5 avr. 2019

Joël Bruneau, ce casseur d'espoir et des libertés

"Ces gens là n'ont de toute façon pas participé pour la plupart au grand débat, ne seront jamais satisfaits de rien. Et bien ces gens-là, ces casseurs professionnels, il faut les empêcher de nuire et c'est pour ça que je demande à monsieur le préfet de prendre toutes les dispositions permettant de stopper cette espèce de rendez-vous du samedi, une sorte de rendez-vous malsain, qui de toute façon, ne fait progresser en rien les causes qui étaient initialement portées par les gilets jaunes" - Joël Bruneau, Maire de Caen

Les propos de Joël Bruneau suintent le mépris de classe à outrance.
Non M. Bruneau, "ces gens là" comme vous les appelez seront satisfaits quand leurs revendications seront satisfaites. Ils ne demandent pas la lune. Juste la justice sociale. Ça passe, à leurs yeux, par la réduction de la TVA sur les produits de nécessité, l'augmentation du SMIC, le rétablissement de l'ISF. Pourquoi cette revendication de davantage d'égalité ? Simplement pour être libres. Libres de se déplacer, libres de s'accorder quelques plaisirs, libres de vivre, simplement vivre.


Grâce à ces manifestations hebdomadaires, "ces gens là" ont permis à un grand nombre de nos concitoyen.nes de bénéficier d'une augmentation de la prime d'activité et, pour les plus chanceu.ses dans cette distribution des miettes, de toucher une prime en janvier.
Ils aimeraient être respectés, écoutés et entendus. Et parfois certain.es s'impatientent. C'est alors qu'arrive la violence. Une violence dommageable mais relative. Qu'est-ce qu'une vitrine brisée au regard d'une vie qui n'a comme perspective que la relégation sociale ? D'autant plus quand c'est la vitrine d'un symbole de ces instruments de relégation, comme une banque. Interdire la manifestation, ça veut dire la possibilité pour la police de faire usage de la violence dès le début de la manifestation, quand bien même elle se déroulerait pacifiquement. C'est tragique et ça pourrait provoquer des drames et de nouveaux blessés graves. Est-il a rappeler que la grande majorité des gilets jaunes ne font que manifester, sans lesdites "violences" envers les forces de l'ordre ou des dégradations ciblées. Faire cet interdit c'est contraindre l'ensemble des manifestants à subir la violence et la répression (le Préfet annonce que toute transgression entraînera une contravention de 135 € à 750 euros). Si on souhaiterait que les choses dégénèrent, on ne s'y prendrait pas autrement.

Mais ça M. Bruneau vous ne voulez pas le comprendre. Fervent soutien de François Fillon jusqu'à sa chute et de la droite tradi et aristocratique, pouvez-vous le même ?! Vous êtes tranquillement chez vous, au chaud, non loin de la place St Sauveur. Et depuis vos fenêtres, vous ne souhaitez voir que des gens de biens qui s'en vont faire les magasins et flâner sur les terrasses des restaurants ou des cafés branchés.
C'est ce même mépris social qui vous fait fermer les yeux face à la détresse de ses familles mises à la rue depuis lundi - au moins - parce qu'on décide de la fermeture d'un centre d'hébergement d'urgence sans avoir de solution à proposer à ces femmes, ces hommes et ces enfants. Ces humains dont le seul tort à vos yeux est d'être en situation irrégulière. Logez-les M. Bruneau. Réquisitionnez un des nombreux bâtiments publics inoccupés !
Levez la tête M. le Maire, vous y verrez trois mots : Liberté, Égalité, Fraternité. Ils ont un sens. Ils ont un sens pour les manifestant.es du samedi, pour les personnes à la rue et pour nous toutes et tous qui les regardons comme nos semblables.

Barry Quadet

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