17 avr. 2018

Ils ont les milliards, nous sommes des millions : CONVERGEONS !

Transports, éducation, santé, social, collectivités territoriales, grande distribution, énergie, nettoyage, finances publiques, chômeurs.euses, retraité-e-s, migrant.e.s... Sans parler de toutes ces luttes locales que les grands médias ne relaient évidemment pas. Ça bouge en France en ce moment ! Mais ça ne converge pas encore. Que manque-t-il à ces batailles pour se rejoindre ? Quel est le point commun entre toutes ces luttes ? La thune !


Et si, finalement, c'était aussi simple que ça ?! 
Le nerf de la guerre ne se nomme pas ainsi pour rien. Bien sûr, certaines choses n'ont pas de prix. L'argent n'assure pas le bonheur, mais son absence totale provoque inévitablement le malheur. 
Car tout a un prix. 
Tout ? 
Non, car d'irréductibles droits résistent encore et toujours à l'envahisseur... du moins pour l'instant ! On les appelle de leur nom gaulois : "Services Publix" !
Pourtant même dans ces milieux protégés, la pression se fait de plus en plus forte. Les conditions de travail et la qualité du service se dégradent à mesure que les coupes budgétaires augmentent :

  • dans la santé, le flouze diminue donc la charge de travail et les cadences augmentent, ce ne sont pas les personnels des EHPAD ou de la psychiatrie  [que nous avons reçu dans notre émission radio cette année - écouter ICI et ] qui nous contrediront ;
  • dans l'éducation, on annonce de jolis dispositifs pour le CP et le CE1, on rend l'école obligatoire dès 3ans. Mais 97% des enfants vont déjà à l'école à cet âge, la seule différence que cela va entraîner, c'est que les communes vont désormais devoir financer les écoles maternelles privées. Et d'après vous, les communes auront-elles plus de budget pour financer à la fois les équipements publics et privés ? Évidemment non ! Donc, à budget constant, ça sera moins d'argent pour l'école publique ;
  • dans les collectivités, certains personnels entament une grève reconductible. C'est le cas par exemple dans les piscines de la Communauté urbaine Caen la Mer car, faute d'argent encore, on supprime des postes et des services. Dans le quartier populaire de la Grâce de Dieu par exemple, la piscine ne sera plus ouverte que pendant les horaires scolaires. Si vous voulez y faire trempette ce ne sera ni le soir, le ni le week-end, ni durant les vacances. 

Concernant le conflit actuel touchant le rail et les cheminot.e.s...
Une même logique unit les collectivités et la SNCF. Le gouvernement se défend de vouloir fermer des lignes. Seulement, il transfère la charge de la maintenance du réseau... aux collectivités ! Le tout sans plus d'oseille ce qui les contraindra de fermer des lignes elles-mêmes. Et l'Etat dira :
On avait bien dit qu'on ne le ferait pas. C'est les collectivités qui vont les fermer ces lignes, c'est pas nous ! 
Les gouvernants constatent que la qualité du service ferroviaire a baissé :
Il faut réformer, ouvrir à la concurrence qui va faire baisser les prix et tirer la qualité vers le haut !
Bah tiens ! Et pourquoi la qualité du service a-t-elle baissé ?
Pourquoi des trains sont en retard ? Déraillent ? 
Ce n'est certainement pas parce que les cheminots et cheminotes font moins bien leur job ! Certainement pas parce qu'ils et elles sont moins compétent.e.s. Mais bien parce que l'investissement - la thune encore - s'est raréfié, n'est pas allé au bon endroit. De gros investissements dans quelques lignes TGV au détriment de toutes les autres. On a préféré la vitrine à l'accès pour tous. On a préféré développer des trains chers et de longues distances plutôt que des maintenir des lignes plus courtes qui permettent d'avoir une alternative à la voiture pour se rendre au travail par exemple.

