... Comprenez ô combien un groupe de citoyens qui discute, partage et réfléchit est dangereux pour les élites par les temps qui courent ! 
Oui, je vous l'affirme, la démocratie est morte. La démocratie se meurt depuis un bon moment dans notre cher pays, mais nous atteignons actuellement un point encore jamais vu auparavant. La répression de nos libertés s'effectue depuis un moment déjà : figurez-vous que certaines villes en France ont instauré un couvre-feu pour les jeunes, les interdisant de sortir dans les rues passée une certaine heure le soir [ceci a été par exemple instauré à Lisieux - NDLR]. Voyez-vous arriver par là peu à peu la violation de nos libertés individuelles ? Si ce n'est pas le cas, vous devriez car vous risqueriez sinon d'être surpris un jour, lorsque vous serez destitués de tous vos droits. 
Heureusement pour nous, Normands, la ville de Caen n'a pas encore imaginé ce genre de mesure ! Nous pouvons donc encore, le soir, sortir rue Ecuyère avec nos amis, pour faire ce que l'on ne citera pas ici. Mais avez-vous déjà vu une fois les CRS débarquer rue Ec' pour disperser les fêtards à l'aide de gaz lacrymogènes ? Non [la dernière intervention importante eut lieu en mars 2006 en marge de "Bar à Zik" où la police avait, sans raison, chargé les rues piétonnes et terrasses bondées - NDLR].

11 avr. 2016

Caen - L'hôtel de Than va être restauré en foyer d'urgence

L'hôtel de Than, situé boulevard Maréchal-Leclerc, devrait être restauré d'ici fin 2017, en appartements d'hébergement d'urgence. L'ancien cinéma Pathé, situé juste à côté, sera détruit.

À Caen, l'ancien hôtel de Than, situé boulevard Maréchal-Leclerc, va faire l'objet d'une restauration comme l'indique le journal Ouest France. D'ici fin 2016, des appartements accueillant des personnes mises à la rue devraient y voir le jour, comprenant des T1, T2 et T3, ainsi qu'une épicerie solidaire au rez-de-chaussée gérée par le CCAS (Centre communal d'action sociale) de la Ville de Caen. L'ancien cinéma Pathé, situé juste à côté, sera détruit. La ville est en négociations pour y construire un autre foyer d'urgence. C'est le service de veille sociale 115 qui sera chargé de la gestion de ce lieu. Selon Joël Bruneau, Maire de Caen, ce nouveau lieu "permettra enfin d'ouvrir le centre-ville aux populations les plus fragiles, toujours repoussées à l'extérieur des villes depuis des décennies". Il ajoute que "c'est un nouveau choix politique décidé par la municipalité, un rééquilibrage en quelque sorte". Un constat partagé par Evelyne Pambou, directrice départementale de la cohésion sociale du Calvados : "financer à fonds perdus des nuitées d'hôtel et devoir parfois laisser des familles entières dormir à la rue n'est plus possible. C'est une nouvelle dynamique volontariste de l’État pour assurer une réelle prise en charge sociale et que plus personne ne dorme à la rue à Caen d'ici 2017". Elle annonce ainsi que plusieurs centaines de places devraient être crées afin d'accueillir les SDF, les ménages victimes d'expulsions locatives et les migrants en attente de titre. 

7 avr. 2016

Carrouf' Caen et le travail (forcé) du dimanche

Article publié dans Racailles n°68

“Putain, y a pu d’beurre et d’confiotte !”
Avouez, vous aussi ça vous parle ces déconvenues du dimanche matin ! De quoi vous flinguer tout le week-end. Heureusement, le Dieu du commerce - Ô Macron - vous offre une vie meilleure. Grâce aux gens qui se lèvent pour aller se casser le popotin dans le froid et les vapeurs dominicales, y a tout c’quon veut quand on veut. Ils paraît qu’on appelle cela le “j’obtimisme” !
Piquet de grève à Caen - 22 mars 2016
Le groupe Carrefour, garant du bonheur commun, avait dès 2012 bien compris ces enjeux. Alors pour vous filer du beurre pour les tartines et sous couvert de mettre du beurre dans les épinards de leurs travailleurs précarisés, il a voulu ouvrir quatre supermarchés sept jours sur sept à Caen et faire travailler ces derniers le dimanche. Mais patatra ! La CGT Commerce du Calvados a défendu ces travailleurs, attaquant Carrefour au tribunal. Quelques mauvaises langues diront que la CGT préfère le sandwich saucisse aux tartines. Qu’à cela ne tienne… Elle a gagné (voir ICI). Inenvisageable pour Carrouf’ d’accepter cette décision qui va en appel (voir ), en cassation et… perd à chaque fois !

