20 mars 2016

Racailles appelle à une "Nuit Debout" le 31 mars à Caen

Article mis à jour le 04 avril 2016

Après la manifestation du 31 mars contre la loi travail, ne rentrons pas chez nous. Refusons de nous coucher. La résignation ça suffit ! Oui, #OnVautMieuxQueÇa ! 
 

Place à l'intérêt général et non plus à celui d'une minorité possédante qui fait sa loi dans notre pays. Trop c'est trop !
Retrouvons-nous dans la rue, occupons l'espace public, organisons une agora géante pour dire et construire ensemble ce que nous voulons. Et pour accompagner tout ça, un repas partagé, de la musique, du théâtre de rue,...

La Nuit Debout à Caen

19 mars 2016

Le marmiton renversé : 15 conseils pour bien réussir sa grève générale

Chronique diffusée dans Racailles Radio le 18 mars 2016
et publiée dans Racailles n°68


Pour faire une bonne grève générale, onctueuse, et victorieuse, il faut que la mayonnaise prenne. Un certain nombre d'ingrédients sont indispensables. Nous en avons réuni 15 ici, mais cette liste n'est bien sûr pas exhaustive !
 

Conseil n°1 - L'unité

Depuis les guerres médiques jusqu'à l'alliance entre Américains et Soviétiques lors du dernier conflit mondial, pour gagner, même face à un adversaire puissant, c'est bien connu, il faut se serrer les coudes plutôt que se tirer dans les pattes, et c'est pas Sun Tzu qui dirait le contraire. Là, l'adversaire est puissant, on le sait, le rapport de force est en sa faveur puisque c'est lui qui dispose des forces répressives, de l'arsenal médiatique, des moyens financiers... Qui plus est, la première de ses stratégies est bien sûr de diviser pour mieux régner. Alors pensons toujours à ne pas sombrer dans ce piège grossier qu'est la division.

Conseil n°2 - L'alliance public - privé

Eh ouais, comme dit plus haut, en face de nous, ils essaient toujours de nous diviser, de nous monter les uns contre les autres. 
Alors, le coup classique, c'est de dire aux travailleurs du privé : “regardez ces feignasses de fonctionnaires qui font grève tout le temps alors qu'ils sont payés comme des princes et qu'ils ont la sécurité de l'emploi”.
D'abord ce n'est plus tout à fait vrai aujourd'hui. Ensuite, il faut que les fonctionnaires montrent qu'ils se battent pour tout le monde et notamment pour les travailleurs du privé qui n'ont pas toujours les moyens de se mobiliser. Enfin, il ne faut pas tomber dans ce piège grossier qui consiste à vouloir niveler par le bas. Il faut que les salariés du privé, s'ils sont désavantagés, réclament les même droits que les salariés du public, et non pas l'inverse. 

14 mars 2016

Trois questions à Frédéric Lordon - #OnVautMieuxQueÇa

Alors qu'on traînait nos godasses et nos banderoles du côté d'Amiens chez les copains de Fakir qui organisaient « Le Réveil des betteraves » début mars, on a croisé Frédéric Lordon. On lui a donc posé trois petites questions sur… disons… l'air du temps ! 

F. Lordon au "Réveil des Betteraves" le 12.03.2016
Frédéric Lordon est économiste et sociologue, membre du collectif des Économistes atterrés, directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE)

Racailles (R) : Le film Merci Patron de François Ruffin cartonne en salle depuis février [voir notre article spécial ICI] et s'inscrit dans un contexte de bouillonnement social. Peut-on dire aujourd'hui que « le fond de l'air est rouge » ? [comme le titre du film de Chris Marker sorti en 1977 consacré à l'émergence de la Nouvelle gauche (New Left) et des mouvements contestataires à l'échelle du monde - NDLR]
Frédéric Lordon (FL) : Ça ne serait pas du tout mal en effet ! Certes il ne faut pas trop pousser Mémé dans les bégonias et prendre son désir pour la réalité mais on voit que ça commence à rosir de nouveau et qu'il se passe quelque chose aujourd'hui dans notre pays. Et si on souhaite vraiment que cela prenne, il faut y mettre une bonne dose d'huile de coude ! Partout il faut organiser des mouvements où l'ensemble des sphères contestataires de la société puissent se réunir. Il faut dire que la situation actuelle est nettement facilitée par nos dirigeants qui nous donnent un sacré coup de main pour converger ! Car la loi El Khomri est une énorme pince Monseigneur, un effet de levier plus qu'impressionnant. Donc il serait presque bon d'adresser à Valls et Hollande notre gratitude car il n'y a pas mieux pour pousser les gens dans la rue ! 

Frédéric Lordon
R : On n'attendait rien de Hollande et il a tout de même réussi à décevoir ! Finalement, il redonne l'espoir à gauche ?!  
FL : Effectivement, Hollande et Valls parviennent à faire - malgré eux - l'unité du peuple de gauche ! Emmanuel Todd s'était laissé aller à une prophétie hasardeuse en parlant ironiquement de « hollandisme révolutionnaire ». Personnellement, je m'étais allé à penser que ce hollandisme avait en effet quelque chose de révolutionnaire étant donné qu'on n'avait jamais vu un gouvernement étiqueté à gauche aller aussi loin à droite. Ceci est porteur d'un mouvement de restructuration politique qui en soit est assez impressionnant.