4 mai 2016

Comment faire la nique au grand capital à coups de fourchette


En attendant le grand soir, mangeons local et de saison

ou pourquoi consommer dans une AMAP ça fait du bien quand on rêve de changer la société (voire ça la change même un petit peu)


Raison n°1 : pour faire la nique à Carrefour, Leclerc, Auchan et au grand capital en s'approvisionnant dans des circuits alternatifs. Oh, cette incomparable satisfaction de savoir à qui iront nos deniers, un des seuls leviers qui nous restent à nous, humbles citoyens. Bien plus qu'un bulletin de vote, vous en conviendrez !
Car en AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne) pas d'intermédiaire entre celui qui fait pousser et celui qui mange. C'est pas toujours facile, bien moins que d'aller mettre un filet de tomates dans un caddie, ça c'est certain !
Et puis, relativisons la corvée du panier de légumes à cuisiner ou des courses à faire dans plusieurs endroits. Un mec intelligent m'a dit un jour que les actes vécus comme pénibles étaient relatifs et qu'un samedi de courses à Mondeville 2 avec les embouteillages, la queue à la caisse et le stress généré, ça valait bien un lavage ou un épluchage de topinambours (et oui, le topinambour est taquin). 


Raison n°2 : pour faire la nique à Monsanto, Savéol et à tous ceux qui veulent breveter le vivant et se la jouer Attila. 
En général, les maraîchers livrant en AMAP sont plutôt du genre agriculture biologique. Le système AMAP permet au consommateur de rencontrer le producteur (et vice versa) et de se rendre compte de sa façon de travailler : au prix d'un tout petit peu de notre temps et à la place d'un samedi dans des galeries marchandes sous air conditionné, on passe un samedi aux champs ?

Raison n°3 : pour faire la nique à Servier, Sanofi et tous les vampires de la santé.
Je vous l'accorde, celle-là, elle est plus capillo-tractée, nonobstant, partant du principe qu'une alimentation riche en légumes frais et pauvre en pesticides est meilleure pour la santé, à terme, vous devriez bouffer moins de médocs.
Mais surtout, l'hygiène de vie d'un agriculteur en bio n'est pas tout à fait la même que son homologue en « conventionnel »...

Raison n°4 : pour faire la nique à tous ces gros agriculteurs qui dévastent les bocages et les haies, qui font de l'élevage comme des tortionnaires, qui se moquent du vivant, se jouent de la planète et nous feront tous crever via les pesticides, les farines animales, les OGM, les nanoparticules et autres joyeusetés technologiques.
Soutenir une agriculture à taille humaine, respectueuse (de la terre travaillée, de ses salariés...), c'est pareil, ça fait du bien par où ça passe.

4 excellentes raisons donc et on pourrait vous en trouver 100 !


Mais vous objecterez sans doute qu'une AMAP, c'est sympa 5 minutes mais c’est quand même super chiant. Ça prend du temps, faut s'engager, faut cuisiner, on peut pas venir chercher ses paniers quand on veut, faut commander et payer à l'avance, pis faut sans doute être bénévole dans l'association, entretenir des rapports humains... en plus les légumes on sait même pas toujours ce que c'est.
Oui et re-oui, et c'est même pour ça que c'est si bien !
Reconnaissons toutefois que le système AMAP qui implique régularité et constance n'est pas compatible avec tous les modes de vie. En gros, c'est quand même plus pratique quand on sait où on sera et ce qu'on fera d'un trimestre sur l'autre.
Si décidément l'AMAP c'est pas pour vous, d'autres moyens de consommer sont possibles. La vente directe à la ferme ou sur les marchés, les coopératives d'achat... En tout cas, avant la radicalité totale de l'AMAP (tous des révolutionnaires ceux-là !) on peut toujours commencer par s'interroger sur le sens du « pouvoir d'achat » dont on nous rabat les oreilles et penser ses choix de consommation.
Avant le grand soir, ça, c'est déjà le début de l'après-midi !
Et si on veut bouffer des tomates toute l'année ?
Là, le grand capital a gagné et qu'on s'étouffe avec !


Muriel, Laurent, Ju, Louise

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