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais c’est mal connaître l’esprit revanchard du groupe Carrefour et sa détermination sans faille de faire du dimanche un jour de la semaine déshumanisé. C’est une façon comme une autre pour le groupe d’asservir encore un peu plus « ses » salariés. Et la loi Macron est passée par là... Fin 2015 le tribunal administratif décide d’annuler l’arrêté d’interdiction d’ouverture des commerces. Dans la foulée le préfet décide d’abroger l’arrêté. Hourra !
Mais comment convaincre la poignée d’irréductibles travailleurs qui refusent envers et contre tout de sacrifier leur vie personnelle. Carrouf’ dépêche trois cadres dans les Carrefour Contact. Il faut faire taire ces misérables qui décidément ne comprennent rien à rien et leur montrer qui est le patron dans la boutique ! Le magasin avenue de Paris à Caen/Mondeville est vent debout et le conflit n’est pas prêt de s’apaiser et les employés sont combatifs. Fin mars ils ont accueilli les cadres-pingoins avec un piquet de grève. Ils sont ainsi les salariés du dernier Carrefour Contact de France fermé le dimanche. Le bras de fer perdure face à ce Goliath, dans un combat bien inégal. Mais si pour une fois l’histoire se répétait et leur donnait raison…

Igmack

6 avr. 2016

C'est le printemps et tout peut basculer vers l'espoir !

 CHRONIQUE DIFFUSÉE DANS RACAILLES RADIO (1er avril 2016)

Youhou, c'est le printemps !
Après la pluie (la préfecture avait en effet déposé un avis de vigilance orange pour gaz lacrymos et matraques qui devaient nous tomber sur la gueule jeudi 31 mars) vient le beau temps, les jours heureux ... On va bientôt fêter les travailleurs (enfin ceux qui restent), guincher dans les guinguettes et chanter le temps des cerises... Qui sait ?!

#NuitDebout place de la République (Paris)

Il se lève quelque énergie dans ce pays, le désespoir est peut-être en train de se commuer en espoir. Après les attentats terroristes, l'état d'urgence, la toute puissance et l'omniprésence des gens armés est devenu terrifiante, qu'il s'agisse des terroristes, mais aussi des policiers, des militaires (vous savez ces gens très très très très mal élevés qui ne servent à rien d'autre qu'à exporter l'impérialisme français et sont encore accusés de centaines de viol en Centrafrique). On voit bien que ce sont tous ces gens armés qui ne font que répandre la peur et la violence.

Face à tous ces gens en armes, d'autres forces surgissent pour ne pas tomber dans le piège d'un état policier, mais surtout pour proposer un autre modèle de société.

4 avr. 2016

La chronique éco de Nico - De la théorie à l'idéologie...

CHRONIQUE DIFFUSÉE DANS RACAILLES RADIO (1er avril 2016)

De la théorie à l'idéologie passant par un pragmatisme critique

Je vous propose une réflexion à la fois sur les théories économiques qui devraient permettre d’expliquer le monde et sur la tendance à transformer la théorie en idéologie, comme c’est souvent le cas pour les théories néo-classiques, le nom officiel du libéralisme économique.

Pour ce faire, nous nous servirons de deux propositions de politique économique, celle qui sert à justifier la loi dite « El Khomri », sur le « travail » et celle émanant de Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne (BCE).

