6 avr. 2016

C'est le printemps et tout peut basculer vers l'espoir !

 CHRONIQUE DIFFUSÉE DANS RACAILLES RADIO (1er avril 2016)

Youhou, c'est le printemps !
Après la pluie (la préfecture avait en effet déposé un avis de vigilance orange pour gaz lacrymos et matraques qui devaient nous tomber sur la gueule jeudi 31 mars) vient le beau temps, les jours heureux ... On va bientôt fêter les travailleurs (enfin ceux qui restent), guincher dans les guinguettes et chanter le temps des cerises... Qui sait ?!

#NuitDebout place de la République (Paris)

Il se lève quelque énergie dans ce pays, le désespoir est peut-être en train de se commuer en espoir. Après les attentats terroristes, l'état d'urgence, la toute puissance et l'omniprésence des gens armés est devenu terrifiante, qu'il s'agisse des terroristes, mais aussi des policiers, des militaires (vous savez ces gens très très très très mal élevés qui ne servent à rien d'autre qu'à exporter l'impérialisme français et sont encore accusés de centaines de viol en Centrafrique). On voit bien que ce sont tous ces gens armés qui ne font que répandre la peur et la violence.

Face à tous ces gens en armes, d'autres forces surgissent pour ne pas tomber dans le piège d'un état policier, mais surtout pour proposer un autre modèle de société.

En effet la répression policière est démesurée et injustifiée. Aujourd'hui, on peut être interpellé et faire une garde à vue pour le seul fait de participer à une manifestation non déposée en préfecture (c'est ce que nous avons vu jeudi 31 mars à Caen où un copain a été arrêté sans aucun autre motif - écouter son témoignage ICI). Quelle absurdité ! Il faut demander le droit de protester au gouvernement contre lequel nous protestons. Une situation complètement ubuesque dans un monde complètement ubuesque, où il reste heureusement des gens un tant soit peu raisonnés (et notamment la jeunesse qui ne veut pas vivre dans un monde pareil) qui tentent de le transformer. Ce monde est absurde, comme on le répète tout le temps chez Racailles Corporation (sic), il essaie de maintenir un système financier, productiviste à bout de souffle.
Ce qui était complètement insensé ces derniers jours, c'était aussi de voir un parti se réclamant de gauche tenter d'inscrire la déchéance de nationalité et l'état d'urgence dans la Constitution et de voir la droite entraver ce projet. Tout ce monde là marche sur la tête - on le dit - et on fait surtout le constat d'un parti unique qui gouverne alternativement mais qui a le même ADN capitaliste complètement dépassé. Une pancarte dans les manifestations de jeudi 31 mars résume très bien ce message “9 ans de Sarkozy ça suffit, démission !”.
Il ne faut pas oublier, contrairement à ce qu' a affirmé Valls (qui ne veut rien excuser, et encore moins ses propres responsabilités) que la précarité, la pauvreté croissante, la répression permanente,... c'est tout ça qui génère de l'amertume, de la frustration, de la haine, et voire parfois le terrorisme.

Alors dans notre pays, il se passe quelque chose. Mais pas seulement dans notre pays, car lorsque l'absurdité - que ce soit la concentration des richesses, la destruction de notre environnement, le mépris des migrants (qui ne font qu'essayer de survivre) - ou les injustices arrivent à leur paroxysme, il ne faut pas grand chose. Il ne faut pas grand chose pour que tout bascule subitement. Tout le monde est exaspéré, désespéré, et c'est au summum de ce désespoir que tout peut basculer vers l'espoir. Car au final, on n'a plus grand chose à protéger et à défendre maintenant, mais on a tout à imaginer et à conquérir.

C'est pourquoi on entend beaucoup dans ce mouvement contre la loi travail, dans des manifestants qui veulent aller bien au delà du simple retrait de cette loi. 
C'est pourquoi la convergence des luttes entre lycéens, étudiants, fonctionnaires, salariés du privé, chômeurs, zadistes ou paysans est déjà à l’œuvre. Car on ne se bat pas simplement contre un projet de loi, on se bat contre un système dans son ensemble ! 
C'est pourquoi a émergé la Nuit Debout où des gens commencent à occuper des places dans les grandes villes du pays, pour se réapproprier le pouvoir et le partager entre eux, pour faire vivre la démocratie comme on le fait depuis 2500 ans maintenant, en parlant entre nous sur les places publiques, en donnant la parole à ceux qui ne l'ont jamais et que personne ne représente jamais (ou si rarement) au Parlement. 
On a besoin d'agoras, on a besoin de se confronter aux autres, pour sortir de notre petit égoïsme quotidien et pour construire des projets collectifs. Un peu comme on tente de le faire à Racailles, un collectif qui donne la parole aux petits, aux opprimés, à ceux qu'on étouffe, aux rêveurs et aux marginaux de tout poil, et tout cela sans aucune prétention. Il faut renverser ce vieux monde complètement périmé et en construire un nouveau, avec tout le monde et pour tout le monde !

XX

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