25 sept. 2017

Quand le Département du Calvados fait tout pour refuser les jeunes étrangers mineurs

Le Département du Calvados multiplie les attaques contre les mineurs isolés étrangers (que l’on qualifie désormais de « mineurs non-accompagnés ») : refus de prise en charge, traitements différenciés, appel à des familles d’accueil bénévoles sans formation... Quand la protection de l’enfance et les politiques migratoires se confrontent, le tout arrosé d’austérité budgétaire, ce sont les droits fondamentaux qui sont malmenés voire niés.


Le temps d'une audience

Devant le Tribunal administratif ce lundi 18 septembre, ils sont quatre à formuler un référé contre le Conseil Départemental du Calvados (CD14). Quatre ados de quinze - seize ans, des Soudanais arrivés depuis peu, seuls, fuyant la guerre au gré d’un parcours migratoire inimaginable, inqualifiable. Pourtant, ils ont trouvé portes closes auprès de la Maison Départementale de l’Enfance et de la Famille (MDEF) et du CD14. Ce dernier est sensé être en charge de la protection de l’enfance. Il en est le « chef de file » comme on dit dans le jargon, sous la responsabilité de son Président, Jean-Léonce Dupont. Ainsi, pour n’importe quel enfant présumé mineur, il doit tout mettre en œuvre pour, immédiatement, l’abriter et le protéger. Mais ces quatre jeunes là n’ont pas pu accéder à leurs droits car on les a renvoyés illico du guichet d’accueil à la rue pour cause de manque de place. Aucune ouverture de dossier, aucune solution d’attente, aucun rendez-vous. Aucune considération. Ainsi, pendant plusieurs jours et surtout la nuit, ils ont dormi dans un squat totalement vétuste de la presqu’île de Caen. Un squat qui abrite plusieurs dizaines de leurs compatriotes, mineurs mélangés aux majeurs, livrés à eux-même. Un squat qui, six jours plus tard, fut ravagé par les flammes. Un squat qui aurait pu être le lieu de leur mort dans l’indifférence quasi-totale.

22 sept. 2017

Cinq raisons qui vous obligent à manifester contre l’EPR samedi 30 septembre à Saint Lô !

Cher, dangereux, inutile : le réacteur EPR doit être abandonné, tout comme l’ensemble de la filière nucléaire française ! C’est dans ce sens que se tiendra une mobilisation le samedi 30 septembre à Saint-Lô à l’appel Collectif Anti-Nucléaire de l’Ouest (le CAN), soutenu par Stop-EPR, le CRILAN, Sortir du Nucléaire, Attac, le NPA,...


La décision de prolonger le décret d’autorisation du chantier de l’EPR à Flamanville, malgré les défauts rédhibitoires de la cuve et du couvercle, est éminemment politique. En prenant cette décision, le gouvernement prend le risque d’une catastrophe en France du niveau de Fukushima dès la mise en service de l’EPR. C’est pourquoi le Collectif Anti-Nucléaire Ouest a pris l’initiative d’organiser cette manifestation en direction de la Préfecture de la Manche. Pour plus d’informations, allez faire un tour sur le site du CAN-Ouest !
Comme il y a toujours des sceptiques, du genre à ne pas savoir qu’entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence, à la rédac de Racailles on s’est demandé quelles pouvaient être cinq des (nombreuses) bonnes raisons de participer à cette manif.

19 sept. 2017

TRIBUNE : "Récit d'une rencontre à Ouistreham"

Nous reproduisons ci-dessous une tribune rédigée par des membres de l'Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions au sujet de la situation sur Ouistreham. Cette tribune est publiée au même moment où nous apprenons la création du Collectif d'Aide aux Migrants de Ouistreham (CAMO) sur lequel nous vous donnerons prochainement plus d'infos.
 

C’est une soirée d’août, de celle qui tranche radicalement des précédentes : le ciel est gris, le vent souffle en bourrasques, les températures ont baissé et l’air est humide. Nous sommes quelques un-e-s de l’Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions à nous rendre à Ouistreham. La raison ? Prendre conscience des conditions de vie déplorables de ceux que les journaux et autres politiques appellent les « migrants », prendre contact avec eux et leur apporter notre soutien.
Lorsque nous arrivons à Ouistreham par la voie rapide, à peine passé-e-s le rond point qui mène à l’entrée de ville, nous croisons les regards de jeunes gens qui marchent le long de la route. On roule jusqu’au parking du marché aux poissons, c’est le dernier avant d’accéder à l’embarcadère du Ferry. Des voitures, pleines à craquer, y sont garées. Ce sont celles des Anglais sur le retour. Les autres, ce sont celles de la gendarmerie, avec des hommes et des femmes en uniforme qui patrouillent. Ambiance sordide, devenue habituelle, les habitant-e-s de Ouistreham en semblent absent-e-s. On éprouve un certain malaise, pris-e-s dans cette scène, où certain-e-s s’affairent tranquillement en prévision de leur voyage, protégé-e-s par la bleusaille, et le souvenir de l’expression de ces visages croisés quelques minutes plus tôt. Ce n’est pas ici que nous rencontrerons ceux et celles à qui l’on refuse le droit de franchir une frontière : en l’occurrence, la Manche qui sépare la France de l’Angleterre.

18 sept. 2017

Cet été : coquillages, crustacés et... féminicides

Vous pensiez que moi, Olouges de Gympe, j’étais tranquillement en vacances sur une plage d'Ibiza, en train de siroter un mojito et lisant le dernier Cosmo' ?? Et bien non ! Pas de repos pour le féminisme, surtout vu la tronche de certains articles de journaux pendant l’été !!


Bravo à La Manche Libre et à Ouest France qui m’ont permis de sortir de ma torpeur estivale autour d'un drame « familial » et « conjugal » à Carentan (liens ICI et ).

1 sept. 2017

Les salariés de Monoprix Caen en grève pour leurs conditions de travail

Les affiches promotionnelles ont fait place aux banderoles revendicatives vendredi 1er septembre au magasin Monoprix du centre-ville de Caen. Et pour cause : la direction du groupe vient d’annoncer des coupes sans précédent au niveau national dans les frais de personnels. Pour vous traduire la chose, elle souhaite faire plus de bénéfices en payant moins de personnels pour faire un boulot (au moins) identique.


Les cent salariés que compte le Monop’ caennais ont tout de suite compris que la magouille allait rapido flinguer leurs conditions de travail. Fini les remplacements lors de congés ou en cas d’arrêt de travail. Fini la possibilité de faire son travail avec le soucis de l’accueil des clients. La crainte d’une explosion de leur charge de travail semble tout à fait légitime. Eux seuls devront désormais faire tourner la boutique sans possibilité de renforts par des CDD ou de l’intérim comme la grande distribution en a trop bien l’habitude.
Et la mesure est immédiate. Du jour au lendemain, ces emplois précaires ont été gentiment remerciés, tout comme ceux qui, ravis d’avoir signé un CDI, étaient encore en période d’essai.