Dans une pétition publiée par Le Monde, qui a réuni 31 signataires dont le Prix Nobel d’économie 2014, Jean Tirole et le titulaire de la chaire d’économie au Collège de France, Philippe Aghion pour défendre le projet de loi. Ils affirmaient qu’en « réduisant fortement l’incertitude attachée à la rupture des contrats de travail, le projet de loi incite les entreprises à revenir vers des embauches en CDI ». Ils reconnaissent aussi que la conséquence sera de « flexibiliser le CDI » soit de précariser l’ensemble des salarié.e.s. Ainsi pour lutter contre les inégalités et la précarité - leur objectif - ils arrivent à élargir la précarité. Tou.te.s précaires donc disparition de la précarité !

2 avr. 2016

Racailles n°68, le journal qui s'est remis au travail !

Il est tout nouveau tout beau ! Racailles n°68 est dispo et a déjà été diffusé à plusieurs centaines d'exemplaires. Vous pouvez le feuilleter en ligne et le télécharger en cliquant sur l'image ci-dessous.

https://issuu.com/journalracailles/docs/racailles_68_feuilles____feuilles

Sommaire :

CONSULTER LE JOURNAL EN LIGNE

20 mars 2016

Racailles appelle à une "Nuit Debout" le 31 mars à Caen

Article mis à jour le 04 avril 2016

Après la manifestation du 31 mars contre la loi travail, ne rentrons pas chez nous. Refusons de nous coucher. La résignation ça suffit ! Oui, #OnVautMieuxQueÇa ! 
 

Place à l'intérêt général et non plus à celui d'une minorité possédante qui fait sa loi dans notre pays. Trop c'est trop !
Retrouvons-nous dans la rue, occupons l'espace public, organisons une agora géante pour dire et construire ensemble ce que nous voulons. Et pour accompagner tout ça, un repas partagé, de la musique, du théâtre de rue,...

La Nuit Debout à Caen

19 mars 2016

Le marmiton renversé : 15 conseils pour bien réussir sa grève générale

Chronique diffusée dans Racailles Radio le 18 mars 2016
et publiée dans Racailles n°68


Pour faire une bonne grève générale, onctueuse, et victorieuse, il faut que la mayonnaise prenne. Un certain nombre d'ingrédients sont indispensables. Nous en avons réuni 15 ici, mais cette liste n'est bien sûr pas exhaustive !
 

Conseil n°1 - L'unité

Depuis les guerres médiques jusqu'à l'alliance entre Américains et Soviétiques lors du dernier conflit mondial, pour gagner, même face à un adversaire puissant, c'est bien connu, il faut se serrer les coudes plutôt que se tirer dans les pattes, et c'est pas Sun Tzu qui dirait le contraire. Là, l'adversaire est puissant, on le sait, le rapport de force est en sa faveur puisque c'est lui qui dispose des forces répressives, de l'arsenal médiatique, des moyens financiers... Qui plus est, la première de ses stratégies est bien sûr de diviser pour mieux régner. Alors pensons toujours à ne pas sombrer dans ce piège grossier qu'est la division.

Conseil n°2 - L'alliance public - privé

Eh ouais, comme dit plus haut, en face de nous, ils essaient toujours de nous diviser, de nous monter les uns contre les autres. 
Alors, le coup classique, c'est de dire aux travailleurs du privé : “regardez ces feignasses de fonctionnaires qui font grève tout le temps alors qu'ils sont payés comme des princes et qu'ils ont la sécurité de l'emploi”.
D'abord ce n'est plus tout à fait vrai aujourd'hui. Ensuite, il faut que les fonctionnaires montrent qu'ils se battent pour tout le monde et notamment pour les travailleurs du privé qui n'ont pas toujours les moyens de se mobiliser. Enfin, il ne faut pas tomber dans ce piège grossier qui consiste à vouloir niveler par le bas. Il faut que les salariés du privé, s'ils sont désavantagés, réclament les même droits que les salariés du public, et non pas l'inverse. 

14 mars 2016

Trois questions à Frédéric Lordon - #OnVautMieuxQueÇa

Alors qu'on traînait nos godasses et nos banderoles du côté d'Amiens chez les copains de Fakir qui organisaient « Le Réveil des betteraves » début mars, on a croisé Frédéric Lordon. On lui a donc posé trois petites questions sur… disons… l'air du temps ! 

