7 avr. 2016

Carrouf' Caen et le travail (forcé) du dimanche

Article publié dans Racailles n°68

“Putain, y a pu d’beurre et d’confiotte !”
Avouez, vous aussi ça vous parle ces déconvenues du dimanche matin ! De quoi vous flinguer tout le week-end. Heureusement, le Dieu du commerce - Ô Macron - vous offre une vie meilleure. Grâce aux gens qui se lèvent pour aller se casser le popotin dans le froid et les vapeurs dominicales, y a tout c’quon veut quand on veut. Ils paraît qu’on appelle cela le “j’obtimisme” !
Piquet de grève à Caen - 22 mars 2016
Le groupe Carrefour, garant du bonheur commun, avait dès 2012 bien compris ces enjeux. Alors pour vous filer du beurre pour les tartines et sous couvert de mettre du beurre dans les épinards de leurs travailleurs précarisés, il a voulu ouvrir quatre supermarchés sept jours sur sept à Caen et faire travailler ces derniers le dimanche. Mais patatra ! La CGT Commerce du Calvados a défendu ces travailleurs, attaquant Carrefour au tribunal. Quelques mauvaises langues diront que la CGT préfère le sandwich saucisse aux tartines. Qu’à cela ne tienne… Elle a gagné (voir ICI). Inenvisageable pour Carrouf’ d’accepter cette décision qui va en appel (voir ), en cassation et… perd à chaque fois !

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais c’est mal connaître l’esprit revanchard du groupe Carrefour et sa détermination sans faille de faire du dimanche un jour de la semaine déshumanisé. C’est une façon comme une autre pour le groupe d’asservir encore un peu plus « ses » salariés. Et la loi Macron est passée par là... Fin 2015 le tribunal administratif décide d’annuler l’arrêté d’interdiction d’ouverture des commerces. Dans la foulée le préfet décide d’abroger l’arrêté. Hourra !
Mais comment convaincre la poignée d’irréductibles travailleurs qui refusent envers et contre tout de sacrifier leur vie personnelle. Carrouf’ dépêche trois cadres dans les Carrefour Contact. Il faut faire taire ces misérables qui décidément ne comprennent rien à rien et leur montrer qui est le patron dans la boutique ! Le magasin avenue de Paris à Caen/Mondeville est vent debout et le conflit n’est pas prêt de s’apaiser et les employés sont combatifs. Fin mars ils ont accueilli les cadres-pingoins avec un piquet de grève. Ils sont ainsi les salariés du dernier Carrefour Contact de France fermé le dimanche. Le bras de fer perdure face à ce Goliath, dans un combat bien inégal. Mais si pour une fois l’histoire se répétait et leur donnait raison…

Igmack

1 commentaire:

  1. Fermeture immédiate des camps de consommation ! (oh !? Mais c'est le point Godwin !?)

    RépondreSupprimer

Commentez comme vous le souhaitez, mais sans donner raison au point Godwin...