17 oct. 2019

Pourquoi Hervé Morin déteste-t-il autant le train ?

La publication des futurs horaires 2020 du réseau ferroviaire normand le 23 juillet dernier fut une douche froide pour les usagers et une confirmation pour les associations et certains syndicats de cheminots : le train va devenir un mode de transport toujours plus difficile à utiliser en Normandie. Trains supprimés, arrêts et gares rayés de la carte, horaires transformés et incompatibles avec les modes de vie des voyageurs (notamment les travailleurs navetteurs et les scolaires), fermeture de guichets, tout est fait pour dissuader de choisir le rail. A une époque où les modes de transports les moins polluants seraient à privilégier, les choix de la Région et de son Président Hervé Morin semblent aller une fois de plus à contre-courant. Essayons de comprendre ce mécanisme de casse généralisée.

La politique du pire

Baptisée « No_ma_d » - riche et sûrement chère trouvaille d’une boîte de communication - le nouveau réseau de transports en Normandie sera effectif dès la fin d’année sur l’ensemble de la région. Selon Hervé Morin, il s’agirait d’« une offre de transport globale au plus près des préoccupations des Normands mais aussi des visiteurs ». 
Cette révolution affichée - d'affichage - tient en fait d’une évolution des compétences régionales en matière de transports. Depuis 2002, les régions étaient responsables des réseaux TER (trains express régionaux) opérés pour elles par la SNCF. Dès 2020, la Normandie prendra également en charge les lignes Intercités (trains d’équilibre du territoire - TET) suite à un accord inédit signé avec le Gouvernement Valls en 2016. La Région avait alors annoncé avoir négocié avec l’Etat la prise en charge des cinq lignes Intercités (Paris-Caen-Cherbourg/Trouville-Deauville, Paris-Rouen-Le Havre, Paris-Granville, Paris-Evreux-Serquigny et Caen-Le Mans-Tours) en échange d'un soutien financier pour l’achat de matériels neufs et de travaux sur les lignes. 
La route est concernée elle aussi par les changements car la Région gère depuis 2017 – dans le cadre de la loi NOTRe - les transports interurbains en cars (Bus Verts pour le Calvados) et les transports scolaires jusqu’alors missions des Départements.