25 mars 2018

Lactalis vient de tuer not’ camembert au lait cru !

Nom di diou d’nom di diou, les Ripâopaées* ! Mon cœur de paysan et mon estomac de gour(nor)mand sont accabassaés ! Un accord du 21 février dernier vient de sonner le glas de ce bon vieux « camembert au lait cru moulé à la louche » ! Quoi ? Ils osent toucher au camembert ?!


Depuis 2008, le camembert était au centre d'une véritable guerre concernant son appellation. En effet, ça fait dix ans que coexistent deux types de fromages. D'un côté, un camembert AOP (Appellation d’Origine Protégée), c'est à dire un fromage au lait cru, moulé à la louche, produit en Normandie avec au moins 50% de vaches Normandes qui pâturent au moins six mois dans l'année. Celui-ci, ça représente 5 500 tonnes produites et vendues par an. De l'autre, on a un fromage dit « Camembert fabriqué en Normandie » qui n'a aucune contrainte : pasteurisé, produit avec du lait pouvant provenir des régions voisines, avec des vaches pas forcément Normandes, qui ne pâturent pas, donc nourries principalement avec de l'ensilage de maïs. La seule contrainte à respecter, c’est de le fabriquer en Normandie... Le produit rêvé de l’industrie : 60 000 tonnes de ce soit-disant fromage sont produites par an, onze fois plus que l’AOP.

22 mars 2018

Quand la rentabilité écrase la dignité (et la santé)

Le soin, ça concerne le monde. Vous, un parent, un.e ami.e, un.e voisin.e, un.e collègue, on est forcément susceptible de passer un jour ou l'autre à l'hosto ou d'avoir besoin de soins à domicile, d'intégrer un établissement médial ou social. Et c'est partout que la qualité de service n'est plus la priorité des financiers et comptables aux manettes. J'en ai fait l'expérience, avec amertume et colère.


Aujourd’hui, pour l’instant, ça va…
Aujourd’hui, elle se lève. Comme tous les jours. A 6h30.
Elle a ses petits rituels pour le lever. Elle me les répète souvent. Mais, comme souvent, aussi, j’ai tendance à l’écouter d’une oreille lointaine.
Quand j’étais petit, j’adorais aller dans sa chambre lorsqu’elle avait quitté Oissel, une petite ville près de Rouen, pour venir habiter près de chez moi, dans l'Orne. Avant, j’avais pas trop le droit d'y pénétrer dans sa chambre. Mais c’est parce que, là, j’étais tout petit. J’aimais bien regarder comme son lit était toujours impeccablement fait, la table de chevet toujours bien rangée avec la photo de son mariage au plus près d’elle pour dormir.
Aujourd’hui elle est seule et, des fois, on voit que c’est pesant pour elle. Elle rythme ses journées des mêmes gestes quotidiens, avec la télé en sourdine. Bien sûr, elle aimerait pouvoir ne pas avoir mal un peu partout mais, au fond… au fond d’elle, elle le sait, elle est chanceuse car elle a encore toute sa tête. Elle peut encore faire sa toilette toute seule.

2 mars 2018

Végans et antispécistes : les causes animales en question(s)

La consommation de viande dans le monde explose. Cette évolution des habitudes alimentaires, notamment en Asie, ne va pas dans le sens des rapports alarmants sur les conséquences environnementales de l'élevage intensif. En France, la tendance est plutôt à la baisse depuis la fin des années 1990 (sauf la consommation de volaille). Au-delà des aspects économiques et écologiques, des voix s'élèvent aujourd'hui sur la place publique pour remettre en question le rapport de l'Homme à l'animal. Plongée dans l’univers de l’animalisme et du véganisme avec leurs expressions normandes. 


Les végans s'insurgent contre l'exploitation des animaux par les humains, autant dans l'optique de la consommation que dans un usage « récréatif » (cirques, tourisme, etc). Les vidéos choc des abattoirs, occasionnellement diffusées par l’association L214, alimentent ce nouveau débat enflammé. Chacun à son mot à dire dans cette réflexion sociétale qui s'apparente souvent au premier abord à un pugilat avec des militants radicaux. Pourtant, le véganisme introduit des questions fondamentales, autant sur notre consommation que sur notre rapport au monde. A Caen, la lutte contre l'exploitation des animaux se retrouve sous différentes formes, notamment dans les actions du collectif PANTER ou la sensibilisation de L214 et ses fameux coupe-vents oranges.

Ni viande, ni poisson, ni œufs, ni miel ou aucun cuir animal, la consommation des végans remet en question toutes nos habitudes alimentaires et vestimentaires. Souvent accusés de prôner une vision radicale, loin des traditions, et d'utiliser abusivement la culpabilisation, les végans attirent les critiques. « Nous ne sommes pas les membres d'une secte radicale qui se retrouvent pour faire des prières devant un brocoli géant » plaisante Léo Le Ster, responsable de la nouvelle antenne L214 à Caen. 
L214, c'est cette association qui agit pour la défense des droits des animaux et qui regrouperait environ 30 000 adhérents répartis dans toute la France. Baptisée ainsi en référence à l'article éponyme du code rural de 1976 qui désignait pour la première fois les animaux comme des êtres sensibles, on les connaît essentiellement au travers de leurs vidéos chocs tournées dans des abattoirs, ou plus récemment dans des élevages de lapins (pour leur fourrure).