Pour transformer les services publics en de nouveaux marchés, la stratégie est toujours la même : on baisse les investissements, le service se dégrade, on accuse le statut public puis... POUF, on privatise ! 
Tous les services subissent la même logique aujourd'hui. Cette baisse de qualité n'est pas due au statut des cheminot.e.s ! Tout comme dans le privé, le CDI n'est pas responsable du chômage. Mais on nous a laissé croire que faciliter les licenciements permettrait de créer de l'emploi. Rappelez-vous, employé.e.s du privé : c'était la loi travail en 2016 et en 2017 pour sa version XXL.
Ah le statut des cheminot.e.s ! Comme c'est pratique pour masquer le reste !
Regardez usagers, ces salauds ont des avantages que vous n'avez pas ! Tout le monde fait des efforts alors qu'eux se gavent de privilèges.
Foutaises ! Ils et elles gagnent en moyenne à peine plus que le salaire médian, c'est à dire 1 600 € net. Alors quoi ? Quand on est sous le salaire médian, on doit descendre celles et ceux qui sont au-dessus pour rééquilibrer ? Pourquoi pas, si on veut aller vers une logique d'égalité... Mais à ce moment-là, commençons par ceux qui sont laaaaargement au-dessus, pas par ceux qui nous dépassent à peine ! Bernard Arnaud est sans doute celui qui est le plus haut, lui pour qui il faut deux secondes pour gagner le salaire médian. Le mec gagne en deux secondes ce que le plupart des gens gagnent en un mois. De l'argent, il y en a, dans les caisses du patronat ! 

On parlait de l'argent comme ce qui réunissait nos luttes, mais ce n'est pas l'argent en soi qui est la solution : c'est la trop grande puissance de l'argent le problème. Ne réclamons pas plus d'argent, réclamons plus de gratuité ! Ne revendiquons pas moins de cotisations. Vous savez, celles que gouvernants et patrons appellent "les charges". Revendiquons-en davantage car ce sont ces cotisations qui nous permettent d'avoir encore des services publics gratuits. Et nous voulons qu'elles soient payées par les plus riches, pas par les petits commerçants ou artisans. On peut même imaginer, comme Bernard Friot, que ce soit la totalité des profits qui aillent à des caisses diverses (d'investissement, de salaires, etc) afin de sortir pour de bon de la logique capitaliste !
La nécessité devrait être gratuite. C'est le luxe, le superflu, le polluant qui devraient coûter plus cher. Comment comprendre, à l'heure de l'urgence climatique, qu'aller en Espagne coûte trois fois moins cher en avion qu'en train ? Et cet état de fait n'est pas dû à un individu qui manigancerait tout dans son fauteuil en cuir en caressant son chat : c'est le fait d'un système basé sur un principe simple, rabâché à longueur de JT : 
Il faut de la croissance et du profit ou alors ça sera l'apocalypse !
C'est à ce système que nous devons nous opposer car sa logique nous rend tous et toutes esclaves du Maître Argent. Prenons conscience de nos chaînes, organisons-nous et ne nous trompons pas de révolution les ami.e.s : ce ne sont pas des têtes qu'il faudra couper cette fois, mais bien les bourses !

Alors tous ensemble dans la rue pour dire STOP à l'argent roi, à son monde pourri et à ce gouvernement corrompu ! Soyons dans les assemblée générales pour réfléchir, proposer et décider de nouvelles actions à mener.
Tous ensemble avec les cheminot.e.s pour leur montrer notre soutien et pour convaincre la population que ce ne sont pas eux les nantis, qu'ils et elles se battent pour nous.
Tous ensemble dans la rue le 19 avril et tous les jours suivants. 
Ils ont les milliards mais nous sommes des millions, toutes et tous dans le même bateau !
Chaque nouvelle personne en grève est une victoire !
Chaque individu mis en mouvement nous rapproche de la solution. On a tous et toutes un rôle à jouer, on peut donner un peu plus de notre temps. Notre pire ennemi n'est pas l'échec, mais l'inaction !

Alors tentons quelque chose, ne cédons pas au fatalisme, mettons-nous en grève dès que possible, convainquons nos voisins, notre famille, nos collègues que nos intérêts sont les mêmes. Sacrifions un peu de notre confort maintenant pour saboter la logique de l'argent car c'est elle qui nous tue à petit feu.
Alors disons, crions, chantons, toutes et tous ensemble : Argent, trop cher, trop grand, la vie n'a pas de prix !

Flo Brizap

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