F. Lordon au "Réveil des Betteraves" le 12.03.2016
Frédéric Lordon est économiste et sociologue, membre du collectif des Économistes atterrés, directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE)

Racailles (R) : Le film Merci Patron de François Ruffin cartonne en salle depuis février [voir notre article spécial ICI] et s'inscrit dans un contexte de bouillonnement social. Peut-on dire aujourd'hui que « le fond de l'air est rouge » ? [comme le titre du film de Chris Marker sorti en 1977 consacré à l'émergence de la Nouvelle gauche (New Left) et des mouvements contestataires à l'échelle du monde - NDLR]
Frédéric Lordon (FL) : Ça ne serait pas du tout mal en effet ! Certes il ne faut pas trop pousser Mémé dans les bégonias et prendre son désir pour la réalité mais on voit que ça commence à rosir de nouveau et qu'il se passe quelque chose aujourd'hui dans notre pays. Et si on souhaite vraiment que cela prenne, il faut y mettre une bonne dose d'huile de coude ! Partout il faut organiser des mouvements où l'ensemble des sphères contestataires de la société puissent se réunir. Il faut dire que la situation actuelle est nettement facilitée par nos dirigeants qui nous donnent un sacré coup de main pour converger ! Car la loi El Khomri est une énorme pince Monseigneur, un effet de levier plus qu'impressionnant. Donc il serait presque bon d'adresser à Valls et Hollande notre gratitude car il n'y a pas mieux pour pousser les gens dans la rue ! 

Frédéric Lordon
R : On n'attendait rien de Hollande et il a tout de même réussi à décevoir ! Finalement, il redonne l'espoir à gauche ?!  
FL : Effectivement, Hollande et Valls parviennent à faire - malgré eux - l'unité du peuple de gauche ! Emmanuel Todd s'était laissé aller à une prophétie hasardeuse en parlant ironiquement de « hollandisme révolutionnaire ». Personnellement, je m'étais allé à penser que ce hollandisme avait en effet quelque chose de révolutionnaire étant donné qu'on n'avait jamais vu un gouvernement étiqueté à gauche aller aussi loin à droite. Ceci est porteur d'un mouvement de restructuration politique qui en soit est assez impressionnant.

28 févr. 2016

Le Stade Malherbe plébiscite la femme-objet

Article publié dans Racailles n°68

Afin de promouvoir le sport, la solidarité, la tolérance, le partage, l'amour du jeu, l'égalité femmes-hommes, le respect, et toutes ces valeurs qui caractérisent l'univers du football professionnel [sic], le Stade Malherbe de Caen (SMC) sort son atout ultime : un concours de Miss. A trop avoir fêté son centenaire en 2013, le club aurait-il oublié que les droits et l'image des femmes ont évolué depuis un siècle ?
« Oh putain, quelle bande de cons ». Voilà ce que furent mes premières paroles un matin de début février. Pourquoi tant de violence matinale primaire me direz-vous ? Certes, ma délicatesse langagière est régulièrement mise à mal par les infos (du matin comme du soir). Mais là je venais de tomber sur la Une de Ouest France titrant « Qui veut devenir Miss Stade Malherbe 2016-2017 ? ». En voilà une initiative progressiste et pertinente ! Trouver une ambassadrice de charme, une femme-objet, une tête de gondole, un produit phare, afin de… de... on ne sait pas trop quoi d'ailleurs. Le SMC souhaite-t-il échauder quelques-uns des supporters mâles, imaginant que leur testostérone serait aussi salement grasse et dégoulinante qu'un cornet de frites englouti avant le match ?!

21 févr. 2016

"C'est à Bernard Arnault que j'ai envie de mettre des baffes !" - Rencontre avec François Ruffin pour "Merci Patron !" [+AUDIO]

Article publié dans Racailles n°68

Merci Patron !, en voilà un film qui fout un sacré coup de boost grâce à un extraordinaire mélange de combativité, de solidarité et d'humour. Et c'est le journaliste François Ruffin qui nous l'offre. Nous l'avons reçu dans notre émission Racailles Radio enregistrée au Cinéma Lux (Caen) à l'occasion de l'avant-première du film le 11 février dernier. Rencontre à écouter et/ou à lire. 



