1 oct. 2017

L'école Nomade : un exemple de solidarité avec les enfants des squats

Pendant les vacances scolaires d'été, de nombreux et nombreuses bénévoles se sont mobilisé-e-s pour animer des activités en langue française afin de pouvoir aider les enfants de migrant-e-s à mieux s'intégrer en France. Un nouvel exemple de solidarité inter-culturelle réussie, sans État et sans argent !


Aujourd'hui, 70 bénévoles participent à la construction du mouvement baptisé École Nomade à Caen. Et pourtant, au début du mois de juillet, l’équipe ne comptait que quatre personnes !
Quatre enseignant-e-s indigné-e-s en apprenant les conditions de vie de certain-e-s de leurs élèves… Venu-e-s d'Europe de l'Est ou d'Afrique, ces petits bouts étaient souvent très fatigué-e-s en arrivant en classe le matin. La cause : beaucoup dormaient à la rue ou passaient d'un hébergement d'urgence à l'autre.

De l'indignation est née l'envie d'agir, de refuser que des mineur-e-s vivent dans des conditions précaires et dégradantes, de passer de l'obligation d'accueil scolaire à l'impératif moral de leur proposer des solutions de logement et d'éducation décentes. Et quand l’État ne fait pas son devoir, ce sont les regroupements de citoyennes et de citoyens, pas forcément profs, membres ou non d’associations, qui font tout pour pallier ces manques.

Tout d'abord, l'Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions cherche des logements vides pour ces familles, qui ont désormais un toit au-dessus de leur tête (même si le squat reste la plus précaire des formes d'hébergement). Elle fut créée en 2013 (voir notre article ICI) et depuis, ces Robins des Bois de l'habitat font preuve d’ingéniosité dans le but de mieux accueillir celles et ceux qui fuient la misère ou la guerre. Aujourd'hui, plusieurs squats sont ouverts en permanence à Caen et dans son agglomération, permettant à ce jour de loger 350 personnes, dont au moins une cinquantaine enfants.
Le travail des bénévoles ne se limite pas à ouvrir des logements : entretien (nettoyage, électricité, plomberie…) ; récupération d'invendus, d'encombrants (pour la nourriture, le mobilier) ; collecte de dons ; organisation de soirée-concert de soutien afin de récupérer de l'argent ; gestion des conflits dans les squats ; AG hebdomadaire réunissant bénévoles et habitant-e-s pour organiser tout cela ; manifestations de dénonciation de la passivité de l’État, actions de soutien ; déménagement rapide des habitant-e-s lors des expulsions ultra-matinales… La somme de travail abattue est énorme pour ces militant-e-s de tous âges. Malgré les centaines de personnes inscrites sur les listes de contact, seule une trentaine assume la majeure partie des tâches à effectuer.

Face aux difficultés d'apprentissage des enfants nouvellement arrivés, les quatre professeurs des écoles n'ont pas souhaité en rester là. Bien entendu, le premier obstacle est la barrière de la langue. D'où l'idée d'organiser diverses animations en langue française pendant les vacances d'été, afin de garder les enfants dans un « bain de langue ».
Au départ, il était prévu de limiter les interventions à dix matinées pendant l'été sur les deux squats qui accueillent le plus d'enfants (Venoix et rue de Falaise). Cependant, les initiatrices et initiateurs ont eu la joie que leur projet faisait vibrer la corde sensible de plusieurs dizaines de personnes, qui voyaient là un moyen de se rendre utiles face aux drames des migrations qu'elles observaient, impuissantes, dans les médias.
C'est donc pendant tout l'été que les enfants des squats ont pu bénéficier de lectures, cours, animations musicales, projets photo/vidéo et même une sortie pour apprendre à faire du pain chez des boulangers proches de Lisieux et solidaires de cette cause. En plus, un atelier construction en palettes s'est tenu pendant quatre après-midi pour construire des meubles (tables, bureaux, bancs, étagères…) nécessaires au confort des enfants ou au rangement du matériel issu de dons.

La rentrée est arrivée. Les enfants sont tous scolarisés dans les écoles du coin, mais peu bénéficient de structures adaptées pour des non-francophones. Afin de continuer à pouvoir les aider à s'intégrer, de nouvelles animations sont proposées depuis la rentrée :
  • Deux soirées de "soutien scolaire" au squat des Cyclades (17 rue Maréchal Gallieni à Caen) les mardis et jeudis de 17h45 à 19h. La part d'activités sur le scolaire est réduite, car les devoirs sont rapidement faits. Il s'agit plutôt d'activités et de discussions avec les enfants, dans une ambiance toujours conviviale
  • Tous les vendredi à partir de 18h, se tient aux Cyclades un projet Ciné - Nomade, atelier d'éducation à l'image.
D'autres activités sont également envisagées : sortie à la mer, lectures d'albums, bricolage…. Ces projets ont été initiés par des bénévoles qui auraient bien besoin de coups de main ponctuels ou réguliers. Et vous pouvez aussi proposer vos idées !

C. G. Rhum




Plus d'infos :

Si vous souhaitez donner un peu de votre temps ou de vos idées à l'École Nomade, envoyez un mail à ecole.nomade14@gmail.com

Et pour participer à l'AG de lutte contre toutes les expulsions ou être tenu-e-s au courant des besoins dans les squats, vous pouvez vous inscrire sur la liste de diffusion : ag-contre-expulsions@lists.riseup.net et suivre les informations sur le site : https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/

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