10 avr. 2020

Covid-19 - Témoignage d'une soignante du CHU de Caen

« Aujourd’hui, comme depuis de nombreuses semaines, je vais bosser de nuit pour 1,07 euros. C’est ce que le jargon appelle le "traitement intensif nuit".
Je vais aller risquer ma vie pour préserver celle de mes patients. Mais pas celle de ma famille ou des autres soignants… voire même d’autres patients. Car je voyage de service en service, d’un service COVID à un service propre

Je ne portais pas de masque au début, car pas nécessaire et sous clés ! 
Et maintenant… 
Maintenant on fait comme on peut.
 
Je vais piétiner 10 km toute une nuit du vendredi soir au dimanche soir pour une prime globale de 80 balles.
Seule, dans mon service de chirurgie polytraumatisés, avec une aide-soignante pour 32 patients. Ou dans le service COVID, peu importe. Nous sommes en guerre paraît-il !

Aujourd’hui, avec cette crise sanitaire sans commune mesure, j’enchaîne les semaines de 50h. C’est illégal mais je suis fonctionnaire et j’ai une éthique. Et personne d’autres ne peut faire ce que l’on fait...
Le tout alors qu’il y a 6 mois, on se faisait gazer et tabasser pour réclamer plus de moyens pour l’hôpital et une meilleure considération de notre boulot ! Aujourd’hui on nous applaudit, on nous file des trucs à manger… C’est sympa mais demain, après la crise, vous serez présents ?
 
Je risque ma vie. Je risque celle de mes collègues, je risque celle de ma famille. Personne ne se rend compte de ce que l’on vit et de ce que l’on fait vivre à nos familles. Je suis écœurée »

Témoignage d'une soignante du CHU de Caen
 

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