Racailles (R) : Commençons simplement. Merci Patron !, c’est quoi ?
François Ruffin (FR), ironique : Il s'agit de réconcilier deux France : la France d'en haut celle de Bernard Arnault, l'homme le plus riche de France et patron du groupe de luxe LVMH, et la France d'en bas, celle des ouvriers qui ont été licenciés entre autres par ce patron. Je souhaite avoir une démarche d'ambassadeur du dialogue social, dialogue parfois compliqué !
D'ailleurs je souhaitais être payé par LVMH pour accomplir ma démarche. J'ai donc rencontré le Secrétaire Général afin que le groupe finance le film. Au début, comme on était tous bénévoles, je lui ai proposé un budget à 14,90€ griffonné sur un coin de table ! Mais comme il faut être sérieux et qu'on n'est sérieux avec ces gens-là qu'à partir d'un million d'euros, j'ai refait un budget sur un joli tableau Excel afin d'arriver à un million (incluant des sosies de Bernard Arnault, des centaines de figurants pour envahir ses assemblées générales des actionnaires, etc). Finalement cela n'a pas été accepté malgré un vrai travail de communication !!!

R : Cette obsession pour Bernard Arnault n'est-elle pas une sorte de syndrome de Stockholm ?!
FR : En fait, je suis pluri-obsessionnel, c'est à dire que j'arrive à développer un pluralisme dans mes obsessions ! Par exemple, cela fait 15 ans que je me bagarre pour la reconnaissance d'un accident du travail sur un chantier d'insertion à Amiens [à lire ICI]. Depuis 2005 je suis assez attaché à la figure de Bernard Arnault mais je fais plein de choses à côté de cet amour véritable et profond pour lui !

R : Ce ton sarcastique et acerbe fait la force de Merci Patron !. C'est rare dans les films engagés et militants traditionnels, parfois très compassionnels, parfois tristes et cantonnés face à des constats. Tu demandes par exemple à des victimes d'un plan de licenciement massif si elles sont bien en recherche d'emploi !
FR : Je souhaite convertir une colère en humour. Je suis animé par une grande colère face à ce qu'on a fait à ces gens, à ma région et face à cette violence qu'on fait subir aux classes populaires. Si cette colère s'exprime en faisant la liste de toutes les batailles perdues et en disant « constatez ces délocalisations et cette désindustrialisation », c'est assez exclusif. Les gens se sentiront plus rejetés au lieu d'avoir l'envie d'embrasser une cause. Il s'agit donc de trouver des modes de dialogue qui font qu'on a envie d'en être, de faire masse.
Dans la forme, le fait que j'incarne un personnage un peu similaire à Dominique Seux des Echos (donc salarié de Bernard Arnault) - en en faisant un Dominique Seux un peu candide qui ne resterait pas dans son petit studio de France Inter mais qui irait vérifier chez les gens s'ils sont bien en recherche d'emploi - montre immédiatement l'absurdité des chroniques de Dominique Seux. Ce procédé est aussi une manière de remettre les gens en vie et en action en les brusquant par d'autres procédés que la seule compassion et l’empathie.

R : Mais ne penses-tu pas aller parfois trop loin en usant de ce procédé, au début du film par exemple avec une syndicaliste que tu pousses à bout en lui demandant si elle ne trouve pas que Bernard Arnault est un grand homme ?
FR : J'aime bien aller jusqu'à la limite, même physique. Il m'est par exemple arrivé d'aller tracter le programme de Sarkozy déguisé en Jeune Pop' en 2010 durant les grèves contre la réforme des retraites en disant aux gens « voyez ce tas de parasites qui défile derrière nous... » [à voir dans la vidéo ci-dessous - NDLR]. Cela permet de faire sortir chez l'autre une argumentation beaucoup plus vive que si on dit simplement « vous avez raison... ». Dans le film, j'opère de la même manière avec sœur Catherine Thierry, ancienne déléguée CFDT chez Boussac-Saint-Frères (LVMH). Cela permet à ce qu'elle ne dise pas juste « oui oui, tu as raison, il nous a vraiment fait du mal » et à sa colère de s'exprimer de nouveau, comme si cela s'était passé hier.